Intervention de G Caudron lors de la journée des déportés le dimanche 27 avril

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Mesdames et Messieurs les Représentants des associations d’Anciens Combattants,

Mesdames et Messieurs les représentants des Corps Constitués de l’État et des collectivités territoriales,

Mesdames et Messieurs les Responsables d’Associations Villeneuvoises,

Mesdames et Messieurs les élus régionaux, départementaux et communaux,

Mesdames et Messieurs les adjoints et conseillers municipaux de Villeneuve d’Ascq,

 

Mesdames, Messieurs, mes chers concitoyens,

 

C’est le 14 avril 1954, il y a tout juste 60 ans que, par une loi votée à l’unanimité était décidé de faire du dernier dimanche d’avril la Journée d’Hommage aux Déportés.

Depuis, chaque année, dans beaucoup de communes de France, des citoyennes et des citoyens se retrouvent avec leurs élus pour se souvenir…

avec, bien sûr, chaque année, de par la loi inexorable du temps, de moins en moins de témoins directs mais toujours avec une même émotion…

Chaque année, depuis que je suis élu, je vis ce moment avec intensité comme j’ai vécu, il y a deux semaines, le Souvenir du Massacre de la nuit des Rameaux à Ascq, à l’occasion de son 70 ème anniversaire,

et comme je vivrai avec vous, dans 2 semaines, le souvenir du 69 ème anniversaire du 8 mai 1945 qui vit la capitulation nazie.

Notre calendrier Républicain, Citoyen et Patriotique est ainsi rythmé chaque année que la vie fait

avec, pour chaque génération nouvelle, des devoirs chaque année réaffirmés,

le devoir de l’Hommage,

le devoir du Témoignage,

le devoir du Souvenir,

le devoir de Mémoire

et, plus le temps passe, le devoir de la transmission pour que l’oubli ne nous condamne pas à revivre les mêmes horreurs faute d’en avoir oublié les causes.

Certains d’entre nous s’en souviennent peut être, il est des années où je me suis interrogé sur le sens de nos commémorations en me demandant s’il ne fallait pas, un jour,  »laisser les morts en paix ».

Mais chaque année aussi, comme beaucoup d’entre vous sans doute, ces millions d’hommes, de femmes et d’enfants, raflés, arrêtés, emprisonnés, torturés, affamés, humiliés, gazés, massacrés… me hantent et m’appellent… du fond d’un univers où sans doute ils nous attendent.

Et, chaque année, de repenser à cette barbarie et à cette honte pour l’Humanité,

quand au nom d’une idéologie, d’une soit-disant race ou élite, de l’exclusion,de l’intolérance, de la haine et de la violence, de la recherche de boucs-émissaires,

l’être humain s’est conduit comme le démon qui hante les religions, un démon, des hommes, des démons, tellement démoniaques

qu’on ne peut les identifier à aucun monstre animal…

Alors une fois encore, 69 ans après l’ouverture des camps de concentration et des camps de la mort, de la découverte de ces monceaux de cadavres et de ces êtres décharnés,

je le redis :

Non, il ne faut pas oublier !

Non, il ne faut pas nous taire !

Non, il ne faut ni oublier ni nous taire pour ces millions d’hommes, de femmes et d’enfants, conduits en rangs serrés aux portes de l’enfer,

mais non, bien sûr aussi, il ne faut ni oublier, ni nous taire parce que depuis, partout dans le monde, et encore aujourd’hui, d’autres millions d’hommes, de femmes et d’enfants ont subi et subissent la torture et la mort au nom d’idéologies de tous bords et de toutes couleurs, qui ont toutes en commun la haine, l’intégrisme, la violence et la barbarie.

Non, mes chers concitoyens, il ne faut ni oublier ni nous taire, quand on entend ceux qui nient encore l’existence des camps et des exterminations.

Il ne faut ni oublier, ni nous taire, quand on entend les mêmes défendre peu ou prou les mêmes idées infâmes.

Il ne faut ni oublier ni nous taire quand les descendants des premiers cités se gardent bien de les renier.

Oui, Mesdames, Messieurs, mes chers concitoyens, 69 ans après, nous devons le souvenir aux déportés, mais nous leur devons surtout de tout faire pour que de tels drames ne recommencent jamais en Europe et en France et qu’ils cessent  partout où ils se déroulent  sur notre planète.

Pour cela, il faut une Europe Citoyenne, Démocratique et Pacifique,

et c’est pourquoi, depuis toujours, je suis Européen malgré les défauts, les faiblesses, les erreurs et les fautes de l’Europe d’aujourd’hui.

Mais pour cela, il faut surtout une prise de conscience individuelle et collective de la gravité et du danger de certaines idées qui prouvent que la « bête immonde » n’est pas morte, qu’elle sommeille, toujours prête à bondir…

Il y a 69 ans, le Monde démocratique découvrait l’horreur qu’avaient connu les millions de victimes du nazisme et du fascisme.

69 ans après, nous avons le devoir de le rappeler pour l’Histoire, pour les victimes et leurs familles, mais aussi pour notre Avenir, celui de nos enfants et celui de l’Espèce Humaine.

C’est ce qu’ensemble, aujourd’hui 27 avril 2014, une nouvelle fois place Jean Moulin,  dans l’unité et dans le recueillement,

c’est ce qu’ensemble, nous refaisons, ce matin, une fois encore.

Ces déportés… nous ne les oublierons jamais…

Et pour eux et en leurs noms nous avons le Devoir de défendre la Démocratie ;

Pour eux et en leurs noms nous avons le Devoir de construire une Europe citoyenne ;

Pour eux et en leurs noms partout dans le Monde, nous devons tout faire pour garantir la Paix, la Liberté et la Justice

Oui Mesdames et Messieurs, mes chers concitoyens, ensemble disons le,

 

Vive la Paix,

Vive la Liberté,

et Vive la France !

Gérard CAUDRON