Carnet n° 396 du 4 avril 2016

« Entre chien et loup »

 

Reprise au XIIIème siècle, l’expression existait déjà en des temps plus lointains si on en juge par une citation datant du IIème siècle :

« Quand l’homme ne peut distinguer le chien du loup ».

Dans son acceptation courante, cette expression désigne le matin ou le soir, des moments où il est difficile de reconnaître « l’un et l’autre »…

Dans le même esprit, le chien symboliserait le jour qui, comme lui nous guide tandis que le loup serait le symbole de la nuit, des menaces, des cauchemars et de la peur.

Somme toute, on y retrouve, un schéma, assez classique de la vie, du miroir à deux faces, du bien et du mal, des anges et des démons…

 

La météo de ce lundi matin, grise et pluvieuse, au regard de celle d’hier, chaude et ensoleillée, en constitue le premier exemple d’une liste qu’on pourra allonger sans pour autant en déformer le sens…

 

Si on démarre par Villeneuve d’Ascq et le vote du budget 2016 sans l’opposition et dans un bon esprit, et ce, pour la première fois depuis 2008, de la droite UMP/Modem/LR qui s’est contentée d’une abstention démocratiquement exprimée, un budget sans augmentation des taux d’imposition, sans réductions, (voire au contraire) des services publics et ce, pour la 10ème année consécutive, on y voit « le côté chien », avant « le côté loup », une année 2017 qui s’annonce beaucoup plus dure, sinon périlleuse sur tous les plans…, du fait, en particulier, de projets du gouvernement actuel qui semble vouloir « faire le sale boulot » pour et avant de passer la main à une droite LR/UMP revenue en force en mai et juin 2017.

 

Si on continue toujours à Villeneuve d’Ascq, avec le côté loup de citoyens en grand nombre angoissés (et parfois en colère) par les incivilités, des actes de délinquance et surtout par la situation économique et le chômage, et ce, même si c’est bien pire dans certaines communes voisines, avec heureusement « le côté chien aussi » du jour qui nous guide , ce week-end au Musée de Plein Air et à Asnapio qui ont rouvert leurs portes à des centaines (et +) de visiteurs, les premiers des 50 000 au moins qui se succéderont dans ces 2 superbes parcs durant les 7 prochains mois d’ouverture (soit 100 000 et + au total),

un week-end avec d’amples foules dans nos parcs villeneuvois et, bien sûr, au Musée d’Art Moderne, le LAM, pour y déguster (avec une longue attente) la rétrospective Modigliani,

un week-end qui a clôturé une semaine où j’ai beaucoup travaillé nos dossiers villeneuvois et en particulier sur celui de notre Centre Ville, « où comment réinventer un Centre Ville du 21ème siècle » sur les bases d’un quartier de l’hôtel de ville des années 70 et 80 du XXème.

 

Si on passe maintenant par la MEL dont la semaine s’est conclue vendredi par un Conseil de près de 6 heures où on a pu voir :

« côté loup » les partisans de « la ligne de démarcation », socialiste d’un côté et fraction dure des Républicains de l’autre, « sous la critique existentielle des Verts », un PS et des LR pour qui, soit tout s’est fait avant 2014, soit rien ne s’est fait avant sinon des choses qui nous plomberaient aujourd’hui…

 

Heureusement qu’il en est aussi à droite comme dans le camp du progrès, et c’est « le côté chien du jour qui nous guide », qui s’inscrivent dans la continuité du passé pour écrire le présent et préparer l’avenir en terme de SCOT, PLU, Aménagement, déplacement…

Heureusement que le Président Castelain est garant de cette continuité positive et active. En aura-t-il encore les moyens lors du renouvellement de l’exécutif en 2017 ? Je souhaite que oui !

 

Côté politique toujours, mais en termes d’appareils politiques et de stratégies politiciennes :

  • « Côté chien », la bonne gestion gouvernementale de la lutte contre le terrorisme, les arrestations conjointes en France et en Belgique… une « bonne gestion », si on met de côté « le feuilleton » de la réforme constitutionnelle.
  • « Côté loup », la pagaille à droite avec ses 12 candidats plus ou moins déclarés et validés à leur primaire, (sous l’œil gourmand de l’extrême droite)
  • « le désert multiple » à gauche entre un François Hollande « qui s’accroche » et d’autres micro-forces qui voudraient se compter à tous prix (y compris au pire prix avec un deuxième tour UMP/FN)

 

« Côté loup » toujours …., le chômage qui n’en finit pas de grimper, avec son lot de misères, le risque de rejet de la loi travail dont pourtant certaines souplesses seraient les bienvenues pour celles et ceux qui n’arrivent pas à entrer ou à revenir sur le marché du travail, (nos jeunes et les plus de 50 ans …).

 

A tout vouloir rejeter, « on jette le bébé avec l’eau du bain »… Et on déroule un tapis rouge à ceux qui, après 2017, « ne prendront pas autant de gants », en particulier pour ce qui est de la fonction publique et son statut aujourd’hui encore « gravé dans le marbre ».

Il faudrait peut être écouter celles et ceux qui font tout « pour trouver du boulot ».

 

Sur le plan international, « côté chien », les tenants de l’État Islamique et leur califat, qui ont été chassés de la cité de Palmyre.

 

« Côté loup », ils l’ont été par Bachar El Assad qui, il n’y a pas si longtemps, et même encore maintenant, était banni par nos Démocraties et par leurs chefs.

 

« Côté chien », la lutte contre le terrorisme a marqué des points.

« Côté loup », le terrorisme intégriste se redéploie et s’insinue partout, ce qui nous promet une guerre de plus en plus difficile et de plus en plus coûteuse.

 

Côté Européen, si de vrais européens comme moi considèrent, « côté chien », que si l’Union Européenne n’est pas à la hauteur, c’est par manque d’Europe et par disparition de tout esprit fédéraliste…

Je l’ai redis mercredi dernier lors de l’Assemblée Générale de Citoyen d’Europe, tout comme j’ai redis que, tant qu’on aidera pas au développement maîtrisé des pays du bassin méditerranéen, on se condamnera, « côté loup » à des guerres, des dictatures, et des flux migratoires désordonnés…

 

Je terminerai ce 396ème carnet par une citation, que je fais mienne, d’Albert Camus qui « hante mon écriture » même si parfois, (sinon souvent), cela concourt à une image injuste de qui je suis :

« Mal nommer les choses ajoute aux malheurs du monde »

C’est ce qu’on appelle plus couramment, l’usage généralisé dans le monde politique de « la langue de bois » et du « politiquement correct ».

 

Et à mon tour, je le redis :

« Le courage c’est de chercher la vérité et de la dire »

(Jean Jaurès)