Carnet n° 397 du 11 avril 2016

« La Fontaine l’a dit ! »

« Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés ».

 

Ces paroles sont de Monsieur Jean de la Fontaine extraites d’une de ses fables écrite en 1678, il y a près de 350 ans : les animaux malades de la peste.

 

Les affaires, petites ou grandes, qui émaillent l’actualité à tous les niveaux et qui conjuguent argent – roi, violences et trafics en tous genres, en sont aujourd’hui autant d’illustrations en ce début de 21ème siècle.

 

Il y a d’abord toutes « ces affaires » qui ont déjà touché les hommes politiques de tous bords et de toutes nationalités. Il y a celles qui ont blessé le monde sportif, dont récemment celui du football. Il y a celles qui traversent le monde économique et celui de grandes entreprises où certains dirigeants gagnent, en une journée, beaucoup plus que tout dirigeant d’un État Démocratique.

 

Il y a celles enfin qui, bien sûr, sont « transversales », et qui concernent des « multi cartes » et multirécidivistes impliqués à des degrés divers dans tous ces milieux….

 

L’affaire dénoncée « Panama papers » a éclaté comme une bombe atomique provoquant un séisme dans les milieux financiers mondiaux accompagné d’ondes de chocs et de répliques dans des dizaines de pays.

 

« Ils n’en mourront pas tous, mais tous sont concernés », pour reprendre les mots de La Fontaine en passant simplement du passé au futur.

Des sportifs, des dictateurs, des Premier Ministres, des chefs d’entreprises, des banques, des partis politiques sont impliqués (j’arrête là une liste établie nous dit-on à partir de 11,5 millions de fichiers).

 

Comment en est-on arrivé là ?

D’abord parce que les faits sont là…, et depuis longtemps, des faits que tous les dirigeants, voire tous les médias, ne pouvaient ignorer…

Ensuite, parce qu’il y a eu le courage de tous les lanceurs d’alertes et pour ce qui est des « Panama papers » de plus de 100 rédactions dans 76 pays.

Enfin, parce que les citoyens ont besoins de savoir à un moment où, plus que jamais, ces mots d’Albert Camus ont toutes leur force :

« Mal nommer les choses ajoute aux malheur du monde ».

 

Espérons aujourd’hui que tous les responsables seront dénoncés et pas seulement les politiques, que tous les coupables seront punis et que surtout toutes les conséquences en seront tirées à tous les niveaux et dans tous les domaines.

Mais vraiment, comme si on avait besoin de cela à un moment où le monde chavire et ou  toutes nos forces devraient être mobilisées pour assurer un minimum de bonheur à tous les terriens où qu’ils soient, pour défendre les conditions de notre survie collective et pour lutter contre toutes les formes de violence, d’intégrisme et de terrorisme.

Certes, il y a toujours eu de tous temps et dans tous les domaines des fraudeurs, des délinquants et des criminels. La justice est là pour les poursuivre avec l’aide de ses structures spécialisées.

Malheureusement, aujourd’hui, la mondialisation des « réseaux » laisse toujours « un coup d’avance » à celles et ceux qui les maîtrisent par rapport à celles et ceux qui les poursuivent, surtout si « certain(e)s ont un pied dans les deux camps »….

 

J’aurais espérer en rester là pour ce qui concerne les affaires en me contentant de « boucler » cette première illustration de la fable bien connue, citée en ouverture, par les progrès réalisés par la Belgique et par la France dans la lutte contre les terroristes islamiques et leurs réseaux.

Malheureusement, nous avons eu, en fin de semaine, la confirmation « d’une affaire » locale, certes de dimension incomparable à celles ci-dessus évoquées, mais qui nous touche plus directement : « l’affaire »  Fadila Bilem.

Une élue PS de notre Conseil Municipal, madame Fadila Bilem, a en effet été mise en examen et incarcérée en détention préventive pour des faits que je n’aurais jamais soupçonné et qui seraient, selon les informations de la Voix du Nord, d’une grande gravité.

Je savais qu’une enquête était en cours, ce que m’avait confirmé monsieur le Procureur de la République, comme il l’avait fait auprès de l’employeur de Madame Bilem, le Maire de Tourcoing. Il m’avait dit que cela n’avait rien à voir avec son mandat d’élue.

J’attendais donc, au nom du secret de l’instruction, d’avoir des informations plus précises par les voies normales et légales de la Justice….

L’article de la Voix du Nord a fait l’effet d’une bombe et j’ai réagi en pesant tous mes mots tout en espérant que son parti politique dont elle est l’élue en ferait de même…

Aujourd’hui, je suis dérouté et j’espère encore que la réalité des faits n’est pas aussi grave qu’indiqué dans la Voix du Nord et ce, même si l’incarcération préventive semble aller dans le sens d’une réelle gravité.

J’espère surtout qu’au-delà des procédures, de la loi et de la nécessaire présomption d’innocence, l’intéressée saura se rendre compte du problème majeur d’éthique qu’elle pose à notre Conseil Municipal et qu’elle en tirera toutes les conséquences, aidée en cela par son parti politique.

 

Je n’en dirai pas davantage sinon que nous nous sentons éclaboussés pour ne pas dire pire …

 

Pour en revenir à « une vie politique plus banale », à défaut d’être de meilleure qualité, on notera  les débats sur les primaires  avec un trop plein à droite, le « poker-menteur » à gauche, où chacun met derrière ce terme des intentions différentes, des non-dits et des silences qui en disent davantage,

un ministre M. Macron qui a « plus qu’orienté » la politique du gouvernement socialiste et qui semble se préparer à « quitter le navire » en se disant « ni de droite ni de gauche », ….

J’en passe et des meilleures … Ne voulant pas revenir en détail sur « la loi travail » sinon qu’elle illustre dans sa présentation « la navigation à vue » du Président de la République, sinon aussi qu’elle me rappelle une règle de base en politique : il ne faut jamais faire des promesses qu’on ne peut tenir et des projets qu’on ne peut faire aboutir !

Sinon, on commence pour déclencher l’hostilité de ceux qui sont contre et, après l’échec ou l’abandon, l’hostilité de ceux qui étaient pour.

 

Deux exemples :

 

  • Le droit de vote des étrangers et ses débats récurrents,
  • La réforme dernière de la Constitution Française sur le retrait de la nationalité aux terroristes…

mais on pourrait en citer bien d’autres… Et même citer un exemple contraire : l’abolition de la peine de mort par François Mitterrand et Robert Badinter malgré l’opposition d’une majorité de citoyens au début des années 80.

 

Comme beaucoup d’autres acteurs de la vie publique l’ont déjà dit sous une forme ou sous une autre, je rappellerai à ce stade une citation :

« Les seuls combats perdus d’avance sont les combats que l’on renonce à mener ».

 

C’est sans doute ce que se disent tous les manifestants qui parcourent les rues de nos villes (je parle des manifestants, militants et simples citoyens… pas des casseurs qu’il faut mettre hors d’état de nuire).

 

C’est aussi ce que pensent au fond d’eux même les acteurs « Nuit debout »  qui à l’instar de ce que nous avons voulu faire, de ce que nous avons rêvé et de ce que nous avons fait en mai 1968, rêvent de « changer la vie ».

 

Cela n’a duré  que quelques semaines en 1968, la droite en a profité pour réaliser en juin un tsunami sur l’Assemblée Nationale, et pourtant, après mai 68, rien ne fut jamais plus exactement comme avant surtout en terme de société…

 

Et je comprends que la jeunesse d’aujourd’hui étouffée par un système et des pratiques qui leur enlèvent tout espoir, veuille faire à son tour éclater le carcan…

 

Je ne me permettrai jamais de donner des conseils à cette jeunesse, ni de porter de jugements sur telles ou telles de ses propositions que l’on voit et que l’on verra fleurir.

C’est de la vie de cette jeunesse qu’il s’agit et plus vraiment de la mienne qui suis rentré dans ma dernière ligne droite (même si, je l’espère ce sera une ligne droite encore longue).

 

Terminons donc avec cette pensée de Victor Hugo intemporelle et éternelle :

« L’utopie, c’est la vérité de demain ».