Carnet n° 398 du 18 avril 2016

« Côté pile et côté face »

 

 

A chaque instant de la vie et dans quelque domaine que ce soit, il y a toujours, à l’image d’une pièce de monnaie, un côté pile et un côté face.

Et quand la situation se durcit et s’aggrave, cette distinction, pour ne pas dire cette dichotomie, se creuse et s’amplifie.

Je l’avais déjà « brossée » (expression prise dans le sens de l’artiste peintre) il y a deux semaines et ce, dans toutes ses dimensions sous le titre : « entre chien et loup ».

J’y reviens aujourd’hui dans celui plus resserré de la situation politique que nous vivons et que nous allons sans doute vivre durant l’année qui vient, une situation que j’illustrerai par une citation de Nicolas Hulot :

« La société dans laquelle on est ressemble à un avion de ligne où tous les voyants sont au rouge dans le cockpit tandis qu’en cabine on continue, soit à boire le champagne, soit à se quereller (… soit les deux) ».

 

Et si j’ajoute à cela cette autre sentence d’Albert Einstein :

« On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré ».

On a, à la fois, et le constat partiellement sombre… Et une orientation pour essayer d’en sortir.

 

Côté face, un monde politique sclérosé avec :

  • une droite qui confond « primaire pour désigner son candidat à la Présidentielle » et « radio-crochet »,
  • une extrême droite qui, en s’appuyant sur tous les mécontentements, rêve de jackpot,
  • des forces de progrès éclatées,
  • un François Hollande qui rêve encore de se représenter malgré toutes ses promesses non tenues et une cote à 14% à côté d’un PS qui ne vaut d’ailleurs pas davantage,
  • un parti des Verts en survie artificielle,
  • un PCF qui résiste et un Mélanchon toujours tonitruant….

 

A l’arrivée, un scénario catastrophe possible sinon probable avec ce tiercé au soir du premier tour : 1- Madame Le Pen  2 – Monsieur Sarkozy  3 -Monsieur Hollande et donc un remake pour le 2ème : Le Pen/ Sarkozy

 

Côté pile :

  • à l’extrême droite, rien de moins pire,
  • à droite, Alain Juppé…. « moins pire que pire »,
  • à gauche…. mais que donc « Sœur Anne pourrait-elle voir venir ? »….

 

En vrac et sans porter de jugements ni en mesurer toutes les conséquences…, un Manuel Valls toujours dans la course, un Macron qui se lance,… sans vraiment nous dire où, une Martine qui attend son heure, un Nicolas Hulot dont j’ai apprécié la dernière interview télé sur le fond comme sur la forme et enfin toute une agitation d’idées, en particulier chez les jeunes, qui ne peut que « décrasser le moteur politique ». A défaut d’apporter des solutions solides et immédiates,… elle répond à l’injonction d’Albert Einstein « Changer les modes de pensée » (on dirait aujourd’hui changer de logiciel).

 

Et il faut et il faudra bien cela aujourd’hui et demain, si on veut espérer qu’au lendemain de mai-juin 2017, les droites, « au nom de l’héritage », fassent pire que F. Hollande. Il suffit pour cela de regarder, avec effarement, le Conseil Départemental voter un budget où il tranche dans toutes ses actions tout en augmentant ses taux d’imposition de 25,8% !

 

Faut-il en dire davantage aux uns comme aux autres,

  • à celles et ceux qui sont encore en place pour un an,
  • à celles et ceux qui sont arrivés depuis 2 ans et qui font exactement le contraire de ce qu’ils avaient promis pour se faire élire,
  • à celles et ceux qui risquent d’arriver dans 13 et 14 mois pour faire pire encore sur le fond ou moins pire sur la forme pour ce qui concerne Alain Juppé peut être…

Nous avons encore quelques mois devant nous pour trouver « le point d’équilibre » ainsi décrit par Nicolas Hulot « Entre la société matérialiste absolue dans laquelle nous sommes et une société qui voudrait tomber dans une spiritualité béate ».

J’aimerai encore croire que c’est encore possible et qu’on ne se contentera pas de faire ce que dénonçait déjà Jean Jaurès il y a 120 ans : « Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent de mots ».

 

Dur pour moi de vivre aujourd’hui dans ce monde, moi qui comme Albert Camus pense que « Celui qui espère changer la condition humaine est un fou ».

Alors, tout en rêvant encore de contribuer à créer les conditions « d’un autre monde » ou plus simplement « de changer la vie », je travaille d’arrache-pied

  • sur un Centre Ville réinventé pour Villeneuve d’Ascq,
  • sur le renforcement de la sécurité dans notre ville avec un nouvel outil, la vidéo protection,
  • avec la poursuite d’une politique budgétaire raisonnée et active à la fois pour atténuer les ravages du temps et préparer des jours meilleurs et ce, avec toutes celles et ceux qui partagent mes rêves et ambitions, les pionniers d’aujourd’hui comme ceux d’hier… Toutes et tous dans une même continuité, à l’image de Michel Riollet dont la plaque est venue rejoindre le panthéon villeneuvois que l’on découvre au gré des équipements communaux un peu partout sur notre ville.

 

Cela occupe tout mon temps ou presque laissant, ici et là, quelques secondes de petits, moyens ou grands bonheurs, dont Nicolas Hulot, une dernière fois cité dans mon carnet d’aujourd’hui a dit :

« Désormais, je sais faire durer une seconde de bonheur. Il faut la vivre comme si elle était la dernière ».

Que dire de plus à ce stade et en ce lundi 18 avril matin ?

 

Que la semaine à venir va être dense et chargée, les vacanciers du printemps étant revenus,

que le train de l’Euro 2016 de passage à Lille va aller vers d’autres cieux avant les matches de juin prochain dans des conditions qui ne seront pas faciles,

que je vais rencontrer Jean René Lecerf pour discuter des dossiers villeneuvois, et multiplier les rendez-vous et réunions avant un dimanche en Souvenir des victimes de la Déportation qui nous rappellera ce qui peut encore nous arriver si on capitule devant l’extrême droit et, si on sacrifie l’essentiel à l’accessoire, la Démocratie à la Démagogie, et si, enfin, on laisse l’Union Européenne qui nous a offert 71 ans de Paix mourir d’une triste mort, faute, pour elle,  d’avoir l’envie de respirer encore….

 

Au journal « Le Monde » qui posait, le 9 avril, la question : « L’Europe est-elle mortelle » ? je répondrai sans hésiter OUI, … E nous avec elle…

Plus que jamais donc, battons nous pour éviter ce destin funeste avec, chevillée au cœur cette profession de foi de Victor Hugo :

« Je crois ce que je dis, je fais ce que je crois ».