Carnet n° 464 du 21 Août 2017

« Il ne suffit pas d’être le premier, il faut être le meilleur »

Victor Hugo 1802 – 1885

 

victor-hugo-9346557-1-402Chacun sait, à la lecture de mes carnets, mon attachement à Victor Hugo, ce grand parmi les grands de la littérature française, à qui nous devons bien sûr de grands romans mais aussi tellement de réflexions en avance sur son temps, dans tous les domaines, et donc, pour moi, une source inépuisable de citations qui structurent et illustrent mes écrits.

Celle qui aujourd’hui ouvre mon 464éme carnet pourrait illustrer tous les aspects de notre vie privée ou publique, professionnelle ou politique.

Être le premier n’est en effet pas le plus difficile.

Il suffit souvent d’être là au bon moment avec un peu de feeling et une bonne dose de chance.

Être ou se révéler le meilleur est le résultat d’une action et de comportements qui s’inscrivent dans la durée.

Je laisserai, bien sûr à chacun le soin (ou le devoir) de s’interroger sur sa dimension privée pour n’aborder ici que la dimension publique et politique.

Être « le premier », c’est-à-dire souvent en politique « gagner une élection », n’est pas en effet ni le plus difficile ni bien sûr suffisant, les circonstances du moment pesant largement sur ce résultat…

Être réélu, ne pas trop décevoir, réussir à réaliser au moins en grande partie ce sur quoi on s’est élire, autrement dit se révéler le meilleur est beaucoup plus difficile et donc beaucoup plus rare…

Les exemples ne manquent pas dans le passé de ces dernières décennies : Valéry Giscard d’Estaing en restera la première illustration, Nicolas Sarkozy et François Hollande sans doute en sont deux exemples plus récents.

En dehors des circonstances du moment qui font que, contrairement à eux, Jacques Chirac et surtout François Mitterrand ont su, quant à eux, devenir les meilleurs après avoir été les premiers, c’est, à mon sens, surtout le fait que les qualités requises pour être « le premier » à un moment donné sont très différentes de celles qui permettent de s’inscrire parmi « les meilleurs » dans le déroulé de notre histoire.

Et je n’oublie pas l’immense cohorte des élus nationaux et locaux qui sont arrivés au plus haut sur les crêtes de raz de marée politiques comme en novembre 1962, en juin 1968, en juin 1981, en mars 1993, en juin 2007, en juin 2012 et bien sûr en juin 2017 pour ce qui est des députés, en mars 1977 et en mars 2014 (pour ne citer que deux exemples municipaux sans oublier les départements et les régions…(ni l’exemple Villeneuvois de 2008).

La plupart des élus de ces jours là n’ont fait « qu’un petit tour »…avant de s’en aller… Et il ne suffit pas pour durer de savoir faire du spectacle, les « frondeurs » du PS et les « insoumis de Mélenchon » en ont fait la démonstration et en feront sans doute de même…

Je ne dirai pas que c’est toujours juste mais c’est ainsi…

Sur les champs de batailles électoraux les cimetières sont plus remplis que les « pinacles »…

Si j’ajoute à cela une autre citation de Victor Hugo « Le soleil couchant est jaloux de la lune qui se lève », on comprendra mieux peut être le débat du jour pour savoir « à qui la France doit d’aller mieux » (d’après les chiffres par ailleurs aléatoires de nos experts économiques)

« Résultats » du quinquennat Hollande, ou « effet Macron » ?… sans doute les 2 « mon capitaine »…, ce qui justifie qu’il faut cesser de fustiger François Hollande ou de lapider sur internet Emmanuel Macron après l’avoir porté au pinacle de notre édifice politique il y a un peu plus de 3 mois….

Le problème est que le temps nécessaire aujourd’hui pour se révéler « le meilleur » est peu compatible avec la folie des réseaux internet et de l’info en continu sur les chaînes télé du même nom.

Dans la vie, comme aimait à le dire François Mitterrand, « Il faut laisser du temps au  temps ».

Et très modestement, localement, quand je regarde en ce mois d’août 2017, tous les dossiers Villeneuvois que j’ai sur « mes tables de travail », je me dis que rien n’est plus vrai, ce qui suppose à la fois de laisser du temps aux élus et de les laisser s’inscrire dans une continuité qui transcende des criailleries politiciennes…

La France a sans doute aujourd’hui besoin de changement pour transformer l’essai marqué sur la conduite de François Hollande et de sa majorité, mais transformer un essai c’est essayer de passer le ballon ovale entre les poteaux aux pieds ou à côté desquels l’essai a été marqué.

Emmanuel Macron ne réussira pas s’il prend des mesures qui accroissent les inégalités financières et de pourvoir, s’il abîme le tissu associatif ou s’il casse le cadre constitué des communes et de leurs élus.

Et je suggère à celles et ceux qui politiquement le combattent de cibler leurs propos sur ces points plutôt que sur ses habits, son style, ceux de son épouse, ou pire…. Et de cesser de le rendre quasiment responsable de tout y compris des attentats en Espagne comme j’ai pu le lire sous la plume d’une groupie de F. Fillion (et oui il en existe encore) voire dans certains propos alambiqués de quelques leaders de droite LR…

Dans la lutte que nous devons mener sans faiblesse contre le terrorisme, contre la misère et le chômage, contre les inégalités et contre les périls qui menacent notre planète, « Il faut savoir raison garder », critiquer sans excès, combattre sans volonté de détruire, car si politiquement on peut avoir un intérêt à battre un adversaire, on n’a pas le droit par ses excès de contribuer à affaiblir notre pays en rendant encore plus malheureux un certain nombre de nos concitoyens…

C’est, pourquoi je redis à nouveau ma préférence pour un modèle social démocrate Républicain, laïc et Européen ou « le facteur humain » n’est pas qu’une question de justice mais un véritable moteur de croissance et surtout pas « une variable d’ajustement », où les gestions publiques à tous les niveaux ne sont pas comparables aux gestions d’entreprises et où la comptabilité n’est pas le premier compteur de la réussite humaine.

C’est ainsi et seulement ainsi qu’après avoir été le premier, on peut peut être espérer devenir le meilleur !