«

»

Carnet n° 466 du 4 septembre 2017

 Les faux amis sont comme …. »

 

C’est le 19 juin dernier, il y a donc 2 mois et demi à peine, qu’en conclusion de mon 459 ème carnet j’avais usé de ces mots pour décrire les sentiments des battus des élections du premier semestre 2017, toutes sensibilités partisanes confondues :

« Les faux amis sont comme les coquelicots. A la première tempête ils disparaissent ».

Durant tout l’été et durant ce dernier week-end de rentrée politique, ma citation a montré, s’il le fallait encore, …. sa pertinence …

D’où mon désir de la reprendre assortie de trois autres :

« Les faux amis sont plus dangereux que les ennemis déclarés » (Henri Frédéric AMIE 1878)

Une autre sans doute, plus réaliste vu la nature humaine qui date de 1859 :

« Les faux amis sont des oiseaux de passage qui viennent à la belle saison et s’en vont à la mauvaise ».

Une troisième en fait sans doute la synthèse sous la plume de Plante (en latin Titus Laccius Plantus) au 2ème siècle avant Jésus Christ :

« Si on a beaucoup d’amis, il y en a peu sur lesquels on peut compter »

C’est vrai dans tous les domaines de la vie et donc particulièrement vrai dans la vie politique qui est, en quelque sorte, sous le verre grossissant de la vie dans tous ses aspects.

Si tous les vaincus des « suffrages partisans » ou du suffrage universel de ce premier semestre 2017 en avait déjà fait l’expérience après le 18 juin, le mouvement s’est amplifié cet été à l’heure des envies partisanes de reconstruction de la part des battus d’hier et du souffle des prémices des premières tempêtes pour leurs vainqueurs.

La palme en revient sans doute à « la droite LR qui se déchire comme jamais » entre ses deuxièmes, troisièmes, voire quatrièmes couteaux… Les médias en sont remplis avec, à la clef, les ralliements et les changements de bord de celles et ceux que la girouette affolée par le vent bouscule dans leurs choix (ex : Thierry Solère « LR constructif » qui traite Wauquiez de « fossoyeur de la droite ». Autre ex : le ralliement d’une fidèle Juppéiste à ce même Wauquiez).

La multiplication des listes sénatoriales annoncées pour la droite et le centre dans le Nord (entre 5 et 7 aujourd’hui) en est aussi une parfaite illustration…

et cela pour un total de 11 sénateurs qui seront élus le 24 septembre par 5 677 « grands électeurs ».

Du côté du FN, la guerre fait rage en interne ce qui a pour effets de rendre muette Madame Le Pen…et de désorienter ses militants…

Au parti communiste, « où on  en a vu d’autres »… « on tient bon la barre » ce qui devrait lui permettre de continuer à limiter la « casse électorale »  et lui permettre de rester dans le paysage politique.

Au PS, curieusement, le ton des prises de position, des affrontements et des positionnement reste mesuré… chacun étant sans doute convaincu du risque de disparition complète de la Social Démocratie dans le cas contraire.

C’est aussi vrai pour la liste nordiste aux sénatoriales autour du PS menée, avec talent, par Patrick Kanner qui a su calmer ses amis et faux amis d’hier, pour certain(e)s alors devenu(e)s de vrais ennemi(e)s mais qui, sans doute, comprenant qu’à l’instar du Titanic il n’y a pas suffisamment de chaloupes, ont choisi de « ne plus insulter l’avenir »…

De l’autre côté, chez les vainqueurs du camp Macron, le « vent mauvais » se levant, on peut voir déjà des pétales de coquelicots se détacher tandis que chez « les insoumis », convaincus qu’ils sont que l’avenir leur est assuré, on jouit d’une position de premiers opposants dans le confort d’un discours où on peut dire n’importe quoi sans grand risque d’être contredis par les faits.

Personnellement, en cette rentrée, je suis bien décidé à tout faire pour que ma ville, Villeneuve d’Ascq, « une ville en mouvement » sache affronter les tempêtes qui la menacent, forte du classement qui la place dans le top 10 (en sixième place) des villes les plus dynamiques de France (enquête du Figaro).

Malgré ces fragilités et le fait que beaucoup de citoyens ne voient pas « la forêt que cache un arbre » et même s’ils sont parfois durs à vivre… les égoïsmes et les excès de certains citoyens, la non reconnaissance des réalités sociétales chez nous (et ailleurs) l’ignorance de notre travail d’élu(e)s locaux, du mien, de celui des agents du service public et des militants de la vie associative, je crois plus que jamais en ma ville et à son avenir, ce qui me « booste » (me stimule et me renforce) pour aller jusqu’au bout de mes combats pour Villeneuve !

Dans le même temps, je l’ai dit et je le répète, je me battrai aussi pour reconstruire une force social démocrate bien assise sur l’échiquier politique et sociétal entre les conservateurs libéraux et l’extrême gauche et ce, pour espérer recréer, un jour, comme François Mitterrand l’avait fait, une FGDS(E) « Fédération de la Gauche Démocrate, Socialiste et Ecologiste »…

Verrai-je ce temps revenu ? pas sûr … mais ce qui est sûr c’est que si on ne s’y met pas tout de suite, on n’y arrivera jamais.

Pour cela et même si, à l’instar de ma grand-mère qui aimait à répéter que « si elle n’était pas rancunière, elle n’oubliait pas et ne pardonnait pas », je sais que pour y arriver il faut savoir rassembler « les amis politiques d’hier », (les vrais et les repentis) et surtout ceux et celles d’aujourd’hui et de demain, sans rancune ni oubli…., sans arrogance ni sectarisme… sachant que la vie n’attend pas, que les problèmes non plus et qu’il faut donc, dès aujourd’hui, agir à tous les niveaux pour réussir et ne jamais faire le choix de concourir à l’échec…

J’ai eu l’occasion de le dire aux amis de Patrick Kanner que j’ai rencontrés durant la semaine, à ceux de Martine Aubry à l’occasion de la braderie de Lille et à quelques uns des amis et soutiens de Damien Castelain.

Dans un monde fou où l’escalade entre la Corée du Nord et Donald Trump peut déboucher sur les pires horreurs, 72 ans après Hiroshima et Nagasaki,

où les dérèglements climatiques menacent la vie même de nos enfants et petits enfants,

Il faut s’adapter et donc réformer, même si c’est difficile, même si cela peut être impopulaire…

Mais comme en matière de services publics et comme en matière d’emplois aidés, il ne faut jamais oublier les femmes et les hommes qui sont derrière les chiffres, les budgets, les lois et les ordonnances…

Et je ne fais pas confiance à Mr Gattaz (Président du MEDEF) pour y arriver… (on constatera ma modération dans les termes utilisés).

Je n’ai pas la prétention d’être « un homme de l’espoir », me reconnaissant plutôt dans le modèle d’Albert Camus que certains avaient d’ailleurs ainsi qualifié, alors qu’il était « une déchirure » que sa mort prématurée, à 47 ans, a laissé ouverte (ce qui ne risque plus de m’arriver..) !

Deux citations d’Albert Camus pour terminer ce 466ème carnet… à titre d’illustration de ce que je pense être aussi en cette fin 2017 :

« La pensée d’un homme est avant tout sa nostalgie » (le mythe de Sisyphe, 1942)

« L’important n’est pas de guérir mais de savoir vivre avec ses maux ».