Carnet n° 473 du 23 octobre 2017

L’avenir… « en  questions »…

 

Si, tel Gaston Berger, j’espère, à défaut d’en avoir la certitude, que « Regarder l’avenir c’est déjà le changer »,

et si, c’est sans doute pour cela que, plus je vieillis, plus je m’obsède  à le regarder,

c’est dans une autre citation dont l’auteur est Antoine de Saint-Exupéry que je me retrouve aujourd’hui pleinement :

« Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir mais de le rendre possible ».

 

Ce n’est pourtant pas ce que, de manière naturelle, nos concitoyens demandent à leurs dirigeants politiques.

En clair, pour leur donner leurs voix, les citoyens leur demandent d’abord de prévoir et surtout de leur promettre un bel avenir… Sans trop insister sur les conditions à remplir pour le rendre possible.

 

C’est pourtant peut être « son inversion de la démarche » qui a séduit « un nombre certain » d’électeurs qui ont choisi Emmanuel Macron.

 

Déçus par tant de promesses non tenues, ils ont préféré « un discours de la méthode » sans trop se « polariser » sur son contenu en terme de mesures (pourtant) annoncées.

Disons le honnêtement : toutes les mesures que le Président Macron et son gouvernement décident depuis juin dernier avaient été clairement annoncées, que ce soient les ordonnances sur le travail, les coupes budgétaires, la hausse de la CSG et la fin de l’ISF…

Alors certes, avec François Fillon « ça aurait été pire » et avec Madame Le Pen, c’était « l’enfer assuré » (tandis que la gauche semblait « hors course » du fait de ses divisions), …

Mais quand même, il ne faut pas ignorer la masse de celles et ceux qui ont cru aux changements nécessaires en les espérant, cependant, rapides et pas trop douloureux.

 

En cette fin octobre, après les ordonnances de septembre, le cadrage du budget 2018 de l’État en montre l’ampleur, les coûts… et, bien sûr, les impacts…

Pire, les mesures annoncées qui, à des degrés divers, impactent toutes davantage les plus modestes que les plus riches, ces mesures annoncées, disais-je, semblent redéfinir un schéma selon lequel la croissance impose que les plus riches soient toujours plus riches et qu’ « au nom de l’argent » considéré comme son premier moteur, l’accroissement des inégalités soit non seulement un mal nécessaire mais un facteur de croissance (les laissés-pour-compte étant alors relégués au rang de « jaloux tristes »).

 

C’est une erreur majeure ! …. sinon mortelle…

Même M. Sarkozy, « un spécialiste en la matière », vient de le dire « ça va très mal finir ! »,

et M. Macron pourrait connaître un cinquantième anniversaire de mai 68 différent de celui dont il semble « rêver »…

 

Même les économistes libéraux et leurs « bras armés politiques » ne s’en cachent pas : ce n’est pas en donnant plus à ceux qui ont déjà beaucoup sinon trop qu’on relance « la machine économique », la production, la consommation et donc l’emploi.

 

Qui peut croire que les 4 milliards d’euros d’économies d’impôts pour les très riches soient réinvestis dans « le risque économique » par celles et ceux qui, en réalité, vont confortablement s’endormir sur ce matelas fiscal supplémentaire ?

Par contre, il est certain que toutes celles et tous ceux qui verront leurs revenus diminuer consommeront moins avec toutes les conséquences sur la production ! Et je ne raisonne pas qu’en termes quantitatifs : consommer durable et manger bio, qu’on le veuille ou non, cela coûte aujourd’hui plus cher !

La voie choisie par le Président Macron est donc doublement dangereuse à court terme et à échéance.

 

C’est pourquoi, ce matin, je redis aux « princes qui nous gouvernent » dont beaucoup sont dépourvus d’expérience de terrain et qui brocardent les communes et leurs élu(e)s : seuls les élus locaux, de terrain, de par leurs fonctions sont tenus de gérer et gèrent le quotidien de leurs concitoyens tout en les inscrivant dans l’avenir.

C’est dans « les gènes » de tout(e) élu(e) local(e) (à quelques exceptions près…) que « de rendre l’avenir possible » en assurant ce quotidien.

 

Quel(le) élu(e) local(e) ne se retrouve pas dans sa vie d’élu(e) au quotidien sur le terrain de sa commune dans ces mots d’Henri Bergson ? :

« L’avenir ce n’est pas ce qui va arriver, mais ce que nous allons faire »

 

Depuis 40 ans que je suis moi-même dans cette situation, quand on me pose la question de l’avenir de ma ville, voire de mon propre avenir, c’est ce que je réponds : « Il ne m’importe pas de le prévoir mais de le rendre possible ».

 

C’est ma présence quotidienne sur tous les terrains, sur tous les chantiers et dans toutes les structures de décisions qui me permet de vérifier en continu et en permanence que nous ne sortons pas de cette voie.

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J’ajoute, et qui peut croire le contraire, que ce travail et ces présences qui, pour moi, frôlent les 70 heures par semaine m’apportent aussi de réels plaisirs, avec, par exemple, cette semaine :

  • Un Conseil Municipal « comme je les aime » uni et rassemblé au-delà des différences de chacun(e) de ses membres, en particulier sur le dossier de la sécurité et sur celui du logement,

 

  • Un Conseil de la MEL, à l’image de son Président, qui a vu tous les dossiers avancer « au pas du laboureur »,

 

  • Une journée du refus la misère, le 17 octobre, militante, festive et humaine,

 

  • Une grande et belle « Fête de la sorcière » au Musée de Plein Air avec, sans doute, quelques 15000 visiteurs

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  • Pomexpo sur 2 jours avec ses couleurs, ses odeurs et le sentiment du chemin parcouru dans le domaine du mieux manger et donc du mieux vivre,

 

et, bien sûr, les magnifiques victoires sportives de nos 3 grands clubs villeneuvois féminins : nos guerrières de l’ESBVA, nos footballeuses du VAFF et nos super nanas du LMRCV…3 victoires accompagnées par celles de l’US Ascq et du VAM en football ainsi que du HBCV en Handball.

 

Rien que du bonheur et rien que des fiertés !

 

En ce lundi 23 octobre 2017, j’aurais pu parler de bien d’autres choses :

  • L’affaire Weinstein et ses répliques
  • La Catalogne « en guerre froide » avec Madrid
  • Les reculs de Daech en Syrie et en Irak
  • Le discours et les démarches européennes d’Emmanuel Macron qui redonnent des couleurs internationales à la France
  • Les poussées populistes qui continuent avec, ce week-end, la victoire d’un nouveau milliardaire en République Tchèque
  • Et je ne dirais rien (par pudeur) du LOSC qui n’en finit pas de couler… match après match.

J’aurais pu, en effet, parler de tout cela et de bien d’autres choses…

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J’ai voulu parler de notre avenir, avec un volontarisme optimiste puisque, quel que soit le niveau où l’on se place, celui de la planète, de l’Europe, de la France, de sa ville ou de sa propre personne, l’avenir dépend de nous et il nous appartient de le rendre possible d’autant que, comme l’a dit François Mitterrand :

 

« Il y a toujours un avenir pour ceux qui pensent à l’avenir ».

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