Carnet n° 474 du 30 octobre 2017

« Le nationalisme c’est la guerre »

 

Toutes celles et ceux qui, comme moi, ont eu l’honneur d’écouter avec ferveur le dernier discours du Président François Mitterrand en janvier 1995 devant le Parlement Européen, un discours interrompu une quinzaine de fois par des salves d’applaudissements et conclu par une ovation de 10 minutes de la part de tout un hémicycle debout, se souviendront « jusqu’à leur dernier souffle » de ces mots prononcés avec force :

 

« Le nationalisme c’est la guerre ! »

 

C’est cette réalité funeste qui a déchiré tant de fois le monde et l’Europe, une réalité, le nationalisme, (qui n’a d’ailleurs rien à voir avec le patriotisme, la patrie, sa patrie et l’amour qu’on peut lui porter), c’est cette réalité funeste, oui, qui a toujours mobilisé les Européens militants dont je suis depuis Victor Hugo qu’on a pu appeler « le grand père de l’Europe » (qui prédisait en 1867 : « au XXème siècle, il y aura une nation extraordinaire, elle s’appellera l’Europe »), jusqu’à ce jour, François Mitterrand en passant par ses pères fondateurs (Messieurs De Gasperi, R Schuman, J Monnet, et K Adenauer) et par de grands artisans comme Jacques Delors.

 

C’est cette Europe, construite sur les ruines de la Seconde Guerre Mondiale, qui nous a offert 72 ans de Paix Européenne.

 

C’est aussi malheureusement cette Europe, sans doute à cause de ses fautes et de ses erreurs dont celle, gravissime, d’avoir trop oublié ses racines humaines et citoyennes qui nous vaut aujourd’hui des poussées extrémistes et populistes un peu partout sur son territoire, nationalistes (voire pire) pour certaines, régionalistes – indépendantistes pour beaucoup d’autres… Cela me conduit, à cette heure où de sombres nuages apparaissent sur notre continent, à redire que si le nationalisme, c’est la guerre, il en est de même pour les « régionalismes indépendantistes » exacerbés.

 

Les ressorts des nationalismes et des régionalismes indépendantistes sont les mêmes : ils ont tous pour origines de mêmes mythes historiques, de mêmes pulsions racistes et xénophobes, de mêmes égoïsmes et sentiments de supériorité et, bien sûr, de mêmes envies de pouvoir.

Ils ne peuvent mener qu’à de mêmes violences et guerres et pour ce qui concerne notre continent européen qu’à de mêmes fissures d’abord et explosions ensuite…

 

C’est pourquoi, je le redis avec force ce matin, si les décentralisations régionales et locales sont des nécessités pour rapprocher les décideurs des citoyens en laissant à l’État Nation ses fonctions régaliennes et son rôle à jouer au niveau du monde et des grands ensembles (dont, bien sûr, l’Union Européenne), personne ne peut nier que l’éclatement des États conduirait aux pires désordres et conflits dont certains furent d’ailleurs à l’origine de la première guerre européenne mondiale (dont on commémorera le centième anniversaire de l’armistice, à défaut de véritable fin dans un an, le 11 novembre 2018).

 

Et n’oublions jamais les idéologies qui, la plupart du temps, les sous-tendent comme nous le rappelle le tristement célèbre Charles Mauras qui opposait les États Nations aux provinces : « le « pays légal » (le régime Républicain), ses administrations décentralisées, ses partis politiques et ses institutions démocratiques constituent un masque grotesque, tyrannique et inefficace qui est superposé au pays réel qui travaille et qui vit ».

 

C’est ce que Pétain a tenté de défaire et de faire avec sa « (contre)-révolution nationale »,

c’est ce que des mouvements régionalistes ont multiplié aux 4 coins de l’Europe entre 1939 et 1945 en s’alliant aux nazis (dont le PNB, Parti National Breton, qui s’exila chez Hitler dès septembre 1939).

Et je pourrais en allonger la liste… en notant leurs fondamentaux communs anti-Républicains, racistes et antisémites…

 

Certes, la Catalogne n’en est pas là. Ce serait faire un procès indigne et inique à cette grande région républicaine Espagnole qui s’est illustrée dans sa bataille contre les hordes franquistes… que de dire le contraire,

mais on a aujourd’hui en Espagne un risque historique grave pour l’Espagne d’abord (et donc pour la Catalogne) et pour l’Europe très vite ensuite.

 

C’est ce qu’à dit très justement Manuel Valls, catalan né à Barcelone en 1962 avant d’être naturalisé français en 1982, en des termes que j’approuve sans l’ombre d’une réserve !

 

Puisse le bon sens, d’abord, et la Démocratie l’emporter grâce à des élections libres pour une issue qui, tout en renforçant les éléments d’une décentralisation positive, n’aboutirait pas à un champ de ruines préjudiciables pour tous !

 

« Les agitateurs de tous poils » (dont les nostalgiques de Franco) ont aujourd’hui l’œil fixé sur Barcelone et la «babine» humide de gourmandise…

 

Heureusement, il faut le dire : à ce jour, le monde politique et la communauté internationale ont plutôt bien réagi.

 

Que dire de plus à la veille du 1er novembre et au lendemain du changement d’heure ?

  • Le périple guyanais du Président Macron dont « il s’est plutôt bien tiré »,
  • L’enquête sur les financements Libyens de campagnes électorales françaises passées…,
  • L’assassinat de Kennedy, le 22 novembre 1963, et les quelques « nouvelles révélations » issues d’archives enfin ouvertes,
  • Les risques d’attentats presque quotidiennement déjoués,
  • Un ancien nazi de 96 ans enfin jugé ?
  • Le retour discret de Barak Obama sur la scène politique,
  • L’affaire Weinstein et son onde de choc… qui permet une nouvelle fois une «une» de la Voix du Nord » (c’est la 3ème fois, (de mémoire), que cela arrive à l’intéressée depuis quelques années…),
  • Sans oublier, plus près de nous, une nouvelle défaite du LOSC ce dimanche soir « à Lille » après, heureusement, un après midi festif à Asnapio… « à Villeneuve d’Ascq »
  • Sans oublier, non plus, l’aveu d’échec de Jean Luc Mélenchon qui reconnaît que « Macron a le point » (sic) comme quoi, il ne suffit pas d’enlever sa cravate, de vouloir faire enlever le drapeau européen et de faire de grands gestes pour gagner une bataille…

Somme toute, espérons-le, comme a dit M. Jean de la Fontaine, en conclusion d’une de ses fables :

 

« Cette leçon vaut bien un fromage… »…

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