​Carnet n° 475 du 6 novembre 2017

A chacun son horizon !

 

En ce 6 novembre 2017, il suffit de se rappeler qu’en ce même jour, en 1792 à Jemmapes, les Français battaient les Autrichiens, que le 6 novembre 1956, avec la désastreuse opération franco-britannique sur le canal de Suez, s’achevait l’ère coloniale dite de « la canonnière »,

et surtout, qu’il y a 100 ans, dans la nuit du 6 au 7, Lénine et les bolcheviques lançaient ce qu’on a appelé « la Révolution d’octobre »,

il suffit en effet de se rappeler ces quelques dates, à rajouter à quelques autres de la semaine écoulée, dont le 1er novembre 1954 qui marque le début de la guerre d’Algérie et le 4 novembre 1995 qui mis fin au processus de Paix avec l’assassinat d’Itzhak Rabin, Premier Ministre d’Israël,

pour bien mesurer que chacun, individu, responsable politique, pays ou Nation, a son propre horizon.

Pour qui concerne chaque individu, homme ou femme, le jeune le voit à l’infini, le vieux le sent tout proche comme au soleil couchant, il est la guérison espérée du malade, la retraite attendue pour le salarié, le début de la vie professionnelle pour qui arrive en fin de formation, et, bien sûr, la prochaine échéance électorale pour tout homme et toute femme politique « qui se respecte (selon la formule consacrée) ».

Arrivé aujourd’hui à l’automne de ma vie (sinon plus) j’ai connu tous ces horizons et même quelques autres que je préfère ne pas me rappeler.

Mais il est vrai que cette première semaine de novembre se prête chaque année à cette posture qui titra un roman célèbre de Maurice Constantin Weyer : « Un homme se penche sur son passé »,

tellement il est vrai que « les larmes du passé fécondent l’avenir » (Alfred de Musset) et donc façonnent notre horizon à chaque instant de notre vie.

C’est aussi pourquoi j’avais espéré et voulu que cette semaine écoulée me permette de retrouver pleinement « calme et sérénité »…

Un timide mais réel soleil et une douceur de l’air inattendue y auront contribué afin de pouvoir maintenant mieux regarder en face, comme en pleine lumière, mes horizons d’homme privé et d’homme public, bien décidé à vivre pleinement les 10, 15 ou 20 ans qui me restent et à continuer le plus longtemps possible à rester utile aux autres sans sombrer dans une oisiveté mortifère.

Il faut dire que le travail ne manque pas pour qui, comme moi, a encore la santé, de l’énergie « à revendre », des valeurs intactes et des projets solides.

 

A Villeneuve d’Ascq bien sûr, « une ville en mouvement » qui l’a encore montré durant le dernier week-end au Musée du Terroir, à la Ferme d’en Haut, à l’Espace Concorde et dans les sites sportifs avec les belles victoires de nos guerrières de l’ESBVA, de nos footballeuses du VAFF, de nos rugbywomen du LMRCV (carton plein) mais aussi de nos jeunes guerriers du HBCV (sans oublier les matches nuls de l’US Ascq et du VAM).

Au niveau national où, plus que jamais, personne n’est de trop, sans sectarisme et dans un esprit de rassemblement, pour améliorer le sort des plus fragiles et des plus modestes en ramenant à la raison les idéologues de droite comme de gauche « sûrs d’eux et dominateurs », prêts à tout au risque de tout casser…

Je reste persuadé, même si ce n’est pas dans l’air du temps que notre pays à besoin d’un solide et moderne pôle social-démocrate.

Puisse une majorité de militants et d’élus de ce qui reste du Parti socialiste de François Mitterrand s’y retrouver et retrousser leurs manches, avec bien d’autres forces aujourd’hui émiettées depuis une gauche sans doute plus rigide jusqu’à un centre réaliste en passant par la fraction intelligente de la mouvance écologique.

Entre des « marcheurs macronistes » et des gauchistes insoumis qui commencent à mesurer, la relativité des discours face à la réalité des faits, (« l’excès de langage est un procédé coutumier à celui qui veut faire diversion » : François Mitterrand),

Entre ces 2 pôles qui commencent à pâlir, un nouveau pôle doit renaître qui s’appelait « parti socialiste », solide sur ses valeurs et déterminé à rompre avec ses déviances qui l’ont conduit là où il est aujourd’hui.

Et je veux dire à ce stade ma colère quand j’entends, depuis Marrakech au Maroc, un certain DSK dire qu’il faut enterrer le PS lui qui, « par ses folies », donna un des premiers coups de pelles pour creuser sa tombe … un certain 14 mars 2011 au Sofitel de Manhattan…

Si les Français (dit-on) ont la mémoire courte, moi pas !

Je dis toujours, (comme ma grand-mère se plaisait à le répéter), que « si je ne suis pas rancunier, je n’oublie pas et je ne pardonne pas ».

C’est vrai, en l’occurrence, pour DSK mais aussi pour François Hollande, et, géographiquement plus près de nous, pour Pierre Mauroy, Gilles Pargneaux et consorts…. sans oublier ceux des socialistes villeneuvois, qui de manière active ou passive, ont voulu ma peau après 2002 pour mieux sans doute redorer la leur.

Entre un vrai concurrent, voire adversaire avec qui on peut discuter et trouver les bases d’un accord respectueux de nos différences et un faux ami prêt à trahir à la première occasion, pour moi, « il n’y a pas photo…. » (qu’on se le dise !…).

Au niveau Européen, je veux saluer à nouveau la démarche politique européenne d’Emmanuel Macron qui, tout simplement, me convient et me féliciter aussi du coup d’arrêt donné en Catalogne aux forces centrifuges… même si j’espère que l’État espagnol n’abusera pas « des points, par lui, marqués » (comme a dit JL Mélenchon à propos du Président Macron)…

Aujourd’hui les dirigeants indépendantistes font « pâle figure »… mais n’oublions pas les rêves et les espoirs légitimes d’une bonne partie du peuple de Catalogne qu’on ne peut balayer d’un revers de la main doublé de coups de mentons judiciaires et policiers…

Quant au monde et à notre planète pour terminer, l’horizon reste bien sombre avec Donald Trump aux États Unis, ses tweets et ses goûts de shérif d’un autre temps, un Poutine qui s’inscrit dans les déviances bolcheviques, un Moyen Orient qui reste explosif, une Chine pétrie de contradictions, une violence latente et permanente sur tous les continents, un terrorisme tapi et masqué par des religions.

Je veux citer à ce propos le Dalaï-lama :

« La religion ne transforme pas les hommes en criminels. Ce sont les criminels qui utilisent la religion comme alibi à leur soif de pouvoir ! »

Oui l’horizon est bien sombre et j’ajouterai surtout pour ce qui est de la survie même de l’espèce humaine quand on mesure notre incapacité collective à freiner tout ce qui concourt à notre fin dans tous les domaines de l’environnement….

L’horizon, oui, et les horizons qui soulignent l’infini, l’horizon, somme toute, comme l’indique tout bon dictionnaire qui est « une ligne circulaire dont l’observateur est le centre où le ciel et la terre (ou la mer) semblent se confondre ».

Chaque « observateur » que chacun(e) d’entre nous sommes… a donc, sur tous les plans et dans tous les domaines, ses propres horizons…

J’ai voulu, en ce 6 novembre 2017, décrire les miens… peut être avec un peu d’excès d’optimisme ou de pessimisme selon chacun d’entre eux… mais je suis ainsi fait…