Carnet n° 485 du 15 janvier 2018

« L’essentiel est sans cesse menacé par l’insignifiant »

 

Ce constat si bien résumé en 7 mots par René Char, qui peut dire qu’il ne l’a jamais fait ? Que ce soit dans sa vie privée ou dans la vie publique…

 

Au niveau du privé, la vie se charge de nous le rappeler souvent durement…

Au niveau public, « l’info en continu » et les réseaux « dits sociaux » nous l’illustrent chaque jour.

Au niveau des élus, y compris locaux, et des citoyens, chaque jour nous en fournit des illustrations souvent très peu agréables (pour les élus).

 

Ainsi va la vie et l’évolution sociétale qui convergent de manière pour le moins préoccupante quand on sait la fragilité du monde, de nos Démocraties et donc de nos valeurs, face aux violences, aux intégrismes de tous poils et aux périls environnementaux.

 

Au niveau de la vie, j’en fais aujourd’hui l’expérience faute d’avoir su faire le nécessaire à temps en décembre et de m’être cru « un chêne indéracinable »…

Le résultat fut hier mon absence pour prononcer mon discours de vœux 2018 adressé à Villeneuve d’Ascq et aux Villeneuvois(e)s.

 

C’est la première fois que cela m’arrive et je ne peux pas dire que je l’ai bien vécu, même si j’avais pu écrire mon discours jeudi et si grâce à une belle équipe autour de Maryvonne Girard, ma Première Adjointe, et de Marie Christine Huguet, notre Directrice Générale des Services, nous avons pu nous adapter, réussir cet événement majeur dans la vie d’une ville et montrer à chacun(e) que s’il y a un Maire, il y a aussi une équipe capable de faire face à tous les imprévus.

 

J’ai, bien sûr, suivi de loin et de près à la fois toute la manifestation où, à côté des élu(e)s villeneuvois(e)s, il y avait beaucoup d’élu(e)s ami(e)s, au premier rang desquels Damien Castelain, Président de la Mel et Patrick Kanner, Sénateur.

 

Beaucoup de représentant(e)s de nos forces vives villeneuvoises avaient répondu à notre invitation pour 2 heures chaleureuses et conviviales comme chaque année à l’Hôtel de Ville au début janvier…

Il ne manquait donc rien à sa réussite si ce n’est pour certain(e)s ma présence…

Faute de m’être soigné suffisamment à temps et pour avoir toujours voulu assurer l’ensemble de mes obligations tout au long du mois de décembre, je serai contraint au moins en janvier de faire un peu plus attention à moi et de répondre mieux aux exigences médicales pour régler définitivement les séquelles de phénomènes infectieux.

 

Cela ne m’empêchera pas bien sûr de travailler (le carnet de ce jour en est un exemple) sur l’ensemble des dossiers villeneuvois avec mes collègues et les services.

« L’essentiel est sans cesse menacé par l’insignifiant », dans nos vies privées disais-je… mais sur la scène publique c’est pire…

 

Il est de plus en plus difficile, voire même parfois impossible, pour un(e) décideur élu(e) pour cela de prendre des décisions avec le temps nécessaire à leur préparation, un minimum de sérénité pour y travailler et sans être menacé par une horde d’adversaires ou de faux amis tout de suite « prêts à en découdre » sur la forme surtout et à travers des détails souvent insignifiants.

Si, d’ailleurs, j’avais à refaire une vie consacrée essentiellement au service de mes concitoyens, « j’y regarderais à deux fois »… Heureusement, c’est une question qui ne se pose jamais, ce qui me conduit à souhaiter, tout simplement, que ces décennies que j’aurai consacrées à mes concitoyens, mes idées et mes valeurs auront eu une « certaine utilité ».

 

Le Président Macron va bientôt en faire l’expérience en particulier sur le dossier de Notre-Dame-des-Landes mais aussi sur les mesures de sécurité à prendre, le réalisme nécessaire dans le dossier des migrants… et quelques autres… (par exemple sa promesse électorale de recréer un service militaire…).

Il verra que l’apparence ne fait pas tout et que « l’habileté » ne règle pas tout.

La semaine écoulée a été dominée par « l’affaire Lactalis » qui n’est que la partie visible de la situation du circuit alimentaire dans la quasi-totalité de nos pays.

C’est une affaire insupportable et gravissime pour de multiples raisons sur lesquelles je ne reviens pas aujourd’hui… Mais nous en connaîtrons de pires.

Il y a eu et il y a aussi la révolte justifiée des gardiens de prisons confrontés à des risques de plus en plus grands tout comme leurs collègues policiers, (nationaux et municipaux), gendarmes, militaires, pompiers et secouristes…

La violence est partout. Nos concitoyens la dénonce sans toutefois bien accepter les mesures à prendre y compris budgétaires…

 

« Plus légèrement », on assiste au sein de ce qui reste du PS à un « débat » (que je ne qualifierai pas) entre les prétendants à la direction de « la vieille maison ».

Je le résumerai avec tristesse (pour ne pas dire pire) par une citation de John Petit-Senn :

« Les amitiés politiques sont souvent des haines en commun ».

C’est vrai au PS mais c’est vrai dans tous les autres partis y compris à la REM de M. Macron, chez Mélenchon, chez les LR et les extrêmes droites.

Cela me désole….

Arrivé à ce stade et après tout ce que je viens d’écrire en termes privés et publics, je serais en droit de m’interroger sur la question de continuer ou non à vivre la vie que je vis depuis des décennies.

Ma réponse à ce jour est parfaitement résumée par José Balmas, un militant et artiste chilien né espagnol :

« Si ce n’est pas moi qui agis, alors qui ? Si ce n’est pas maintenant, alors quand ? ».