Carnet n° 491 du 26 février 2017

Un Déjeuner Républicain

 

Il y avait très très longtemps que je n’avais pas été invité à un Déjeuner Républicain en Préfecture de Lille à l’occasion d’une visite Présidentielle ou d’un Premier Ministre, la dernière remontant à l’époque où François Mitterrand était Président, il y a donc plus de 20 ans…

Il est vrai que « je ne suis que Maire » et que ce mandat ne figure pas dans les sommets du protocole de notre République sans compter que sous Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et même François Hollande je ne fus (pas plus qu’aujourd’hui) ni « câlinable » ni « courtisable »…

Ce fût donc, vendredi dernier, entre un Bureau de la MEL et un Conseil que j’arrivais dans l’antichambre du grand salon où attendaient déjà le Premier Ministre, quelques Ministres, les Présidents de la Région, du Département et de la MEL, la Maire de Lille, des parlementaires et sans doute quelques hauts fonctionnaires, tous accueillis par un Préfet dont chacun connaît le tempérament et le caractère chaleureux.

 

Après donc cette introduction qui permet à chacun de se saluer, une coupe à la main, on se retrouve autour d’une grande table ovale, placés selon un protocole « tiré au couteau » devant un menu à la fois léger, bon et rapide. Visites officielles multiples obligent.

Si la disposition permet de n’échanger qu’avec ses 2 voisins de côté et ses 2 ou 3 voisins d’en face, sans vraiment pouvoir entendre les échanges avec le Premier Ministre, une photo aurait valu la peine d’être prise, qui aurait donné une image « significative » de la France politique sous le règne d’Emmanuel Macron.

 

Devant un Premier Ministre, (venu de la droite LR), des Ministres (venus du PS, des LR ou d’ailleurs), dont le Ministre de l’Éducation, le Ministre de l’Intérieur et bien sûr « l’incontournable » Gérald Darmanin, sans oublier Martine Aubry (longtemps en grande discussion avec Édouard Philippe), des parlementaires de tous bords, dont Gilles Pargneaux ( député qui, au lieu de se faire photographier lors d’une manifestation devant le commissariat de Lille pour y défendre le circuit moto de Lezennes, aurait pu « en toucher deux mots » à Gérard Collomb, mais c’est sûrement un « grand timide » hors de la présence des caméras…) placé en face de moi ( assis entre deux bords ), et Hugo Bernalicis, que j’ai enfin pu saluer, car assis presqu’en face de moi, sans oublier quelques Maires dont celui de Dunkerque placé à côté de moi.

Au demeurant, entre « jeu de chaises musicales » et « personnages masqués » à l’heure des carnavals, le spectacle était intéressant pour le modeste et simple observateur de la vie politique que je suis devenu et finalement l’atmosphère était sereine, ce qui était plutôt réconfortant à l’heure des excès de langage de M. Wauquiez.

Une image de la République qui, somme toute, me rassure un peu tout en me faisant sourire…

 

Un Repas Républicain au cœur d’une journée MEL durant laquelle je fis adopter à l’unanimité « un fond de concours pour les écoles », durant laquelle aussi fut décidé d’un nouveau siège pour la MEL à la quasi unanimité, un Conseil MEL bien maîtrisé par son Président même si une « fissure » (comme on dit) est apparue entre ce qui reste de la droite LR et le reste de sa large majorité lors de l’élection d’un nouveau Vice-Président.

Au détour d’une question et après la réponse d’un Vice-Président qui était revenu, à sa manière, sur le Grand Stade et les conditions de sa décision le 1er Février 2008, (et ce n’était pas la première fois), j’ai dû et j’ai pu rappeler que je ne l’avais pas voté (étant d’ailleurs, à l’époque sous Pierre Mauroy, quasiment le seul membre du Conseil de Lille Métropole « non membre de la majorité »), en raison de certaines conditions du PPP (partenariat public privé) qui fait trop porter, à mon sens, les risques financiers sur la collectivité publique, de problèmes « d’insertion » dans le quartier de l’Hôtel de Ville et de moyens pour Villeneuve d’Ascq d’y faire face, et de doutes sur les activités possibles hors des matches du LOSC.

 

Heureusement, si je me suis trompé sur ce dernier point grâce aux dynamismes conjugués de Martine Aubry et de Damien Castelain, de la qualité de l’outil « Stade Pierre Mauroy » et des conditions d’accueil sur Villeneuve d’Ascq, (que nous avons pu, ensemble et grâce à eux, améliorer), pour ce qui sera des conséquences financières pour la MEL d’une descente du LOSC en 2ème division, mes inquiétudes sont aujourd’hui renforcées, même si je n’imaginais pas en 2008 une chute aussi brutale.. à peine 10 ans après.

 

Somme toute, un bon Conseil de la MEL, ce vendredi 23 février 2018,

après un Conseil Municipal, le mardi 20, consacré au débat d’orientation budgétaire (DOB sur le ROB) où j’avais fait le choix de ne pas évoquer « le procès infamant qui m’est fait par la benjamine LR sans doute « wauquiériste » et ce, pour ne pas polluer un débat sur la situation budgétaire remarquable de notre Ville malgré les coups que continuent à porter contre les communes le Président Macron et son gouvernement (avec un Gérald Darmanin « aux boutons » sinon « aux manettes »).

Cela a dû perturber la droite LR si j’en juge par la pauvreté et la légèreté confuse de son intervention dans le débat.

Peut être avaient-ils imaginé de ma part une colère (d’ailleurs plus que légitime) qui leur aurait servi, une nouvelle fois, de prétexte pour sortir et donc pour n’avoir rien à dire…

 

On s’oriente vers le vote à une très large majorité de notre budget 2018 car je n’imagine pas certains membres de la majorité, même décidés à être ou à faire campagne sur ou pour une autre liste en 2020, rompre sur un tel document qui est la preuve de la qualité de notre gestion !

Pour autant, il faudra bien qu’ils se déterminent rapidement et sans attendre 2019.

Qu’on compte sur moi pour les y aider, sachant ce que je pense, comme François Mitterrand qui a dit : « La clarté est la forme la plus difficile du courage ».

Je le ferai donc sans aucune agressivité, convaincu, qu’en démocratie, chacun est libre d’être candidat avec qui il veut… à condition de ne pas essayer de « gagner sur les deux tableaux », et étant aussi d’accord avec le même François Mitterrand quand il nous dit :

« Dans la vie politique il faut être offensif. Si on se défend, on a déjà perdu ».

 

Avec l’inauguration du nouveau Bureau de Poste d’Annappes après sa rénovation, la pose « d’une première pierre » originale d’une « Maison Universelle » au service des citoyens porteurs d’un handicap dont on sait que l’insertion dans notre Ville est pour moi un sujet de fierté humaine, une nouvelle exposition au LAM, des dizaines d’heures de courriers, de mails et de dossiers au service de mes concitoyens, on mesure que cette semaine écoulée fut encore bien remplie.

Cette façon de gérer ma vie publique (que je ne qualifierai pas «d’être de la politique », en pensant à M. Wauquiez, mais pas qu’à lui) qui m’a fait  me remémorer ces mots de François Mitterrand (toujours lui) : « La dictature des micros est aussi celle des idiots ».

 

Si j’ajoute à tout cela l’annonce de froid (que l’on qualifie stupidement de sibérien) en ce début de semaine dans le style médiatique du « Jour d’après », (on a pourtant déjà connu pire un 26 février), et un Emmanuel Macron sifflé au Salon de l’Agriculture, les temps de glace arrivent-ils aussi pour lui ?… Même si je ne l’approuve dans sa manière d’interpeller un siffleur !

Oui, vraiment, il est temps de retrouver le sens de la raison, de la politesse et du respect, en n’oubliant pas, qu’en ce mois de février 2018, si chacun peut avoir des raisons légitimes d’être inquiet ou mécontent (des raisons de voisinage, de travaux, familiales ou de revenus etc…) surtout quand « les médias à jets continus » nous rajoutent tous les 20 minutes « une dose de stress »…,

en Syrie cette semaine, plus de 500 civils, enfants, femmes et hommes ont été tués (voire gazés) nous dit-on par l’armée Syrienne,

et je ne parle pas des SDF dans le froid et des réfugiés politiques en déshérence…

 

Je terminerai maintenant ce 491ème carnet par une dernière citation de François Mitterrand : « Dans la vie, il faut essayer d’aménager les cycles qui vont de la lassitude à l’enthousiasme ».

 

J’essaie… Mais c’est de plus en plus dur.