Carnet n° 499 du 23 avril 2018

Deux conseils en forme de citations pour notre Président !

 

  • Parce qu’il est notre Président de la République, qu’il a été élu pour cela par une majorité de Françaises et de Français et qu’en toutes Démocraties un(e) élu(e) a la légitimité que lui confère son élection,
  • Parce que j’ai voté pour lui, comme beaucoup, non pas pour son programme, mais surtout pour éviter Madame Le Pen,
  • Parce que je connaissais trop bien Messieurs Mélenchon et Hamon dans leurs parcours chaotiques dans et hors du PS pour avoir un véritable espoir qu’avec eux, ce serait mieux…
  • Parce que M. Macron, notre Président, est habile, et je dirai d’une habileté rare, sans doute à cause de sa formation à l’ENA, son expérience d’inspecteur des Finances et surtout de banquier chez Rothschild, son passage au MDC de Jean Pierre Chevènement, puis au PS, ses 2 ans au cabinet du Président Hollande puis à ses côtés comme Ministre des finances, de l’industrie et du numérique durant 2 autres années, une habileté qui lui a permis de faire oublier ce passé et sa part d’erreurs pour apparaître comme « l’Homme du changement » du haut de ses 39 ans,
  • Parce qu’il a un bon discours européen à défaut de trouver (et d’avoir) les moyens de le traduire en quelques réalités que ce soit, malgré une conjoncture politique européenne qui lui a été plutôt favorable,
  • Parce qu’enfin « il faudra faire avec » jusqu’en 2022, que cela plaise ou non …

 

Même si M. Macron est, sans conteste, d’abord « le Président des très riches » et l’ami des patrons du CAC 40 qu’il a, d’entrée, « amplement dotés »… alors que tous les autres Français(es), y compris les plus pauvres, ont été mis largement à contribution (je n’égrènerai pas, une nouvelle fois, la litanie des mesures prises dans ce sens et assumées par lui et par son Premier Ministre avec une certaine arrogance, la dernière en date portant sur le livret A d’épargne…),

s’il est aussi, sur la scène internationale, « un curieux et amical » partenaire de Donald Trump qu’il honore en tout lieu de sa maîtrise de l’anglais alors que tout Chef d’État se doit de s’exprimer dans sa langue nationale, une curieuse « complicité » que le Président des États-Unis lui rend bien (sauf quand les intérêts américains sont en jeu),

et si enfin il rêve d’être le « Madame Thatcher » français qui, comme elle, laminera les services publics et les syndicats « au nom d’un chacun pour soi contre tous les droits et devoirs collectifs » (celles et ceux qui, comme moi, connaissent bien la Grande-Bretagne, voire, à moindre dose, l’Allemagne, savent depuis longtemps ce que signifie pour les citoyen(ne)s un taux de chômage faible grâce à « l’envolée des travailleurs pauvres »).

Somme toute, et les socialistes qui ont rejoint « En Marche » devraient le reconnaître, le « chacun pour soi » c’est la formule « soft » et modernisée de « la loi du plus fort » au nom d’une liberté à l’image du « renard libre dans un poulailler libre », une formule attribuée au départ à Henri Lacordaire et largement reprise depuis, Henri Lacordaire à qui on doit aussi au XIX ème siècle :

« Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit ».

Près de 2 siècles plus tard, il serait bon que certains s’en souviennent quand on voit les salaires des patrons du CAC 40 qui approchent et dépassent, en moyenne, les 10 millions d’euros, le blocage effectif du SMIC et des salaires des fonctionnaires, la qualification de « privilégiés » des retraités à plus de 1200 € par mois, le livret A bientôt à 0,5% d’intérêt, la fin de l’I.S.F. des très riches, … sans oublier les hausses de taxes et de tarifs qui frappent les citoyens les plus modestes.

Oui donc, Mesdames et Messieurs, « mes chères lectrices et chers lecteurs », que vous soyez d’accord ou non avec mes analyses, vous apprécierez peut être les deux citations suivantes en forme de conseils à l’attention du Président Macron, de son gouvernement et de ses supporters, en particulier venus de la gauche socialiste :

L’une est d’un certain Ludovic Hubert :

« Tu es maître de ton bateau, pas du vent »

L’autre est un proverbe chinois encore plus et mieux adapté :

« Tes yeux peuvent voir les étoiles, mais ils ignorent ton nez parce qu’il est trop près ».

C’est sans doute pour cela que « les princes qui nous gouvernent » ignorent la vie quotidienne des citoyens, trop proches…, pour rêver aux Amériques, aux aventures militaires, aux prémices d’une nouvelle guerre froide et aux manœuvres diverses chères aux princes et chef militaires du temps de la royauté, à l’URSS et à la Chine d’hier, à la Russie éternelle de M. Poutine et au renouveau de l’empire Ottoman de M. Erdogan… et je n’oublie pas des égyptiens antiques qui depuis les pyramides « se noyaient » dans les étoiles.

Voilà donc ce que « nous avons gagné » en mai et juin 2017.

Peut être qu’avec M. Fillon cela aurait été pire et sans doute bien pire avec Mme Le Pen.

On aurait sûrement revécu une partie de l’aventure castriste avec M. Mélenchon et flirté avec le « mollétisme » avec M. Hamon. On ne le saura jamais…

Mais pour ce qui me concerne, je suis heureux et fier d’être resté à ma place, avec mes idées et mes valeurs de social-démocrate assumées même si, en ce moment, ce n’est plus vraiment « à la mode », nulle part, ou presque.

Au demeurant la politique, c’est comme la météo, le vent et les saisons… ça change vite !

On l’a vu la semaine dernière où on est passé en quelques heures de l’hiver à l’été (comme le disaient déjà ma grand-mère et nos anciens : « y a plus de saisons… »).

On l’a vu en politique en 2016 quand tous les paris portaient sur Mme Le Pen et M. Fillon avant de frôler M. Juppé et de faire émerger M. Mélenchon en 2017.

On l’avait vu en mai 68 avec un début de « révolution » suivi dès juin d’un raz-de-marée Gaulliste suivi lui même, 10 mois plus tard, du départ du Général de Gaulle.

« Ce ne sont pas les girouettes qui tournent mais le vent » et comme le dérèglement climatique, le dérèglement politico-médiatique « tourne et souffle » de plus en plus vite et de plus en plus fort…

Comme l’avait dit Confucius qui nous avait donné le conseil suivant :

« Se préparer au pire, espérer le meilleur (et surtout) savoir prendre ce qui vient ».

C’est ce que je fais à Villeneuve d’Ascq en rappelant à celles et ceux qui misent sur mon départ de la scène Villeneuvoise pour se préparer à ce qu’elles et ils considèrent comme « une bonne place », qu’être Maire c’est travailler 70 heures par semaine en se privant de week-end, de vacances et souvent « d’une vie normale ».

C’est ce que je fais au quotidien sur tous nos dossiers et très souvent aux 4 coins d’une ville qui bouillonne et qui rayonne : « une ville en mouvement ».

C’est ce que je fais dans un esprit de rassemblement hors des manœuvres et magouilles politiciennes où, pour exister, il faut privilégier la forme sur le fond et la phrase assassine bien médiatique sur « le discours construit » honnête, ambitieux pour la ville et réaliste à la fois…

Durant la semaine écoulée, les braderies, les fêtes, les compétitions sportives, nos aînés de sortie, nos parcs noirs de monde et nos Musées nous l’ont rappelé.

 

 

 

 

 

 

 

 

Tout comme a été rappelé le drame d’Ouvéa, il y a 30 ans, quand 4 de nos gendarmes villeneuvois ont été lâchement assassinés.

Cette semaine, enfin, a vu l’annonce au LAM de la prochaine exposition en 2019 de la collection d’Alberto Giacometti, le LAM où j’ai pu noter que, sur la plaque de marbre noire commémorative de son inauguration le 21 mai 1983, j’étais le seul « survivant ».

 

 

 

 

 

 

« Le temps s’en va, le temps s’en va… las le temps non, mais nous nous en allons »

Le tout pour chacun est de partir avec le sentiment d’une vie réussie et bien remplie… voire d’une vie heureuse… et ça c’est une autre histoire.

Ce qui me vaut un dernier conseil à Emmanuel Macron :

« C’est plus facile d’être « un jeune émoulu » que « d’assurer » avec le temps qui passe et donc plus facile d’avoir du « génie » brièvement que du talent pendant longtemps … ».