Carnet n° 500 du 30 avril 2018

« Emmanuel en Amérique »

 

Je ne suis pas prêt d’oublier ces 3 jours passés en Amérique cette semaine par Emmanuel Macron et son épouse auprès de Donald Trump et son épouse et le triste spectacle qui nous a été imposé.

Non seulement on n’a parlé que de cela dans presque tous les médias et en particulier sur toutes les chaînes télés « à jets continus », mais on a atteint un tel niveau caricatural que cela m’a fait repenser d’abord bien sûr à un film de 1965 avec Louis de Funès, « Le gendarme à New York » et surtout au troisième album de la série de Hergé, pré-publié en 1931 sous le titre : « Tintin en Amérique ».

Cet album qui, nous dit-on, restera l’album de Tintin le plus vendu au monde et ainsi résumé : « Dans Tintin en Amérique, le héros confirme sa vocation de redresseur de tord en s’opposant aux mafiosi et aux gangsters de tout acabit ».

Certaines images, qui ont tourné « en boucle », nous faisaient penser à un autre couple célèbre, « Laurel et Hardy », duo comique constitué en 1927, une confirmation nous a été donnée de la « véracité » d’une pensée d’Albert Einstein : « La distinction entre le passé, le présent et l’avenir n’est qu’une illusion ».

Mais franchement, si cette pensée d’Albert Einstein n’a jamais cessé de me « tarauder l’esprit », tant elle est pour moi une des clés de la réalité de l’Univers et donc de la vie, quand elle est appliquée à la politique et à ses pantalonnades, cela me désespère…

Comment et pourquoi un Président de la République française a-t-il osé s’y prêter et tout cela, en plus, sans revenir des Amériques avec la moindre avancée ni ouverture de M. Trump sur le dossier du nucléaire en Iran, les droits de douanes sur les importations européennes et sur l’accord de Paris en matière de lutte contre le dérèglement climatique ?

A côté de notre Président et à côté de Donald Trump (ce dernier ayant d’ailleurs montré, à cette occasion, son habileté politique), les Présidents de la Corée du Sud et de la Corée du Nord qui se sont retrouvés après des décennies de tensions armées et des mois récents de menaces guerrières nucléaires ont réussi à faire passer « une image de sérieux »… Malgré une mise en scène chère au leader communiste du Nord.

Oui vraiment, cela m’a désespéré pour mon pays la France et pour l’Europe … Et comme l’a si bien chanté Michel Sardou à propos de « Lénine », je dirai à mon tour « Vous Charles De Gaulle, vous François Mitterrand et vous Jacques Chirac, vous nos anciens et grands Présidents, RELEVEZ VOUS, … ils sont devenus fous ».

J’ajoute enfin que lorsqu’un Président de la République française s’amuse ainsi sur tous les plans et en tous lieux « à se caricaturer », de « Martine à l’école » à « Martine et le Prince mystérieux » en passant cette semaine par « Le gendarme à New York » et « Tintin en Amérique », il ne doit pas ensuite s’étonner de se voir à son tour caricaturé par d’autres auteurs moins complaisants sur les réseaux d’une manière parfois irrespectueuse que personnellement je regrette.

Mais, « A force de jouer avec le feu, on se brûle » et « Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse ».

Le bon sens populaire est là pour le lui rappeler par des expressions, des fables, des films et des écrits.

Si j’étais « un politicien classique », je dirais que c’est « tant mieux ». Comme je suis simplement un citoyen je dirai plutôt « tant pis ».

Puissent donc notre Président de la République et son gouvernement, à propos duquel les commentateurs politiques ont pu dire cette semaine qu’il est « un gouvernement de méconnus et de mal-aimés » rejeté, en effet, dans les sondages par une majorité de citoyens, puissent-ils donc s’en rendre compte, changer de style, abandonner leurs arrogances et s’occuper enfin de tous les Français(es) au-delà de la sphère des « très riches ».

A la veille du 1er mai, « Journée internationale des travailleurs », et « fête du Travail », puisse celui qui fut un des principaux conseillers du Président socialiste François Hollande avant de devenir son Ministre de l’Économie dans un gouvernement « étiqueté socialiste »…, puisse-t-il peut-être se souvenir de ce qu’il a été il n’y a pas si longtemps et de ce qu’il a fait… ou pas fait en ces moments-là.

A 40 ans, on ne devrait pas avoir à ce point de telles pertes de mémoire…

Puisse enfin notre Président faire aussi l’addition des coûts budgétaires générés à terme par certaines de ses décisions, ses non-décisions, et nous dire clairement comment il les équilibrera budgétairement : soit par des hausses d’impôts, de taxes et de tarifs comme il l’a fait depuis plusieurs mois ? Soit par « une casse » aggravée de services publics assortie de reventes accélérées de ce qu’il nous reste d’entreprises publiques ?

Je comprends, pour en avoir vu d’autres avec France Télécom, EDF ou GDF (pour ne citer que quelques exemples) que les syndicats de cheminots puissent ne pas croire aux promesses de non privatisation du transport ferroviaire.

On commence toujours par la transformation en société anonyme, suivie par une ouverture du capital « à hauteur de 10 ou 20% » pour finir par ne conserver qu’une minorité « dite de blocage » de 20 ou 25%.

Oui M. Macron…, oui Mesdames et Messieurs les ministres, oui Mesdames et Messieurs les « marcheurs » y compris ceux venus du PS, oui, « la ficelle est toujours trop grosse » pour qu’on soit et que je sois dupe.

Et si certains ont la mémoire courte… moi pas !

Je le dis et je le répète, même si je suis bien conscient que ma situation et mon âge rendent ma parole quelque peu inaudible au-delà d’un cercle de vrais amis et réels soutiens de toujours accompagnés de lecteurs nombreux de mes carnets hebdomadaires (dont c’est le 500 ème numéro aujourd’hui), comme l’a dit Albert Camus alors qu’il n’avait encore alors qu’une quarantaine d’années :

« N’être plus écouté, c’est cela qui est terrible lorsqu’on devient vieux ».

C’est valable pour bien des parents et grands-parents délaissés par leurs enfants… Ce sera valable aussi pour ces enfants qui, un jour, « seront à leur tour devenus vieux ».

En attendant je le redis au Président Macron et à ses proches : « changez de méthode » !

Il n’est supportable pour personne de s’entendre dire : « Discutons de chaque réforme mais rien ne changera ni sur la forme, ni sur le fond, ni sur le calendrier ».

Somme toute, « circulez, y’a rien à voir ! ».

On n’avait jamais connu cela en France depuis 1945 avec aucun gouvernement.

Avant même la rencontre du Premier Ministre avec les syndicats de la SNCF, sa Ministre Mme Borne (ex directrice générale de la RATP) en a ainsi fixé le cadre : « la réforme est confirmée point par point » (fin de citation).

C’est Olivier Faure, nouveau Premier Secrétaire du PS (qu’on n’entend que trop peu), qui l’a néanmoins dit très justement : « Emmanuel Macron s’écoute plus qu’il n’écoute », et c’est peu dire…

Dans le reste de l’actualité et en vrac…

Luc Ferry qui rejoint Wauquiez : il me déçoit vraiment.

Jean-Louis Borloo qui rend public son plan pour les banlieues, un bon rapport peut-être… le Xème d’une longue série, mais qui, sans doute, n’aura ni les moyens, ni le temps pour porter ses fruits !

A titre de comparaison, il nous a et il m’a fallu 40 ans pour éviter à Villeneuve d’Ascq un sort aussi funeste que bien des villes proches de villes anciennes ont connu, en nous « payant même le luxe » d’être arrivé au moins dans le « Top 4 » de la MEL, voire, je l’espère un jour prochain, dans le « Top 2 » aux côtés de Lille.

Il faut pour cela des rénovations intelligentes et porteuses d’avenir avec un « Centre Ville du 21 ème siècle » qui ne prennent aucun retard. J’y travaille avec acharnement en même temps que je travaille sur la vie quotidienne des Villeneuvois(es) et ce, à raison de plus de 60 heures par semaine, sans oublier toutes les rénovations à terminer et nos services publics à conforter (malgré les baisses de crédits de l’État auquel nous avions et nous avons droit).

J’espère que j’aurai le temps encore et les moyens de rendre irréversible la mise en œuvre de tous ces objectifs.

En attendant, au coude à coude avec Euralille, nous avons les meilleurs chiffres de la MEL en termes d’attractivité et de développement, ce que confirme en matière de demandes de logements, 3 demandes pour une offre de location et au moins 10 demandes crédibles pour chaque mise en vente.

C’est « le prix de la réussite », un prix lourd à payer sur les marchés immobiliers régis par  la loi de l’offre et de la demande  pour des Villeneuvois dans leur parcours de vie à Villeneuve d’Ascq : « Plus on réussit, plus on est attractif. Plus on est attractif et plus les prix montent. Plus les prix montent, plus c’est difficile de venir ou de rester à Villeneuve d’Ascq ».

Terminons enfin par « La journée du souvenir de la Déportation et des Déportés » ce dimanche 29 avril, place Jean Moulin, une manifestation toujours émouvante et intense malgré le temps et la réouverture d’Asnapio un peu perturbée par la météo mais quand même assurée avec succès (près de 1500 entrées) par les gladiateurs dans la grande hutte mérovingienne et à cheval dans le parc.

Et demain mardi 1er mai, aura lieu la Fête des travailleurs et où sont invités 171 récipiendaires à venir recevoir leur médaille à l’Espace Concorde, une grande cérémonie suivie de verres de l’amitié offerts dans divers quartiers.

Enfin, une victoire du LOSC (avant-dernier de la ligue 1 face à Metz qui est dernier), des victoires de nos joueurs de handball du HBCV ainsi que de nos « Nanas » du LMRCV à Toulouse, et de tous nos clubs de football, et ce, malgré une nouvelle défaite d’extrême justesse de nos « guerrières » de l’ESBVA, tout cela nous aura mis aussi un peu de soleil dans le cœur…

Comme quoi Marc Aurele, empereur romain et philosophe stoïcien, a bien eu raison, un jour, de nous souhaiter :

« Que la force vous soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être mais aussi (sinon surtout, ajouterai-je) la sagesse de distinguer l’un de l’autre ».