Carnet n° 507 du 18 juin 2018

« Un Président ne devrait pas parler comme ça ! »

 

Quand j’ai vu et entendu cette semaine, le 12 juin, mis en scène par l’Élysée, cette dernière « saillie verbale » de notre Président de la République : « on met un pognon dingue dans les minimas sociaux »,

j’ai repensé au livre de François Hollande « Un Président ne devrait pas dire ça », sauf que ce livre n’avait pas été écrit par lui mais par deux journalistes en 2016, et qu’il en a ensuite payé très vite le prix politique, même si les termes utilisés n’avaient rien de vulgaire ni de « faussement populaires ».

Alors certains « défenseurs » du Président Macron rappellent l’épisode des « sans dents », sauf que non seulement cela n’excuse en rien ni l’un ni l’autre, mais qu’en l’occurrence il s’est agi de propos rapportés par sa compagne à l’occasion de leur rupture…

J’ajoute enfin que notre Président actuel est un habitué de ce genre d’expressions, tel son « ami » Donald Trump « rhabillé pour l’été » hier soir par Roger Waters des Pink Floyd qui durant son spectacle au Grand Stade l’a ainsi qualifié oralement et par écrit : « TRUMP est un P… » (j’éviterai une citation complète pour ne pas prendre le risque d’une deuxième mise en examen après celle que je dois à une élue de droite de notre ville pour cause de publication dans la Tribune d’un article de groupe du Front National contre elle, jugé diffamatoire).

Pour illustrer mon propos, je citerai ici et maintenant, des déclarations de M. Macron glanées parmi quelques dizaines… :

à propos des opposants à ses décisions : « je ne céderai rien ni aux cyniques ni aux fainéants ni aux extrêmes ». « au lieu de foutre le bordel, ils feraient mieux d’aller voir s’ils peuvent avoir des postes là-bas » (parlant ainsi de travailleurs licenciés), « le chômage de masse en France, c’est parce que les travailleurs sont trop protégés » (ben voyons !), « la meilleure façon de se payer un costard c’est de travailler » (quelle élégance !). « il y a dans cette société une majorité de femmes. Il y en a qui sont pour beaucoup illettrées » (no comment !),

et aussi « bien souvent la vie des entrepreneurs est bien plus dure que celle d’un salarié » (n’importe quoi !),

et pour conclure : « les Britanniques ont eu la chance d’avoir Madame Thatcher » (son rêve…).

Tout est dit ou presque…

Non vraiment, « un Président ne devrait pas parler comme cela » et j’ai de plus en plus honte pour les socialistes qui se sont vendus à lui pour des mandats ou des promesses de mandats et cela même si M. Macron s’est fendu en la matière d’une autre déclaration : « être élu est un cursus d’un autre temps », une déclaration qui se conjugue avec une autre dont il est aussi l’auteur : « la France est en deuil d’un roi ».

C’est ce que j’ai rappelé vendredi soir à la MEL, certes un peu brutalement mais de manière  juste, à un ancien dirigeant socialiste du Nord « passé chez Macron » dans l’espoir, sans doute, de rester Député Européen.

On croit rêver mais quand on regarde, entre autres réformes, les hausses de taxes 2018, le rêve prend des allures de cauchemar :

Carburants + 12%, timbres + 10%, tabac + 10%, forfait hospitalier + 15%, contrôle technique automobile + 23%, frais bancaires + 13%, CSG + 21,7%, électricité + 17%, fioul domestique + 36%,

avec, en face, un smic qui augmente seulement de + 1,2%.

C’est vraiment « un pognon de dingue » qui passe des poches du plus grand nombre pour compenser « le pognon de dingue » donné en cadeaux aux très riches après la suppression de l’ISF (hors patrimoine immobilier).

Et je passe pudiquement sur les voyages aériens présidentiels, ses  frais de représentation et sa vaisselle élyséenne…

Non vraiment, je ne comprends pas les choix politiques de certaines et de certains et je suis de plus en plus sûr que les sanctions électorales seront cruelles pour elles et eux en 2020 aux municipales et peut être même dès 2019 aux Européennes, ce qui sera beaucoup plus regrettable vu les conséquences dans une Europe déjà bien malade de ses extrêmes, une maladie qui pourrait la conduire à l’agonie…

Oui l’Europe est bien malade après l’alliance entre les populistes et l’extrême droite en Italie, un des pays fondateurs du marché commun. J’y ai beaucoup pensé cette semaine en allant durant deux jours revisiter les plages du débarquement de Normandie, de Junot à Courselles à Utah Beach près de Sainte-Marie-du-Mont en passant par Arromanches (Gold Beach) et Colleville-sur-Mer (Omaha Beach), des plages où 156 000 alliés ont débarqué le 6 juin 1944 aidés par des FFI (forces françaises de l’intérieur) face à 105 000 allemands serrés dans leurs bunkers.

Durant toute l’opération de ce début de libération de l’Europe, 2 millions d’Alliés seront engagés dont 37 000 seront tués et 163 000 blessés. On comptera 80 000 tués, 170 000 blessés et 200 000 prisonniers du côté allemand.

Et ce, sans oublier ceux qu’on oublie trop souvent  les 35 000 civils français tués, en particulier du fait des bombardements certes nécessaires, pour nous libérer par 11 500 avions qui ont largué 12 000 tonnes de bombes. La joie de la libération les a faits malheureusement trop souvent oublier.

Voilà ce qu’il a fallu faire à l’ouest de l’Europe et je ne parle pas aujourd’hui des millions de morts à l’est, côté soviétique, pour libérer l’Europe qui avait sombré dans le malheur après l’arrivée au pouvoir de Hitler en 1933, de Mussolini en Italie et bien sûr le conflit de 1939 – 1945.

Voilà, les leçons qu’en avaient tirées les pères fondateurs de l’Europe dès 1950.

Voilà ce que l’Europe aujourd’hui oublie en se jetant à nouveau dans les bras « des fils et petit-fils » de ceux qui nous avaient conduits aux pires malheurs et aux pires horreurs au 20ème siècle.

Non, n’oublions jamais et quoi que l’on puisse penser de M. Trump aux USA et du Brexit en Grande-Bretagne, n’oublions jamais non plus ce que nous devons aux Américains, aux Britanniques, aux Canadiens, à tous les autres Alliés, aux Français libres et aux résistants français de l’intérieur.

N’oublions pas non plus, aujourd’hui 18 juin, le rôle joué par le Général de Gaulle, son appel et le fait que nous lui devons d’être restés la France malgré la trahison des Vichystes… Une France qui, grâce à lui, est rentrée dans le camp des vainqueurs au lieu d’être reléguée dans celui des vaincus.

Autre leçon à l’intention des « bâtisseurs modernes de murs » :

Il avait fallu 2 ans et plus de 1,5 million d’hommes pour construire le mur de l’Atlantique et une journée a suffi pour le percer !

Comme quoi, comme je le dit souvent, « de la muraille de Chine au mur de Berlin, rien ne peut jamais arrêter des mouvements quand ils sont mus par des volontés fortes ».

On l’a toujours su… M. Trump le verra s’il persiste à vouloir construire le sien le long du Mexique et, que cela plaise ou non, un jour viendra où le dérèglement climatique dont nous sommes largement responsables mettra en mouvement des centaines de millions (voire quelques milliards) de migrants… sauf à se rendre tous coupables, tout au long de nos frontières européennes, d’une riposte massive armée contre ces migrants comme l’ont fait, pour sans doutes d’autres raisons, les soldats de M. Netanyahou sur les quelques kilomètres qui séparent Israël du nord de la bande de Gaza.

Que dire de plus en ce lundi 18 juin 2018 ? Sinon que, dans tous les domaines, si le pire est le plus probable quant à l’avenir du monde, celui de l’Europe et donc celui de notre patrie, la France, rien ne serait pire encore que de ne rien faire et de ne plus se battre avec nos valeurs, nos principes, notre histoire et nos racines.

D’où « le devoir de mémoire » si souvent invoqué lors de nos commémorations, un devoir qui nous ordonne de nous battre pour protéger les acquis que nous devons à celles et ceux qui se sont battus pour nous et dont beaucoup en sont morts.

D’où l’obligation morale de faire de son mieux là où on est avec les moyens que l’on a.

C’est ce que modestement je fais depuis mon adolescence et surtout maintenant depuis plus de 40 ans en particulier dans ma ville, dans la métropole lilloise sans oublier au niveau européen.

C’est ce que je fais en défendant nos valeurs de liberté, de solidarité, de fraternité, de laïcité et en les mettant en œuvre dans notre ville.

Je le fais avec pugnacité dans des combats souvent peu connus mais toujours difficiles en refusant toutes les formes de lâchetés, en étant ferme sur ces valeurs, quitte à subir des pressions et des menaces… de nos adversaires et parfois de soi-disant amis.

 

 

 

 

 

 

Je l’ai toujours fait en mémoire de mes ancêtres que j’ai rappelés dans mon précédent carnet et pour protéger autant que possible les générations à venir des périls qui les guettent.

Je l’ai toujours fait, en particulier à Villeneuve d’Ascq, pour en faire avec toutes les autres forces vives villeneuvoises « une Ville à vivre, à vivre pleinement », la richesse des activités et des manifestations de ce week-end, entre galas, concerts, braderies, compétitions, le tout sous les ailes de nos moulins, sont autant de preuves de notre réussite collective.

Cela reste mon projet pour demain et ce, tant que j’en aurai la force, les moyens et la confiance de mes concitoyens pour cela.

Somme toute, comme l’a écrit Bernard Werber, et pour conclure, une citation que je fais mienne :

« L’important n’est pas de convaincre mais de donner à réfléchir »,

et si on y arrive, ce n’est déjà pas si mal…