Carnet n° 513 du 30 juillet 2018

« L’ivresse de l’altitude »

 

On le constate bien souvent chez beaucoup «de femmes et d’hommes publics », en politique, dans le monde économique, dans le champ médiatique, dans le showbiz, voire même dans le « sport-spectacle », ce que les montagnards appellent « l’ivresse de l’altitude » a beaucoup de ressemblance avec « l’ivresse du pouvoir ».

Moi qui aime la montagne, sans jamais d’ailleurs avoir connu cette ivresse faute d’avoir (là non plus) été capable de monter suffisamment haut, j’ai voulu, en cette période estivale, en rechercher les sens et les manifestations.

Je les ai trouvés dans un article d’une équipe du « Médical University Innsbruck » en Autriche qui l’a ainsi définie :

« L’ivresse des montagnes, ou de haute altitude, est un trouble dont les symptômes s’apparentent à ceux de la schizophrénie…avec perte de toute rationalité et de contact avec la réalité »

Pour ces chercheurs, si les causes précises de cette psychose sont encore peu connues, elles ont au moins un point commun :

« La combinaison d’un gain trop rapide en altitude, avec quelques autres facteurs ».

Pour limiter, à défaut d’éviter, les graves conséquences de ces épisodes psychotiques, il est donc recommandé une montée lente entrecoupée de paliers plus ou moins longs.

Ai-je besoin, à ce stade, d’en dire davantage quant aux ressemblances entre « l’ivresse de l’altitude » et « l’ivresse du pouvoir » ?

Comme l’avait si bien déjà décrit Jean de la Fontaine en conclusion de sa fable « La grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf », il y a 3 siècles et demi, «  le monde est plein de gens qui ne sont pas plus sages…tout bourgeois veut bâtir comme des grands seigneurs, tout petit prince a des ambassadeurs, tout marquis veut avoir des pages (jeunes nobles attachés au service d’un roi, d’une reine, d’un prince etc.) »

Ce n’est donc pas nouveau….

Pour autant, personnellement, depuis plus de 50 ans que je suis engagé, je n’ai jamais connu chez « les princes qui nous gouvernent » (ou qui aimeraient un jour nous gouverner) une telle « ivresse de l’altitude » aux allures « d’ivresse du pouvoir ».

La semaine écoulée nous en a fait à nouveau la démonstration depuis l’Elysée, à travers les médias et les réseaux internet, à coups de vidéos, de déclarations sous serment (parfois de suite contredites ou démenties), de petites phrases distillées sur des perrons ou à des publics soigneusement triés…

Un Président qui « libère sa parole » devant « ses parlementaires » en revendiquant son entière responsabilité dans le choix d’un collaborateur, M. Benalla, pourtant, depuis les faits révélés, licencié par lui pour ses fautes qui, précise t-il n’ont rien de ce que l’on peut simplement qualifier « d’inappropriées » (comme son entourage les qualifiait encore quelques heures auparavant) », ce même ex-collaborateur niant tout « au 20H de TF1 » et je n’oublie pas le défilé de « hauts personnages de l’Etat » devant les députés et les sénateurs, à l’exception notable du Président de la République, « constitutionnellement intouchable » bien qu’il ait défié « tout le monde » en déclarant : « qu’ils viennent me chercher ! »

Dans le genre « même pas cap… » ou « t’es pas cap … », je n’avais jamais rien entendu de tel depuis les temps anciens de mon enfance dans la cour de mon école communale…

Si le terme de « scandale d’Etat » me semble « inapproprié », c’est pour moi en raison de sa gravité car un scandale d’Etat, une fois dénoncé et ses auteurs punis, s’arrête…

Aujourd’hui en France, c’est beaucoup plus profond et donc beaucoup plus grave et de citer encore Jean de la Fontaine dans « les animaux malades de la peste » :

« Ils n’en mourraient pas tous mais tous étaient atteints »

Certes, la formule peut sembler excessive mais elle raisonne comme un avertissement car en termes de symptômes « d’ivresse de pouvoir » assortis de formes de mensonges, de suffisance et d’arrogance, (et ce, à tous les niveaux) je n’avais jamais connu cela.

Je repense, en cet instant, à ce Député Européen, ex-PS devenu macroniste, venant me défier en duel à la MEL parce que ce j’avais dit de lui, lui avait déplu…

La démocratie, l’image de la politique et pire,  l’image de la France n’en sortent pas grandies.

Alors bien sûr, on se dit, et tout le monde se dit, qu’il y a bien d’autres problèmes, que le chômage est reparti à la hausse, que la croissance en 2018 sera médiocre après son embellie de 2017 (dont M. Macron n’était d’ailleurs pas l’auteur), que le pouvoir d’achat d’une majorité de citoyens est à la baisse, parfois très fortement à cause de tarifs et de taxes qui explosent…

Alors on se dit aussi que la réforme constitutionnelle est la panne mais là, c’est une bonne chose puisque son objet principal était de renforcer encore les pouvoirs du « Prince de l’Elysée ».

Pour autant, à 10 mois des élections européennes, cette situation n’est bonne, ni pour la France, ni pour l’Europe, une situation qui laisse « le champ libre » à M. Donald Trump, à M. Poutine et à M. Erdogan, voire qui les laisse devenir des « modèles » pour  certains hommes ou femmes politiques en France et en Europe.

« Oui Monsieur le Président de la République, à qui j’ai écrit une lettre il y a une semaine, une lettre que vous n’avez pas lue, mais parce que vous êtes notre Président jusqu’en 2022, je vous conjure de vous expliquer à la télévision devant tous les Français en répondant aux questions de journalistes.

Cela ne vous sera certainement pas facile mais vous nous le devez et j’ajoute que beaucoup de citoyens sans doute seront alors prêts à vous pardonner.

Je vous invite à cet effet à méditer ces mots de François Mitterrand : « la liberté de la presse présente certes des inconvénients mais bien moins que l’absence de liberté »

Oui, une nouvelle fois encore, la semaine écoulée n’aura pas ménagé ses surprises, surtout en négatives, même si l’arrogance du pouvoir aura enfin conduit ce qui reste de forces de gauche à s’unir sur le texte d’une motion de censure qui sera présentée et discutée en commun, à défaut d’avoir la moindre chance d’être votée.

Elle nous aura montré aussi, à travers un épisode de canicule qui dure et, par exemple, des températures jamais atteintes à Lille, ce qui attend nos enfants dans les prochaines décennies avec des thermomètres qui dépasseront les 50 degrés à l’ombre.

Il en faudra de l’énergie pour y faire face et pour faire vivre une population mondiale qui aura dépassé les 10 milliards d’êtres humains.

Pas sûr qu’il faille donc trop se précipiter à abandonner l’énergie nucléaire qui, même avec ses risques et ses déchets à traiter, reste quantitavement importante, souple et propre en termes de CO2 et ce, tout en développant bien sûr les énergies renouvelables et en limitant la hausse de nos besoins énergétiques.

Je conseille à chacun de révisionner le film « Soleil vert » de Richard Fleischer qui date de 1974 pour avoir une idée de ce qui attend nos enfants, à défaut de s’être produit en 2022 comme indiqué dans le générique… (mais ce n’est pas le seul film d’anticipation ou « post-apocalyptique » à s’être certes trompé de date mais pas de réalité à venir)

Non vraiment tout cela n’est pas très gai surtout quand on sait que ces bouleversements climatiques seront facteurs de mouvements migratoires massifs et donc de guerres, de dictatures, d’intégrismes dont on a commencé à voir et à vivre les prémices.

Heureusement, car il y a toujours pour moi un « heureusement », il y a et ma passion pour Villeneuve d’Ascq, avec, cette semaine, ma visite sous un soleil de plomb de nos Centres de Loisirs dans la ville avant d’aller rendre visite, comme chaque année depuis 41 ans, à nos Centres de Vacances du mois d’août.

Quel bonheur de voir autant d’enfants et de jeunes aussi heureux avec autant d’étoiles dans les yeux.

Quel bonheur de voir autant d’animatrices et d’animateurs sous la conduite de nos services, avec un tel professionnalisme et de telles passions.

Quel bonheur de voir chaque jour une ville qui vit, une ville qui rayonne, une ville en mouvement !

Pour y arriver, il faut du temps, il faut de la continuité, il faut de la durée et pas de simples effets d’annonces dont tous les gouvernements sont friands.

Martine Aubry, en lançant son association « Lille 2030, » semble s’en être convaincue… n’en déplaise à Adrien Quatennens.

Pour ce qui me concerne, moi qui n’ai pas soutenu M. Bernalicis, ayant tout de suite compris les « fondamentaux » de ces 2 députés insoumis, pour ce qui me concerne disais-je, je serai plus modeste en réactivant simplement « Ensemble pour Villeneuve d’Ascq 2020 » dans le même esprit d’ouverture et de rassemblement qu’en 2008 et 2014, pour Villeneuve d’Ascq avec les villeneuvois et pour Lille métropole avec tous les métropolitains de la MEL.

Si j’attendrai le 27 février 2019, dans 7 mois, pour dire quelle place je solliciterai auprès des Villeneuvois, d’ici là, plus que jamais, je travaillerai au quotidien pour faire face aux problèmes quotidiens tout en préparant l’Avenir. Et ce ne sont ni les « gardes rouges » de M. Macron à l’image de M. Benalla ni les « gardes rouges » de M. Mélenchon à l’image de ses deux députés de Lille qui m’en empêcheront,

ni eux, ni leurs ralliés d’hier,  ni ceux d’aujourd’hui ni ceux de demain…

Comme le disait ma grand-mère je ne suis pas de celles et de ceux qui aiment « à réchauffer des serpents en leurs seins »

Somme toutes, comme l’a dit Léon Blum :

« Je le crois parce que je l’espère »,

avec ce petit conseil  de François Mitterrand :

« hors du Rassemblement, il n’y a pas de salut »,

avec enfin «  une petite dernière » pour sourire :

« l’esprit c’est comme un parachute, ça marche mieux quand c’est ouvert ! ».

 

G Caudron