Carnet n°516 du 21 aout 2018

« Nous n’héritons pas de la terre … »

 

J’ai terminé hier lundi « un tour de France » de 3500 kms en trois semaines et 9 étapes de 2 ou 3 jours qui m’ont permis de visiter, comme chaque année depuis 4 décennies, nos Centres de Vacances villeneuvois de Haute Savoie, de Savoie et de la Drome… avant de faire étapes en Ardèche, en Lozère, en Dordogne, à la Rochelle, à Amboise pour finir par une nuit au Tréport, sans oublier une courte pause à Jarnac sur la tombe de François Mitterrand.

C’est un périple certes un peu fatiguant mais tellement passionnant et enrichissant qui m’a rappelé cette citation d’Antoine de Saint-Exupéry :

« Nous n’héritons pas de la terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants »

Si, en effet, nous succédons à nos parents dans son usage, nos parents qui eux-mêmes, en quelque sorte, « nous l’avaient empruntée … avant de nous la laisser », nous sommes d’abord et avant tout responsables (et parfois « coupables ») de ce que nous allons « rendre à nos enfants ».

Pour commencer par un constat éminemment positif : « Que la France est belle », faite de montagnes, d’océans et de mers, de collines et de gorges, de rivières et de fleuves, de cultures variées et de fleurs incomparables (certes un peu roussies en ces temps de canicule) mais aussi de villages pimpants et de petites villes, de routes sinueuses, de parcs, de musées, d’églises, de monastères, de châteaux de toutes époques et de toutes tailles, etc…etc…,

oui que la France est belle !

Mais en même temps, combien elle est fragile en ces temps où partout domine cette idéologie du « big is beautifull », une idéologie qui fragilise tout ce qui n’est pas « grand » en taille et en quantités.

Le système capitaliste libéral ne fait que renforcer « cette mécanique infernale » que certains ont baptisé de « destruction créatrice », en détruisant ce qui existe pour, certes, créer autre chose sauf que … ce ne sont pas les mêmes qui souffrent et qui périssent des destructions guerrières et économiques et ceux qui vont bénéficier des « créations nouvelles »…

L’abandon des services publics, faute de rentabilités immédiates, tout comme le sort fait aux petites et moyennes communes ainsi qu’à leurs élu(e)s, va bien dans le sens et de manière accélérée avec le pouvoir actuel.

Cette absence de vision à moyen terme et ces calculs « dévoyés » de rentabilité de la part des « princes-technocrates » qui nous gouvernent est destructrice, c’est la seule certitude, mais finalement « créatrice » de quoi ? de désertifications ici et de concentrations là, de pollutions, de vies infernales, d’inégalités et de violences à l’image de films qualifiés de post-apocalyptiques qui font les délices d’Hollywood ?

Si on ajoute à cela l’accélération de la technologie numérique qui nous interdira demain de vivre sans ordi ni IPhone (et c’est déjà largement engagé) et donc sans plus de vie réellement privée ni, bien sûr, de choix de vie tout court…, on est déjà dans une spirale infernale.

Oui la France est belle… mais pour combien de temps encore vu le rythme des soi-disant « réformes » qui vont toutes dans le même sens d’un monde déshumanisé, inégalitaire, violent quand il ne sera pas tout simplement « invivable » au sens propre du terme ?

Ai-je besoin d’en multiplier les exemples quand on voit les catastrophes, « naturelles » ou non, déjà générées par nos inconsciences, les inégalités mortifères à tous les niveaux et leurs conséquences en termes de violences et, bien sûr, les bouleversements climatiques en « mode suicidaire » dans les décennies qui viennent.

On nous dit que ces constats découragent un grand nombre d’élus locaux…

Ce n’est pas mon cas. Car si la vie est courte et la trace qu’on y laisse plus que modeste (à l’image de la tombe de François Mitterrand à Jarnac) et parce que « nous empruntons la terre à nos enfants », nous n’avons pas le droit de ne pas tout faire pour éviter de la leur rendre en un si mauvais état !

Ces 3 semaines m’ont permis de me ressourcer et de me renforcer dans mes convictions, mes valeurs et mes combats, tout en m’incitant à vivre les temps présents tout en repensant à ma vie passée et en préparant ce qui reste de vie future.

L’équation, on le voit, est complexe et c’est pourquoi je n’ai pas encore pris ma décision pour mars 2020 sinon que je n’ai pas l’intention de cesser mes combats à Villeneuve d’Ascq, comme ailleurs, pour le bien être de mes concitoyens et l’avenir de nos enfants.

Je le ferai, quelle que soit ma place, avec toutes celles et tous ceux qui partagent et partageront cette philosophie et ma volonté de Rassemblement sans sectarisme ni manœuvres partisanes.

« La fenêtre est étroite, certes… mais elle existe. Je dirai même qu’elle ne peut pas ne pas exister et j’ajouterai que je n’ai pas le droit de l’ignorer….

Dans les semaines qui viennent, j’approfondirai cette démarche et les conséquences qui en découlent. J’essaierai de rassembler dans ce combat un maximum de citoyennes et de citoyens… et après on verra…

La vie est courte, disais-je, (ce qu’a semblé me dire F Mitterrand à Jarnac : « on a vu ce que vous êtes, vous serez ce que je suis »)…

On peut soit s’arrêter pour profiter du reste de vie qui nous reste, soit « courir au bout de ses forces » pour passer le témoin « du mieux possible »…

C’est cela la relativité de la vie, bien à l’image de la relativité de l’Univers dont on ne cesse de découvrir les mystères… à l’instar des « trous noirs »…

Puissent « les princes qui nous gouvernent » et qui ne rêvent qu’à leur élection ou à leur réélection en 2022 pour « les plus hauts placés », en 2019 et 2020 pour quelques autres…, puissent-ils, disais-je, s’en rendre compte et changer rapidement de démarches et de politiques qui, toutes, nous mènent « droit dans le mur », autres exemples sans doute de « destructions créatrices ».

J’ai du mal à y croire vu leurs arrogances et certitudes… mais qui sait ? et finalement ai-je vraiment le choix d’y croire ou non ?

C’est avec cette question que je terminerai ce 516 ème carnet du 21 août 2018.