Carnet n°517 du 27 août 2018

« L’heure de la rentrée »

Si « l’heure de la sortie » mise en musique (sinon en « paroles »…) par Sheila en 1966, s’est étalée sur plusieurs semaines entre le 14 juillet et début août, l’heure de la rentrée a bien sonné il y a sept jours, le lundi 20 août.

Elle a sonné pour moi avec une semaine très chargée de nombreux dossiers et de courriers à lire, à valider, à renvoyer ou à signer, avec une visite mercredi des Centres de Loisirs d’août, comme je l’avais fait il y a un mois pour ceux de juillet… et, en fin de semaine, quelques fêtes de centres ou de quartiers « pour clore l’été ».

De belles et bonnes conditions pour replonger dans notre Ville, sa vie, ses dossiers d’été et de rentrée, le tout accompagné de nombreux contacts citoyens… et donc… tout ce que j’aime !

Elle a sonné aussi, nous dit-on, pour le Président Macron (et bien sûr pour son gouvernement) avec son retour du Fort de Brégançon pour un Conseil des Ministres d’autosatisfaction pour son passé et d’autosuffisance pour son futur (on commence à y être habitué), et ce, avant de retourner dans son Fort, juste avant de repartir en voyage, une habitude et sans doute un plaisir pour lui, loin des expressions de mécontentements d’un nombre de plus en plus important (tous les sondages le montrent) de Françaises et de Français, des mécontentements et des colères qui ne manqueront pas de s’amplifier vu ce qui nous est annoncé pour le budget 2019, les réductions de services publics, de prestations sociales massacrées et une réforme des retraites qui sous couvert « d’une réforme par points », sonnera l’heure de l’abandon d’un système par répartition au profit d’un système par « capitalisation », bien sûr favorable aux plus riches et à « la grande finance ».

Elle a sonné pour les partis et les mouvements politiques d’oppositions avec des traditionnelles « journées d’étude » souvent bien maigrichonnes vu « l’état des restes » pour certains d’entre eux.

Si le FN/RN est bien silencieux, empêtré par ses divisions et ses problèmes financiers,

si les LR sont divisés comme jamais entre « les durs » de M. Wauquiez et les « autres » qui n’ont pas abandonné leurs valeurs Républicaines,

si le PCF, qui garde à travers la France (j’ai pu le constater en août) des élus et des militants, ne s’est pas encore montré puisqu’il aura dans quelques semaines sa « Grande Vitrine » avec la fête de l’Humanité,

si les Verts ne se retrouvent plus, vu tous « ses ralliés aux autres », en particulier chez M. Macron,

si les socialistes toujours aussi divisés… (sinon plus) ont peiné à exister médiatiquement à la Rochelle (où est donc passé le temps des foules d’élus et de militants qui s’y retrouvaient ?) tandis que certains allaient chez Mélenchon après les fuites chez « les marcheurs » des 14 derniers mois écoulés,

Jean Luc Mélenchon a fait sa rentrée à Marseille où, il est vrai, on l’a déjà vu beaucoup plus qu’au cours de ses 5 ans, 6 mois et 21 jours au Parlement Européen, dans une ambiance méridionale où son style « à la Hugo Chavez » passe plutôt bien à défaut de plaire à une majorité de Français.

On avait pu se demander (et j’avais pu me demander) s’il avait ou s’il aurait changé, s’il avait choisi de devenir un rassembleur plutôt qu’un éternel harangueur… ?

Et bien NON !

De même que les LRM, Monsieur Macron et les siens se sont incrustés dans « le déni » de leurs échecs et de la nocivité de leurs politiques et projets ultra libéraux passés et à venir,

Jean Luc Mélenchon s’est refusé à retrouver le style, les idées et la stratégie d’un François Mitterrand pour en rester à son style favori de « leader sud-américain » (avec, dans certains de ces pays, les conséquences catastrophiques que l’on sait).

« Pour Méluch, sans lui point de salut » !

Même son ex-ami grec Alexis Tsipras s’est pris une salve brutale pour avoir dû prendre en compte des réalités qui s’imposaient à lui.

Il est clair pour moi aujourd’hui que Jean Luc Mélenchon avec son passé politique de Député Européen qui « a brillé par son absence » au Parlement Européen, ce qui ne l’excuse pas de dire et de promettre n’importe quoi à propos de l’Europe, ses 18 ans et 10 mois de Sénateur socialiste PS, ses 6 ans et 10 jours de Président délégué d’un Conseil Général socialiste et ses 13 ans et 20 jours de Conseiller Général,

oui il devient clair pour moi « qu’il rêve » d’une alliance à l’Italienne, populiste – extrême droite, et cela me désespère pour les vrais socialistes qui l’ont suivi.

Pour ce faire, il en a le style, la verve et les excès, à défaut d’en avoir heureusement toutes les idées… mais c’était aussi le cas entre les partis italiens qui ont ensuite pourtant fait alliance par attrait du pouvoir…

Reste dans ce paysage tourmenté et « grand guignolesque », que « la République en Marche » n’a pas osé se prêter à quelque rassemblement que ce soit, préférant l’expression médiatique et solitaire de son chef à des images de foules clairsemées, comme on en a vu lors de ses derniers déplacements.

Somme toute, à tous les niveaux et dans tous les partis politiques, l’heure de la rentrée est aussi « l’heure de la preuve par l’échec ».

Pour et chez Monsieur Macron, acteur d’un capitalisme libéral mondialisé et débridé, il nous fait « la preuve par l’échec » de sa politique économique avec une croissance en berne, un chômage qui perdure, une inflation en forte augmentation, des déficits qui restent là et qui annoncent de nouvelles baisses de pouvoir d’achat pour le plus grand nombre de Français.

Il nous fait « la preuve par l’échec » de sa politique Européenne où il n’a pas réussi à en faire bouger les lignes,

de sa politique internationale où ses « mamours » à M. Poutine et à M. Trump n’ont rien donné de positif,

de sa politique environnementale où il n’a rien obtenu des États-Unis et où il se contente en France d’augmenter les taxes pour faire rentrer de l’argent dans les caisses de l’État…

Pour et chez Monsieur Mélenchon, il en est de même.

Après « la preuve par l’échec » des Présidentielles, celle des manifestations grandioses annoncées… et vite avortées, celle aujourd’hui de l’appel « au grand soir Européen » avec les mêmes excès qui ont conduit les britanniques aux pires difficultés, qui marquent les discours et les décisions des Ministres Italiens, les discours de l’extrême droite en France et un peu partout en Europe et même ceux qu’on entend du côté de chez M. Wauquiez.

Il n’y a donc malheureusement plus rien de bon à attendre de ce côté !

A 9 mois donc des Elections Européennes et à 19 mois des Elections Municipales, « le paysage » pour moi s’éclaircit même si je n’ai pas encore pris toutes mes décisions.

A défaut d’avoir décidé de ce que je ferai, m’ayant laissé le temps de la réflexion, je sais au moins maintenant ce que je ne ferai pas.

Aux Elections Européennes, je ne voterai pas pour la liste de M. Macron pour surtout ne pas le renforcer dans « sa certitude d’être le meilleur en France ». Je ne voterai pas pour celle de M. Mélenchon, étant en total désaccord avec ses « injonctions emphatiques européennes » totalement hors des réalités et donc facteur des pires résultats… dont une alliance, de fait, avec l’extrême droite.

Je ne voterai pas pour celle de M. Wauquiez car, pour lui, l’Europe doit amplifier et justifier les pires politiques réactionnaires nationales déjà en cours…

Je ne voterai pas, bien sûr, FN/RN, ai-je besoin de le redire ?

Reste à voir ce qu’il y aura d’autres en termes de listes et de programmes sans oublier celles et ceux qui y figureront car je le répète : je ne voterai pas pour une liste conduite par Pierre Moscovici ou Julien Dray.

Les choses sont dites… Heureusement il reste des marges… pour pouvoir voter « pour l’Union Européenne » sans me contenter d’une Europe telle qu’elle est devenue aujourd’hui, ultra libérale et antisociale.

Quant aux élections municipales de mars 2020, aux « Marcheurs » qui imaginent encore  gagner des villes à « la mode commando » (comme M. Macron a gagné l’Elysée) je leur rappelle à eux qui n’ont d’autres élus locaux que des ralliés LR et Socialistes, que ce n’est pas si simple… et certains, même chez eux, le savent tellement qu’ils voudraient voir disparaître un bon nombre de communes et donc d’élu(e) locaux.

A titre d’exemple, s’ils ont fait de bons scores à Villeneuve d’Ascq en 2017 à la Présidentielle et aux Législatives pour les raisons qu’on connaît, il leur faudrait comparer leur dernier sondage municipal national à celui que Rassemblement Citoyen a commandé au même moment à l’IFOP et qui indique que 80% des Villeneuvois sont satisfaits du travail accompli par l’équipe municipale en place et leur maire que je suis, que 82 % des Villeneuvois se disent « satisfaits de leur Maire » (moyenne nationale de la strate 58%), que les engagements pris en 2014 ont été tenus pour 78% des Villeneuvois et que même 62% des Villeneuvois souhaitent ma réélection (contre 32% qui ne le souhaitent pas), sachant que pour les maires de la même tranche nationale démographique 42% de citoyens souhaitent la réélection de leur maire actuel et 58% ne le souhaitent pas…

Tout cela pour dire qu’un sondage n’est qu’un sondage, qu’il soit mauvais ou bon mais que la dimension humaine d’un maire, la diversité et le travail de ses équipes, son expérience et son esprit d’ouverture pèsent beaucoup plus que les mouvements erratiques politiciens nationaux.

Si j’ajoute à cela, à l’intention de M. Bernalicis qui, lors de toutes les manifestations reprises par la TV, est toujours dans le champ de vision de M. Mélenchon avec un sourire et des applaudissements complètement pour le moins « convenus »,

que le pourcentage de celles et ceux qui souhaitent ma réélection monte à 82% dans les quartiers de l’Hôtel de Ville et du Pont de Bois et 75% à la Résidence et au Triolo,

il comprendra que j’ai des raisons de vouloir continuer à me battre pour mes valeurs, mes idées et mes concitoyens même si je n’ai pas encore, à ce jour, décidé de la place que je solliciterai pour continuer à le faire.

Au demeurant, c’est quand même une bonne raison pour moi, bien sûr, de participer au combat Européen en juin 2019 et, à Villeneuve d’Ascq, de lancer avec « Ensemble pour Villeneuve d’Ascq 2020 » un rassemblement peu sinon pas du tout partisan de toutes celles et de tous ceux qui partagent les mêmes valeurs et qui ont le même amour pour notre ville, sans sectarisme mais avec un engagement sans faille…

J’en resterai là pour aujourd’hui avec, en conclusion, la citation d’un poète persan du 13ème siècle, (il y a donc près de 800 ans) : Mocharrafoddin Saadi

« Saisis l’instant, sachant que chaque jour de ton futur, c’est un jour qui s’en va… »

(A méditer sans modération)

 

 

 

« C’est un hêtre pourpre. Il a 120 ans et une espérance de vie de 300 »