Carnet n° 518 du 3 septembre 2018

Château de sable ou château de cartes ?

Une chose est sûre en ce jour de rentrée scolaire pour des millions d’enfants, de jeunes et de parents, « la macronie » est en crise… et on est de plus en plus nombreux à se demander si son « aventure » exceptionnellement rapide, en « mode commando » comme disent certains, n’aura pas été tout simplement à l’image de la construction d’un château de sable sur une plage ou pire, l’édification d’un château de cartes…

Pire, ai-je dit, parce que il faut beaucoup plus de temps à un enfant pour bâtir un château sur le sable d’une plage et un certain temps aux vagues de la marée montante pour l’araser que pour ériger avec habileté un château de cartes sur une table, édifice léger qu’un moindre souffle ou mouvement mettra à bas en une seconde.

Il y a 3 mois encore, tout semblait acquis à M. Macron, à son gouvernement et à ses supporters marcheurs…

Il avait fait passer des réformes pourtant destructrices sur le plan social et celui du travail et ce, en satisfaisant ainsi « le grand patronat » et la frange la plus dure de la droite dite Républicaine.

Il se préparait à renforcer le pouvoir présidentiel par une réforme de notre Constitution… à la mode Erdogan ou Poutine.

Les retraites, via « son système à points », allaient passer dans le champ de la capitalisation.

On allait privatiser « tous les bijoux de la République ».

L’État allait continuer à se défausser sur les collectivités par ailleurs rigoureusement encadrées financièrement (sinon « garrottées ») et même à transférer certaines de ses missions fiscales sur les entreprises…via le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu, le tout, nous dit-on, pour faire des économies par diminution du nombre de fonctionnaires.

Enfin, à tous les niveaux, de l’Élysée aux grandes administrations et entreprises publiques, la « macronie » renforçait ses réseaux à coups de nomination de « fidèles »…

Et tout à coup, patatras !

C’est « l’affaire Benalla qui démasque  certaines réalités élyséennes » ;

ce sont des dépenses présidentielles jugées, à tort ou à raison, « dispendieuses » et anormales par l’opinion publique ;

c’est une réforme constitutionnelle heureusement enlisée, des mobilisations syndicales qui se préparent pour la défense des retraites, des allocations chômages, des services publics et de la santé, et contre une austérité aggravée qui s’annonce pour 2019.

Je parlais des « châteaux de sable » érodés par les vagues. Il s’agit là aujourd’hui « de sables mouvants » qui, on le sait, se révèlent souvent sous l’eau montante, des sables mouvants où, chacun le sait aussi, on s’enfonce d’autant plus vite que l’on s’agite…

Et c’est peu dire que le Président Macron s’agite… « à force  de voyages éclairs » un peu partout avec d’ailleurs leurs coûts financiers et environnementaux importants, des agitations aussi à coups de petites phrases assassines parlant de certains ou de tous les Français en des termes « choisis » : « alcooliques », « fainéants », « illettrés », « ceux qui ne servent à rien » et depuis le Danemark de « ces Français, des Gaulois réfractaires à tout changement ».

Résultat : derrière une croissance en berne, des taxes qui augmentent et donc un niveau de vie qui baisse, on sent comme un début de débandade.

Après Jean Louis Borloo que M. Macron « avait claqué », c’est Nicolas Hulot qui claque la porte et même Stéphane Bern qui menace de le faire…

Et quand on parle de faire appel  à Ségolène Royal, quelles que soient ses qualités, et qu’on a « fait du pied » à Daniel Cohn Bendit  malgré  ses lourds défauts, c’est peu dire que « le château de sable » s’érode à défaut de voir « le château de cartes » s’écrouler, protégé qu’il est par les institutions de la Cinquième République (tellement pourtant honnies par M. Macron, M. Mélenchon et Mme Le Pen).

Le drame, je dis bien le drame, c’est que c’est la France, ce sont les Français (et en particulier les plus fragiles d’entre eux) et j’ajouterai, c’est l’Europe qui vont en faire les frais.

Pour ce qui est de la France et des Français, est-il aujourd’hui encore besoin d’en donner des exemples quand on voit certaines décisions et qu’on entend certains discours qui conjuguent  brutalité, arrogance et même parfois mépris ?

Pour ce qui est de l’Europe et des élections Européennes de 2019, alors que la « macronie » se préparait « à rafler la mise », débauchant ainsi des députés européens sortants d’autres partis politiques qui pensaient ainsi garder leur mandat…, elle risque maintenant un échec qui entraînerait dans une spirale descendante l’idée même d’Union de l’Europe, beaucoup de Françaises et de Français voulant ainsi en 2019 « censurer M. Macron », l’Européen que je respecte, en votant contre sa liste européenne au bénéfice des anti-européens de droite, de gauche et de leurs extrêmes.

C’est grave… pour ne pas dire dramatique !

Moi-même qui suis pourtant un européen de toujours même si je suis critique, très critique même vis-à-vis de ses virages ultra-libéraux,

je ne pourrai pas aujourd’hui voter pour « une liste en marche » qui me conduirait aussi à donner un « satisfecit » à sa politique en France.

« Une fois ça suffit » ! j’ai voté pour M. Macron en 2017 pour éviter Mme Le Pen et je ne supporte plus de l’entendre dire que j’ai voté pour son programme libéral et anti social.

Non Monsieur le Président, je ne suis pas « un Gaulois réfractaire aux changements », je suis Français et fier d’une France qui s’est enrichie d’influences, de mouvements et d’origines multiples (je rappelle que ma mère était polonaise) mais je suis contre « les changements » qui ne sont que des « retours vers le passé », à coups d’ordinateurs que l’État, de fait, impose d’ailleurs à tous pour faire la moindre démarche administrative et fiscale, de tablettes et de systèmes internet qui, au mieux, nous fragilisent, au pire pourraient un jour se révéler liberticides.

Le changement n’est pas un but en soi ! Ce qui importe c’est le sens voulu et mis en œuvre de ces changements… qui, pour moi, doivent aller dans le sens de davantage de solidarité, de justice, de progrès, d’humanité, de tolérance et de laïcité, ce qui n’est vraiment pas le cas (qui peut dire le contraire ?), des réformes mises en œuvre depuis 1 an et annoncées pour l’année qui vient par M. Macron et les siens.

En quelques mois, M. Macron et ses marcheurs auront réussi à dresser contre eux une large majorité de Français et, malheureusement sans doute aussi, contre l’Union Européenne.

Ils se préparaient dans la foulée, en mars 2020, électoralement aussi à « faire main basse » sur un bon nombre de villes.

Une chose est sûre aujourd’hui : c’est loin d’être fait et la « macronie » pourrait après tout cela, méditer les paroles de la fable de M. Jean de la Fontaine « la laitière et le pot au lait » avec Perette  qui « sur sa tête ayant un pot au lait »…  « comptait déjà dans sa pensée » tout ce qu’elle allait gagner, à coups d’œufs, de poulets, de cochons, de vaches et de veaux, sautant de joie à ces pensées cassait son pot et avec lui tous ses rêves et ses projets…,

une fable qui se termine ainsi (suivez mon regard, on est pourtant en 1678 il y a 340 ans)

« Tout le bien est à nous…
Quand je suis seul, je fais aux plus braves un défi…
On m’élit roi, mon peuple m’aime ;
Les diadèmes vont sur ma tête pleuvant ;
Quelque accident fait-il que je rentre en moi-même,
Je suis Gros Jean comme devant »

Comme quoi le soi-disant « nouveau monde » a des odeurs et des couleurs de l’ancien, voire des très anciens mondes… N’est ce pas Monsieur le Président !

Les reconquêtes du « Camp du Progrès », un Camp du Progrès que certains voyaient déjà disparaître complètement à l’occasion des élections Municipales de 2020…, les reconquêtes, disais-je, de ce Camp du Progrès commenceront de fait avec ces élections municipales et j’entends bien, je le répète, y tenir toute ma place, quelle que soit cette place…

C’est trop important pour notre Avenir !

C’est très important pour Villeneuve d’Ascq et pour la Métropole Européenne de Lille !

Je n’ai pas fini d’en parler et d’essayer de convaincre mes concitoyens de continuer à nous y aider… quelles que soient nos différences…

J’ai quelques mois devant moi pour cela, au moins jusqu’au 27 février 2019, avec « Ensemble pour Villeneuve d’Ascq 2020 ».

Comme l’a dit Léon Blum :

« L’homme libre est celui qui n’a pas peur d’aller jusqu’au bout de sa pensée ».