Carnet n° 523 du 8 octobre 2018

« Retour sur images »… villeneuvoises…

Comme plusieurs dizaines de milliers de citoyen(ne)s l’ont fait depuis la fin du mois d’août, j’ai « revisité » ce dimanche mes 5 derniers carnets et j’ai pu voir qu’ils étaient tous titrés et ouverts sur l’actualité politique en France à travers les multiples « démêlés » de M. Macron avec lui-même, ses comportements, ses déclarations, ses images et ses politiques qui l’ont fait logiquement, en quelques semaines, s’effondrer dans tous les sondages d’opinion…

J’aurais pu, en ce lundi 8 octobre, continuer sur cette voie ne serait-ce qu’en raison du départ pour le moins « précipité » de Gérard Colomb de son Ministère de l’Intérieur, ses causes et ses « modalités »…

J’ai finalement fait le choix d’un « retour sur images »… villeneuvoises,

non seulement parce que l’actualité locale a, comme d’habitude, été très riche avec les Jubilaires à l’Hôtel de Ville, les Portes Ouvertes au Musée du Terroir, la Braderie d’Ascq, les Journées d’Astronomie au Héron, les magies de Fant’Ascq, les 30 ans de « Dire et Lire », l’Enfance d’Ascq, Improfight à la Ferme d’en Haut, le grand ménage citoyen du Héron, la marche au profit de « la ligue contre le cancer », sans oublier la nouvelle belle victoire du LOSC au Grand Stade contre St Etienne par 3 à 1 après celle de Marseille),

mais aussi… (sinon surtout) parce que, ce samedi, avec la ré-inauguration après de lourds travaux de réparations, de mises aux normes et de cachet architectural du 21ème siècle, du « Complexe Pierre Mendès France » dans le quartier des Près,

j’ai pu aussi revisiter l’histoire de Villeneuve d’Ascq depuis une quarantaine d’années.

C’est en effet dans le cadre d’une délibération du Conseil Municipal du 28 avril 1978 qui donnait à l’Epale la mission d’étudier et de réaliser en son nom les équipements publics communaux restant, (à charge pour la commune de les payer), que le 10 février 1983 l’Epale se voit confier la conception et la réalisation du complexe qui devait porter le nom de Pierre Mendès France.

La fin du statut de Ville Nouvelle demandée par la Ville et accepté par l’État étant intervenue en cette même année 1983, la ville résilie cette délégation de maîtrise d’ouvrage pour la reprendre à son compte en en confiant la maîtrise d’œuvre à M. Zeller.

Une maison de quartier, un centre d’accueil et de loisirs et une salle de sport seront ainsi ouverts et inaugurés en mai 1986 avec, à l’époque, des pompes à chaleur, preuve de notre dimension pionnière.

Pendant 20 ans correspondant à la finition de la Ville nouvelle, la stabilisation de Villeneuve d’Ascq, et après sa relance pour assurer sa place dans la Métropole Lilloise, une place que personne aujourd’hui ne lui conteste plus, l’équipement et ses usages individuels, scolaires et associatifs vont jouer un rôle important dans la vie du quartier des Près.

En 2014 un diagnostic nous conduit à décider d’une rénovation complète qui va le conforter dans sa dimension et une architecture du 21ème siècle.

Pour un montant de 1,7 million d’euros dont 460 000 € d’aide de la MEL le résultat est atteint, voire dépassé, grâce à notre architecte et à nos équipes techniques communales.

C’est donc bien une belle illustration d’un parcours qui nous mènera de la Ville Nouvelle reprise par la Ville de Villeneuve d’Ascq, son usage citoyen et associatif qui a fait notre réussite, sa rénovation nécessaire et son saut dans le 21ème siècle… que j’ai pu rappeler, ce samedi 6 octobre 2018, depuis la tribune inaugurale.

J’ai pu aussi annoncer, à cette occasion que dans le cadre de « Lille 2020 Capitale Mondiale du Design » la ville de Villeneuve d’Ascq proposait trois contributions :

1 – Un nouveau centre ville du 21ème siècle avec « Grand Angle ».

2 – La rénovation et la mise aux normes d’équipements et de logements des années 70 et 80 du 20ème pour les mettre à l’image architecturale et aux usages du 21ème.

3 – La préservation des fonciers publics agricoles pour y développer au plus vite des agricultures saisonnières de proximité.

J’ai aussi bien sûr et enfin rappelé le souvenir de Pierre Mendès France et ce qu’il nous a laissé bien que « Président du Conseil de courte durée » (232 jours). C’était l’usage sous la IV ème République et donc attention de ne pas basculer dans une VI ème qui lui ressemblerait !

On doit à P.M.F. la fin de la guerre d’Indochine avec les accords de Genève du 20 juillet 1954.

On regrettera son échec devant la chambre des députés sur son projet de CED (Communauté  Européenne de Défense) par l’addition des voix de l’extrême gauche et de la droite.

Et il aura douloureusement connu le début de la guerre d’Algérie en novembre 1954, une guerre « insupportable » dans tous ses aspects, ses dimensions et beaucoup de ses conséquences… Une guerre qui durera près de 8 ans et qui laissent toujours des traces profondes.

Je retiendrai aujourd’hui de lui une citation qui s’adressera à celles et à ceux qui brocardent « l’ancien monde » pour se complaire dans « leur nouveau monde » :

« La République doit se construire sans cesse… éternellement révolutionnaire à l’encontre des inégalités, des oppressions, de la misère, de la routine et des préjugés ».

Mesdames et Messieurs « les Marcheurs » et « les Insoumis », … vous qui avez brocardé les valeurs, idées et comportements de ce que vous appelez avec dédain « l’ancien monde » pour mieux vous promouvoir…, qu’en pensez-vous ?

Et si la IV ème République a connu bien des déboires (avec ses 21 gouvernements en 12 ans), des déboires qu’heureusement la V ème a su réduire, évitons qu’une VI ème nous y fasse retourner quand on voit les comportements politiques actuels individuels et collectifs qui sont souvent pires que ceux des anciens si souvent moqués. (Paul Ramadier, Robert Schuman, André Marie, Henri Queuille, G Bidault, René Pleven, Edgar Faure, R Mayer, J Laniel, PM. F, Guy Mollet, Bourgès Maunouvy, F Gaillard, P Flimlin, Ch de Gaulle).

Et ce, d’autant plus qu’avec des institutions d’une extrême faiblesse, la IV République avait dû « gérer la décolonisation » et pas comme aujourd’hui prioritairement les agitations de M. Benalla, les selfies de M. Macron…, et le désamour de M. Colomb dans la foulée de celui de M. Hulot (reparti en vacances)…

Si j’ajoute à cela les trahisons « à jets répétés » d’ex responsables et élu(e)s socialistes…,

non vraiment « le nouveau monde » s’il n’est beaucoup plus pire que l’ancien chez certains de ses acteurs… il n’est vraiment pas mieux !

On comprendra sans doute mieux que ma longue « carrière » dont je garde la solide mémoire et qui m’assure une réelle expérience ne me donne pas l’envie d’une retraite complète et sans nul doute maintenant définitive…

Et si aujourd’hui, au fil de ma réflexion en vue de 2020, je rejette les 2 formules extrêmes :

  • Je repars « comme en 40 » (seuls les plus anciens la comprendront)
  • Je me retire dans les Alpages ou les Alpilles

et si je suis plutôt dans une réflexion alternative entre « oui si » et « non sauf », j’avoue que je m’interroge sur « mes pudeurs » quand je vois que M. Juppé dont j’ai le même âge ne se pose pas ce type de question et que M. Colomb (qui n’en est pas éloigné) enregistre, dans les sondages, un souhait de réélection à la hauteur de 35 % tandis que l’IFOP mesure les 82% de Villeneuvois satisfaits de mon travail et les 62 % qui souhaitent ma réélection comme maire en 2020 (parmi lesquels un chiffre de 82% à l’Hôtel de Ville – au Pont de Bois et même 55% à Brigode).

Cela dit, je le répète car je n’ai pas pris ma décision, non seulement un sondage ne fait pas une élection, mais surtout, pour être élu, il faut vraiment le vouloir et y croire, que des conditions soient remplies en termes d’équipe que je voudrais de large rassemblement et de projet pour notre ville sans oublier les interrogations que tout individu peut se poser « quant au temps et à son usage qui le sépare de propre son horizon ».

Quoi qu’il arrive et quoi que je déciderai d’ici le 27 février 2019, on ne m’enlèvera jamais ma fierté d’avoir animé, tel un chef d’orchestre, ces décennies de vie et d’aventure Villeneuvoise et que les multiples manifestations festives du week-end écoulé ont parfaitement à nouveau illustré…

Sans doute que si notre Président de la République avait eu le goût et pris le temps de solliciter d’abord puis de se consacrer à un mandat local, sans doute, disais-je, ne multiplierait-il pas ses erreurs de comportements, de déclarations, d’attitudes et de politiques qui sont malheureusement en train de risquer de nous mener au pire…

Si « un grand » en la personne de Charles Aznavour nous a lui aussi quittés il y a quelques jours, c’est sur une citation de Romy Schneider qui aurait eu 80 ans le 23 septembre dernier et qui , dit-on, avait décidé en 1982 de nous garder son image éternelle de jeunesse avant de rejoindre son fils David, c’est, disais-je, avec une de ses citations que je clôturerai mon 523 ème carnet :

« Je suis capable d’aimer la Paix ou la violence, la sagesse ou la folie, le chaud ou le froid, jamais la médiocrité ».