Carnet n° 525 du 22 octobre 2018

Dure semaine !

J’ai vécu, depuis lundi dernier 15 octobre, une des semaines les plus chargées, les plus fatigantes, les plus pénibles aussi sans doute, qu’il m’ait été donné de vivre depuis bien longtemps… et cela, sur tous les plans soit comme acteur soit comme simple citoyen-spectateur.

Sur le plan national d’abord, après « une conclusion en quenouille d’une mini-crise en macronie » avec un remaniement ministériel qui, au bout de 2 semaines, nous a donné l’image « d’une 4ème République revenue » où on bouge quelques ministres sans rien changer au fond, une mini-crise qui semble d’ailleurs toucher le mouvement « En marche » si on en juge par les réserves exprimées par certains et les départs de quelques autres… sans compter « les troupes » qui semblent fondre « comme neige au soleil »,

on a eu droit à un spectacle grand guignolesque avec et autour de Jean-Luc Mélenchon empêtré par des perquisitions ordonnées dans le cadre d’affaires en cours le concernant lui et son mouvement

et on a donc pu, à ce propos, lire sur internet des expressions du type « la vie politique française aujourd’hui, un théâtre d’ombres » ou « … un théâtre de boulevard » (je penche d’ailleurs plutôt vers cette deuxième qualification).

Sur un plan plus régional, à la Métropole Européenne de Lille ce vendredi, un Bureau de la MEL, dans les couloirs et en Conseil,

on a eu confirmation sur le fond et surtout sur la forme que la campagne en vue de 2020 était lancée sans d’ailleurs vraiment clairement identifier ni le pourquoi, ni le comment, ni le « avec qui », ni le « contre qui ».

On a donc pas fini d’en reparler.

A Villeneuve d’Ascq enfin, après un Conseil Municipal plutôt serein mardi où toutes les délibérations furent adoptées à l’unanimité, la droite « LR et consorts » s’abstenant seule sur le budget supplémentaire  2018, j’ai reçu le lendemain « un bon coup sur la tête » en lisant l’ordonnance de mon renvoi devant le Tribunal correctionnel à propos de cette « affaire de novembre 2015 » (il y a donc 3 ans) où une élue LR a porté plainte contre moi en raison d’un article rédigé alors par le groupe FN la concernant et publié dans le bulletin municipal dans le cadre de l’expression libre des groupes politiques.

Après la campagne sur internet « d’amis du gouvernement » intitulée « Balance ton Maire », ce n’est pas ce type de comportements et de non-respect du travail difficile des élu(e)s locaux qui les incitera à continuer à se dévouer pour leurs communes et concitoyens et ce, quelles que soient leurs couleurs politiques.

On est vraiment dans un monde qui tourne fou en mode « théâtre de boulevard » alors que, dans le même temps, des dictatures nouvelles renaissent et des violences s’amplifient à tous les niveaux tandis que le climat se dérègle de plus en plus et que, dans notre pays, c’est la loi du plus fort et celle des plus riches qui domine, au nom d’un libéralisme déjà décrit il y a plus d’un siècle comme celui illustré par « un renard libre et une poule libre dans un poulailler libre ».

Il suffit pour cela de mesurer les cadeaux faits aux très riches et aux plus puissants « compensés » par des taxes et des tarifs qui explosent et que ne couvre pas la réduction de la taxe d’habitation, (une mesure dont on peut préjuger par ailleurs qu’elle réduira encore la liberté et les marges d’actions des communes).

Face à tout cela, ce n’est pas l’intervention télévisée d’un Emmanuel Macron sur le mode « figé et confit » d’un Michel Rocard, fin 1980, annonçant puis retirant sa candidature aux élections présidentielles de 1981 qui y changera quelque chose…

Comme ne s’en cachent plus déjà un grand nombre de ses amis de LRM… « c’est le Titanic », après un an et demi seulement d’exercice d’un pouvoir sans partage.

Heureusement et « en même temps » (une formule chère à notre Président), à Villeneuve d’Ascq la vie a continué en cette semaine et ce week-end automnaux sous un soleil par moment estival.

Et c’est pourquoi j’ai voulu mettre en étiquette de ce 525 ème carnet, un Dahlia pinata qui a fait les délices de nos jardins d’antan et qu’on peut retrouver au Musée de Plein Air, « une plante tubéreuse de la famille des astéracées » venue du Mexique où elle fut baptisée ainsi en 1791.

« Vieux monde, … quand tu nous tiens… »

Un « Musée de Plein Air », disais-je, où durant tout le week-end une belle et grande fête familiale et populaire « la fête de la sorcière » a réuni deux dizaines de milliers de Villeneuvois et de non-Villeneuvois,

au lendemain de la fête des allumoirs, « les lampions dans la nuit » organisée à Ascq par l’Amicale laïque, un loto à Concorde, des contes à la médiathèque, du théâtre, un concert, une première manifestation pour le Téléthon, l’amicale du Breucq en AG, sans oublier des sports et les belles victoires de l’ESBVA (2 victoires en une semaine), des « nanas du LMRCV, du HBCV, du VAM et du Losc qui continue sur sa lancée à Dijon​.

Beaucoup de manifestations donc, le tout dans un cadre de verdure Villeneuvois, un cadre créé et offert à tous par et dans une ville, Villeneuve d’Ascq, avec ses centaines d’hectares d’espaces verts, d’espace de nature, de lacs et d’espaces agricoles,

un cadre et des espaces appréciés des Villeneuvois bien sûr mais aussi des métropolitains Lillois et même au-delà (si j’en juge par les pointages réalisés en la matière).

C’est aussi cela « notre centralité » sans oublier nos établissements universitaires et notre apport économique illustré par un classement concernant le marché des bureaux publié par la Voix du Nord et qui nous situe en tête, devant Lille.

Oui franchement, tout cela rééquilibre un peu dans ma tête et dans mon cœur la vie politique nationale, la suffisance du pouvoir en place et les invectives de son punching ball favori (et sans doute mutuellement choisi).

« Macron, Méluch, Trump… même style ? Sans doute” (même si heureusement leurs idées sont différentes).

Ce rééquilibre, me fait tenir… mais pour combien de temps ? … je m’interroge toujours car si je me sens encore la force de « porter ma ville », j’avoue craindre les conditions et les formes d’une campagne à l’image de ce qui se dessine et que je ne pense pas être encore en mesure de supporter non pas par faiblesse mais par conviction d’inadaptation avec ce que je suis et avec mes valeurs…

J’ai encore 4 mois devant moi pour y réfléchir avant de décider mais je me sens glisser de plus en plus d’un « OUI SI » à un « NON SAUF »…

C’est Winston Churchill qui l’a dit :

« Si on vit de ce que l’on obtient, on construit sa vie sur ce que l’on donne ».

Au bout de 55 ans d’activités professionnelles et électives, j’ai la simplicité de croire que j’ai déjà beaucoup donné même si je sais qu’il reste beaucoup à faire et que, comme l’a écrit Albert Camus :

« La vrai générosité envers l’avenir consiste à tout donner au présent ».