Carnet n° 528 du 12 Novembre 2018

« La Victoire en chantant…. »

 

En ce 11 novembre 2018, dans la quasi-totalité de nos 35 357 communes recensées au 1er janvier 2018, on a commémoré le Centenaire de la fin, le 11 Novembre 1918, de ce qu’on a longtemps appelé d’abord « La Grande Guerre européenne de 1914 » puis « La Grande Guerre de 14/18 » avant qu’elle ne devienne « La première guerre mondiale » après le déclenchement en 1939 / 1940 de la seconde.

Ce fut souvent l’occasion de chanter un extrait du « Chant du départ » composé en 1794 et entendu à la bataille de Fleurus :

« La victoire en chantant nous ouvre la barrière la Liberté guide nos pas… »,

un chant destiné en 1914 à mobiliser les énergies et repris après 1918 pour fêter la Victoire, un chant très vite accompagné d’un autre texte écrit par Victor Hugo en 1835 sous le titre des « chants du Crépuscule » :

« Ceux qui pieusement sont morts pour la Patrie. Ont droit qu’à leur cercueil la foule vienne et prie ».

Ces chants que je me souviens avoir chanté dès 1950 devant « la plaque commémorative » posée sur le mur de mon école de Royaucourt et Chailvet, résument à eux seuls les deux grandes dimensions de cette guerre.

Une victoire bien sûr fêtée en 1918 par la France et ses alliés,… mais aussi une défaite pour l’Europe qui allait entamer par ses divisions et ses « saignées » la fin de sa primauté dans le monde, une fin achevée en 1945 après la deuxième Guerre mondiale.

Une guerre douloureuse et cruelle bien éloignée de « la victoire en chantant » pour résonner du nom des morts et des pleurs de leurs proches, 19 millions de morts et 21 millions de blessés dont 1 697 800 Français tués, 4 266 000 blessés et 27 % des jeunes de 18 à 27 ans décimés.

Des chiffres terribles dans des batailles cruelles et injustes où parler de « ceux qui pieusement sont morts pour la Patrie » est souvent une « insulte de plus » pour bon nombre d’entre eux que leurs chefs, Généraux et Maréchaux, avaient le plus souvent « envoyés au massacre » pour leur gloire personnelle.

Au demeurant, 100 ans après, partout en France, ce fut souvent durant le week-end un moment d’Union Nationale, d’émotion, de mémoire et d’engagement patriotique au sens noble du terme comme un pays, comme des pays, en ont besoin en ces temps de périls et d’angoisses que nous vivons aujourd’hui.

A Paris, sous la baguette de notre Président de la République entouré de plus de 10 000 membres de nos forces de l’ordre, 72 Présidents et chefs de gouvernement étaient présents sans incidents notables, sinon quelques échanges « pointus » avec D. Trump.

Partout en France, autour de leur Maire et des Corps Constitués, les citoyens se sont retrouvés.

A Villeneuve d’Ascq, une fois encore, nous avons montré « notre différence » avec une exposition originale et riche au Musée du Château de Flers (visible jusqu’en mars 2019), une conférence sur le rôle des soldats portugais dans notre ville et région, une manifestation très fournie de citoyennes et citoyens de tous âges autour du Monument aux Morts d’Annappes, une rencontre à la salle Marianne autour de travaux d’enfants mis à l’honneur et de témoignages de nos amis Portugais et d’une délégation Allemande venue de Leverkusen, pour finir à Concorde durant un après midi par un concert-spectacle d’une qualité rare telle que je n’en avais jamais connue et ce, devant près d’un millier de citoyen(ne)s !

Oui vraiment, une fois encore : «ça, c’est Villeneuve d’Ascq … une Ville en mouvement »

Quelqu’un m’a dit à cette occasion qu’il avait échangé quelques mots avec le Président Macron, qui aurait l’intention de répondre positivement à notre invitation à commémorer avec nous le 75ème anniversaire du Massacre d’Ascq le dimanche 14 avril 2019 jour les Rameaux. Ce serait une fierté pour notre ville après les visites passées de François Mitterrand.

Puis-je ajouter, concernant notre Président qui a fait, la semaine dernière, « une tournée » dans les régions et les villes qui ont marqué de leur sang et de leurs ruines la guerre de 14/18, mon regret de l’avoir vu ainsi mélanger des visites mémorielles avec des rencontres citoyennes un peu dures, vu le contexte de colère vis-à-vis de ses politiques, même si les publics avaient été, ici et là, plus ou moins bien filtrés.

Ce type de « mélange des genres » laissera dans nos mémoires des images davantage de colères des automobilistes, d’ouvriers et de retraités que de « Solennité Républicaine » sans oublier des maladresses, voire pire, s’agissant de l’évocation de Pétain…

Dommage… oui dommage…  inexpérience ou provocation ? … l’avenir nous le dira…

D’ici là, le 17 novembre prochain, dans 5 jours, la France risque d’être bloquée.

Comme l’a écrit Ricet Barrier dans sa chanson « la servante du château » :

« Chauffe un marron ça l’fait péter… »,

Et ce, bien après le proverbe

« Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse »

(un proverbe dont on trouve l’origine au XIII ème siècle « dans un Fabliau de Gaultier de Coinci : « Tant va un pot à liane qu’il rompt »).

A force d’attiser les colères… tout peut un jour arriver, le meilleur comme le pire…

C’est aussi ce qui arrive en Europe où à force d’avoir oublié les racines de l’Union voulue par ses pères fondateurs au profit d’un marché financier et d’une gestion technocratique, on voit resurgir des nationalismes imbéciles et violents qui risquent de nous replonger dans les affres et les miasmes d’un 20ème siècle commencé avec la guerre dont nous venons de commémorer le Centenaire de la fin.

Sur le fond, M. Macron n’a pas tort.

Sur la forme et l’opportunité d’en faire un élément de sa campagne électorale, il risque de « jouer ainsi contre le camp des vrais européens » (qui comme moi craindront de voir, comme en mai 2017, leurs voix détournées comme une approbation de ses pourtant néfastes décisions politiques nationales).

Y aura-t-il d’autres « choix européens » possibles en dehors des extrêmes, des populistes et des marcheurs ? Je l’espère encore, sans trop d’illusions, … avec peut être les Verts ou Ségolène Royal… (A suivre…)

Encore faudrait-il que des scores honorables éventuels des Verts ou de la socialiste Ségolène aux Européennes ne leur fassent pas oublier leurs graves erreurs et fautes qui ont amené leurs partis respectifs au niveau de 2017 et ainsi leur redonner des « exigences » pour les municipales de 2020 parfaitement incongrues… et j’en dirai de même à Benoît Hamon qui ne doit pas oublier ses 6,35 % et sa cinquième place au 1er tour des Présidentielles.

Si j’en juge par ce que l’on me rapporte de certaines discussions, demandes, prétentions et attitudes en la matière, j’ai tout lieu de m’interroger en particulier à Villeneuve d’Ascq et ce, quelle que soit ma décision le 27 février 2019.

Si en 2008, alors que le PS était en bonne forme après l’élection de N. Sarkozy en 2007, la liste que son Maire PS sortant menait avec des radicaux, des verts, des chevènementistes et même des militants de « lutte ouvrière » avait fait 27%…, en 2020, lui comme les autres et pas seulement à gauche auront bien des raisons d’être modestes….

Au demeurant, je le redis à nouveau, il faut faire passer pour gérer une ville les qualités des femmes et des hommes dans leurs diversités avant leur appartenance partisane, à condition bien sûr de partager les mêmes valeurs de justice, de solidarité, d’écologie, de laïcité, en s’appuyant sur des services publics, sur une participation citoyenne et associative et en refusant toute forme de communautarisme.

C’est depuis le 27 février 2002, date de sa création, le fondement de « Rassemblement Citoyen ».

Quoi qu’en pensent, me dit-on, certains de « mes amis politiques (sic) » et partenaires du même titre…, je n’en changerai pas… que je sois ou non candidat pour contribuer à faire élire une nouvelle équipe afin de poursuivre plus de 4 décennies au service de Villeneuve d’Ascq et des Villeneuvois.

Si John Kenneth Galbraith a pu dire que

« En politique rien n’est plus admirable que d’avoir la mémoire courte »

 

Ce n’est pas mon cas, chacun le sait, préférant ces mots de John Fitzgerald Kennedy :

« Le vrai politique, c’est celui qui sait garder son idéal tout en perdant ses illusions ».