Carnet n° 529 du 19 novembre 2018

Le « mea culpa » de M. Macron ?

 

C’est mercredi dernier, le 14 novembre, depuis notre porte-avion « Charles de Gaulle », et ce, de manière quelque peu « théâtrale » puisqu’assis sur une chaise entre deux avions « Rafale », que le Président, nous disent les médias, a fait son « mea culpa ».

Cette expression étant connue par tous, ou presque, sans toujours en connaître la signification exacte, je me suis replongé dans cette « prière de dévotion catholique » que, dans ma jeunesse, je psalmodiais : « mea culpa, mea culpa, mea maxima culpa », (« c’est ma faute, c’est ma faute, c’est ma très grande faute ») dans un « confiteor » suivi d’un « acte de contrition »  se terminant ainsi : « je prends la ferme résolution de ne plus vous offenser et de faire pénitence ».

Si je redis cela, c’est bien parce que manifestement ni de la part du Président, ni de son Premier Ministre, ni de ses Ministres ni même de ceux que je qualifierai de « porte flingues », il n’y a ni le moindre « mea culpa » ni le moindre « acte de contrition » mais plutôt une « nouvelle rafale » d’affirmations arrogantes quand ils nous disent :

  • Nous avons été entendus
  • pour autant qu’ils continueront dans la voie dénoncée par les manifestants…

Et là encore, cela n’a rien à voir, quoiqu’en disent certains commentateurs, ni avec les « Croix de Feu du Colonel de La Rocque » des années 1927 à 1936, ni avec le poujadisme des années 1953 à 1958.

A mon sens, si ressemblance il y a (sachant toujours que « comparaison n’est pas raison »), c’est avec les débuts en mars avril 1968 de ce que l’on allait appeler, voire mythifier, les « événements de mai 68 »…

Mais seul l’avenir nous le dira, sachant que nous ne sommes pas au printemps mais que nous entrons dans l’hiver…

Au demeurant, comme en mars-avril 68, on n’a pas encore eu affaire à des millions de manifestants mais à des manifestations nombreuses sans vraiment de leaders ni de mots d’ordre clairs.

En 68, c’était le fait d’étudiants issus des classes moyennes qui criaient vouloir « changer la vie ».

En 2018, ce sont les classes moyennes qui disent leur « ras-le-bol ».

En 2018, comme en avril et début mai 68, les syndicats étaient absents et les politiques « incrédules ».

Fin mai 68, les syndicats avaient obtenu de très importantes mesures avec « les Accords de Matignon » et les « politiques », qui avaient tenté une récupération, s’étaient lamentablement « plantés », les gaullistes écrasant massivement les oppositions lors des élections législatives de juin 68.

Tout cela pour dire et redire que dans les périodes de grandes incertitudes, tout peut basculer dans un sens, comme illustrées par

ces paroles chantées par Jean Gabin : « on sait qu’on ne sait jamais »,

… et moi aussi je le sais… ,

sachant surtout qu’on ne gagne rien à se crisper sur des positions intenables, à fermer ses yeux et sa bouche tout en se bouchant les oreilles… (tels les petits singes bien connus) quand l’addition des populismes extrémistes de droite et de gauche peuvent, à un moment donné, s’agréger comme aujourd’hui en Italie… et ailleurs en Europe.

En attendant, plus que jamais, les élections européennes de mai 2019 risquent d’être désastreuses pour les vrais Européens et les municipales de 2020 déboucher sur « tout et n’importe quoi »…

C’est pourquoi, malgré toutes les raisons qui me poussent à me retirer, je continue à réfléchir, convaincu que des alliances traditionnelles entre appareils politiques squelettiques et déconnectés des citoyens peuvent, un peu partout et en particulier à Villeneuve d’Ascq, déboucher sur les pires désordres d’abord et impasses ensuite…

Plus que jamais pour moi, seule une très large alliance citoyenne de Progrès« Il n’est pas nécessaire d’être d’accord sur tout pour bien travailler ensemble » peut nous éviter le pire si tant est que ce que nous avons vu commencer samedi avec « les gilets jaunes » ne débouche pas en France dans les prochaines semaines sur une crise sociétale majeure… voire pire, vue l’attitude de nos dirigeants, une attitude qui, (pour reprendre les termes de la liturgie catholique) s’apparente à de « l’attrition » et donc au contraire de « la contrition »…

Si j’ajoute à cela qu’à l’image de toutes leurs actions et communications, sur la question du prix des carburants, nos dirigeants alternent 2 argumentations contradictoires qui se détruisent l’une l’autre :

  • C’est notre décision (disent-ils) car c’est le seul moyen de lutter contre la pollution (sous-entendu en empêchant les moins riches de circuler pour des raisons de coûts consécutifs aux taxes)
  • « Ce n’est pas de notre faute » (disent-ils juste après) s’agissant simplement des conséquences sur les prix aux litres des hausses des prix mondiaux au pétrole brut.

Pour ce qui est du « fond », ce n’est pas « brillant » venant de tous ces « princes » et « princesses » sortis de l’ENA.

Quant à la forme, le fait de voir intervenir sur le même thème et dans les mêmes termes autant d’anciens élus et dirigeants socialistes et verts, au mieux « cela tourne à la gaudriole »… au pire au mépris désastreux pour notre République, mépris, incompétence et pire pour certain(e)s.

Heureusement, au risque de rabâcher, je le redis aussi, Villeneuve d’Ascq vit !

Notre Ville vit, une Ville en mouvement, une Ville nature, une Ville citoyenne, une Ville étudiante, une grande et belle Ville nichée à côté de Lille au cœur de notre Métropole Européenne.

Le week-end n’a, à nouveau, pas manqué d’activités, avec une rencontre solidaire avec deux femmes résistantes iraniennes, avec des clubs sportifs performants, une Foire aux livres à Concorde, des AG associatives dans tous les domaines…, une belle victoire de la France en rugby à XV au Grand Stade et cela me fait du bien d’y rencontrer des Villeneuvois(e) heureux de s’y rencontrer et même, souvent, de m’y rencontrer…

Je ne sais pas aujourd’hui s’il y aura encore demain (et surtout après demain) des élus locaux et des Maires.

Ce que je sais quand je croise certain(e)s qui y pensent très fort, c’est que, chez beaucoup d’entre elles et eux, « il y a un manque d’envie », ne voyant surtout dans ces mandats locaux qu’une « première marche » ou une « marche de plus » dans une carrière politique…

C’est sans doute cela leur « Nouveau Monde » (de droite comme de gauche)… c’est pour cela que ce « nouveau monde » n’est pas le mien !

Car si Voltaire a pu écrire que : « La politique est l’art de mentir à propos »,

si Albert Camus a dit d’elle que c’était « Une machine à désespérer les hommes »,

je crois comme Mère Teresa que : « La vie est un défi à relever, un bonheur à mériter, une aventure à tenter »,

n’hésitant pas quant à moi « à faire mon propre mea culpa » quand je pense à celles et ceux de mes proches que j’ai plus ou moins cruellement sacrifiés pour cette vie qui aura été la mienne…

Et c’est pourquoi enfin et pour une fois contrairement à Victor Hugo :

« Le soleil couchant (que je suis) (n’) est (pas) jaloux de la (ou des) lune(s) qui se lève(nt) »

Elles et ils n’auront même pas ce plaisir…