Carnet n° 531 du 3 décembre 2018

« Se répéter ou se contredire ? »

Depuis plusieurs semaines, chaque lundi matin, au moment où je me retrouve devant une dizaine de feuilles blanches, mon stylo-plume à la main, je me fais cette même réflexion en m’interrogeant sur le fait, une fois encore, de devoir choisir entre me répéter ou me contredire …

Depuis plusieurs semaines et après 3 samedis de violence je n’ai pas changé d’avis et d’analyse : beaucoup de Français en ont assez des conditions de vie que leurs dirigeants leur imposent ; la France est en crise grave avec une image qui se détériore dans le monde ; la violence et les violences enflent d’heure en heure et semaine après semaine ; le Président et ses Ministres « ont perdu les pédales » en multipliant des déclarations et des attitudes parfaitement contradictoires ; somme toute, ils conjuguent à l’envie « amateurisme et arrogance ».

N’étant pas de ceux qui s’en réjouissent car, au bout du bout, c’est la France qui en paie et en paiera le prix avec, surtout, une contribution, là encore, la plus grande des plus pauvres et des moins riches, des plus faibles et des moins forts.

L’Histoire de France et celle du Monde en sont pleines d’exemples cruels et douloureux.

Et je pense à travers mes carnets du 19 novembre (après la journée du 17), du 26 novembre et aujourd’hui du 3 décembre redire ce que j’ai toujours dit :

Je comprends le mouvement des Gilets Jaunes et la colère de ses manifestants.

Je regrette et je dénonce le mépris avec lequel ils ont été traités dès le départ par le pouvoir en place. Le temps ainsi perdu ne se rattrapera pas cette semaine qui commence, les concessions susceptibles d’être faites et qui, il y a 3 semaines, auraient pu éviter une montée des violences seront maintenant considérées comme insuffisantes.

Je condamne celles et ceux qui, avec leur parti politique ou « pour se faire mousser », essaient de les récupérer.

Et je me dois de rappeler en cet instant ces paroles de Jean Paul Sartre :

« Je reconnais que la violence, sous quelque forme qu’elle se manifeste, est un échec. Mais c’est un échec inévitable parce qu’on est dans un univers de violence ».

Cela ne m’empêche pas de condamner celles et ceux qui, au plus haut niveau de l’État, après n’avoir rien vu venir, rien compris du désespoir de millions de nos concitoyens, ont voulu user des provocations, de mesures inadaptées, de refus de dialogue, de négations des réalités…

On en a vu les résultats ce dernier samedi avec un Arc de Triomphe souillé… ce qui n’était jamais arrivé même « aux pires heures sombres ou agitées de notre Histoire ».

Le Républicain que je suis ne le supporte pas et il devrait au moins y avoir une première décision, la sanction et le départ du Ministre de l’Intérieur qui a failli, une deuxième qui serait un moratoire sur les taxes et une troisième ouvrant des discussions sur le mal-être des Françaises et des Français ainsi que des réponses à y apporter.

L’Homme qui, comme moi, a vécu mai 68 se souvient de l’intelligence de Georges Pompidou qui a conduit aux Accords de Matignon et à la fin rapide des désordres quelques jours après.

Moi qui ne fut jamais alors ni le chef ni un des casseurs de Mai 68, comme Daniel Cohn Bendit, pas plus que je ne me suis, contrairement à lui, rallié plus tard au libéralisme capitaliste le plus pur, je peux le dire : en Mai 68, il y eu certes des manifestants plus ou moins violents, mais aussi des corps intermédiaires syndicaux responsables et un Georges Pompidou réaliste…

C’est sans doute ce troisième élément qui nous manque le plus aujourd’hui.

La semaine écoulée, on le voit, aura été marquée par ces événements amplement couverts par les chaînes de télévision « à jets continus ».

Elle a été aussi douloureusement marquée à Villeneuve d’Ascq par les déclarations d’un SS aujourd’hui âgé de 96 ans qui a participé au Massacre d’Ascq du 1er avril 1944 et qui a l’outrecuidance, l’impudeur et l’ignominie de le justifier encore aujourd’hui.

J’ai dit ce que j’en pensais et je demande à chacun(e), quelle que soit sa place, de le manifester par tous moyens.

J’ai écris pour cela à au Président Emmanuel Macron et à la Chancelière Angela Merkel. Je vais saisir toutes les autres autorités régionales, nationales et européennes. Mais je pense aussi que les associations et les citoyens doivent faire de même pour lutter contre les résurgences du négationnisme et les miasmes nazis qui ont commencé à nous ré-empester !

Si je devais en rester là et si en plus je voulais évoquer les manœuvres de tous ordres et à tous les niveaux, préludes aux prochaines élections municipales,

si je devais aussi parler des difficultés à porter les lourds dossiers qui impactent l’avenir de ma Ville, de la MEL, de la France,

si je devais, et je le dois, redire les périls environnementaux qui nous menacent et menacent nos enfants,

je serais tenté de « sortir de scène » et de tirer le rideau le plus rapidement possible…

Mais ce n’est pas dans mon tempérament sachant que « si on a une seule certitude, c’est qu’on est mortel (personnellement et publiquement), mais qu’il faut rêver, penser, agir et donc vivre comme si on était éternel ».

C’est ce que je fais à condition d’avoir encore les moyens d’agir en Rassemblant et en unissant celles et ceux pour qui « les enjeux l’emportent sur les jeux » .

J’aurai l’honnêteté de reconnaître que « ce n’est pas gagné »…

Alors, l’espace d’un week-end avec, entre autres, l’allumage des décors de Noël, le marché de Noël au Château de Flers, les actions dans le cadre du Téléthon, la victoire de nos guerrières de l’ESBVA, les expo-ventes solidaires, les AG associatives, la Cérémonie des retraités communaux, des conférences, les spectacles de la Rose des Vents, les actions pour la Paix et contre la peine de mort, et bien sûr le grand Concert annuel de Noël à l’Espace Concorde… qui aura une nouvelle fois su conjuguer qualité et citoyenneté  associative,

Alors oui, disais-je, avec tout cela propre à Villeneuve d’Ascq, une Ville en mouvement, … « malgré tout »… « j’ai rechargé mes batteries »  avec les élu(e)s que j’y retrouve fidèlement depuis le début de mon (et pour certain(e)s de mes mandat(s)…)

Tout cela m’autorise à citer à nouveau Jean Paul Sartre pour terminer ce 531ème carnet :

« Dans la vie on ne fait pas (toujours) ce que l’on veut mais on est (toujours) responsable de ce que l’on est ».