Carnet n° 537 du 14 janvier 2019

Stop ou encore ?

Si cette semaine du 7 au 13 janvier 2019 restera pour moi, dans ma mémoire, celle de mon discours de vœux aux Villeneuvois (et au-delà) que j’ai prononcé, durant ¾ d’heure devant plus de 700 citoyen(ne)s dans l’Espace Officiel de notre Hôtel de Ville, réaménagé pour la circonstance par nos agents du protocole sous la conduite d’Isabelle Ducrocq, avant de vivre à l’ Espace Concorde une superbe édition nouvelle du « Bal de Vienne »,

elle a sans doute été marquée d’abord par le 9ème épisode de la série des « Gilets Jaunes », une série dont la neuvième saison, comme on dit maintenant, contrairement aux espoirs du gouvernement, a « repris du souffle » après la période des fêtes de fin d’année.

Elle a aussi surtout été occupée, et c’est encore plus grave (vu que l’un conditionne en partie l’autre), par les atermoiements de M. Macron, de son gouvernement, de ses député(e)s et de ce qui lui reste de « marcheurs » à propos de ce soi-disant « Grand débat » qui doit s’ouvrir dans moins de 24 heures, ce mardi 15 janvier et dont on n’a eu, en cet instant, que quelques brèves à travers les médias et les réseaux internet à partir d’une « Lettre aux Français » du Président Macron remise à la presse hier soir dimanche vers 20 heures.

Si, nous dit-on, dans cette lettre M. Macron évoque les domaines où il attend « les conclusions » de débats citoyens tout en rappelant qu’il ne saurait être question ni de revenir sur les décisions qu’il a prises depuis 18 mois ni sur son programme à mettre en œuvre d’ici 2022, un programme, je le rappelle, approuvé par 24% des électeurs (soit 18% des inscrits) au premier tour des Présidentielles, la plupart de ceux ayant voté pour lui au deuxième tour (43,61 % des inscrits), (dont je fus), l’ayant fait pour battre Mme Le Pen et non pour approuver ce programme,

il reste très vague sur ses modalités et le Maire que je suis n’a, à cette heure lundi 14 janvier à 8h, toujours rien reçu ni de lui ni de la Préfecture quant à son déroulé ni même quant aux moyens matériels qui seront exigés des communes pour l’organiser (et je ne parle même pas de la prise en charge par l’État des coûts éventuels générés et encore moins de leurs prises en compte dans le « contrat léonin », qui mérite plus que jamais ce qualificatif que l’État nous a imposé).

En plus de 50 ans d’engagements, de militantisme et près de 43 ans de vie élective, je n’ai jamais connu cela !

Rappelons que, même en mai 1968, le Président De Gaulle avait dissous l’Assemblée Nationale le 30 mai et organisé de nouvelles élections les 23 et 30 juin réduisant ainsi le mouvement à moins de 2 mois entre le 3 mai (et l’occupation de la Sorbonne) et les 23 / 30 juin (dates des élections) en passant par les accords de Grenelle signés le 27 mai.

Comme quoi, « l’ancien monde » et ses acteurs n’avaient pas que des défauts quand on le compare à ce « nouveau monde » et ses « porte-voix »…

L’avenir nous dira sur quoi toute cette « pagaille » débouchera, résultat qu’elle est, sur la forme, d’amateurisme et d’arrogance et sur le fond, de colères, de désespoirs, de misères matérielles et morales….

Même si le pire n’est jamais sûr, il n’est pas possible de l’exclure ce que je ne souhaite pas ni pour notre République, ni pour notre Démocratie, ni donc pour la France, pour l’Europe et pour l’ensemble de mes compatriotes…

En ce qui me concerne, je mettrai à disposition les moyens matériels qui me seront demandés. Je le dis depuis un mois en précisant qu’en aucune manière, je ne servirai de « mur de rebond » à la colère populaire légitime sur le fond, une colère toujours en cours et pas prête à s’arrêter de s’exprimer.

J’ai d’ailleurs, je le rappelle, mis à disposition des « cahiers de doléances à l’adresse du Président Macron » à l’Hôtel de Ville, dans les 5 mairies de quartier et nos deux maisons de quartier dès le 2 janvier dernier.

Chaque citoyen qui le souhaite peut venir y écrire ses doléances ou ses propositions comme il peut le faire par messagerie internet, des messages qui seront joints aux cahiers de doléances.

Le fait est, en ce jour de 14 janvier 2019, après 9 semaines de manifestations, de troubles et de désordres et à moins de 24 heures de l’ouverture officielle du « Grand débat de M. Macron », il est légitime de se poser la question (qui titrait une émission radio sur RTL créée en 1970) « Stop ou encore ?» pour ce qui est du fonctionnement et de la capacité d’action des « pouvoirs en place » à l’Élysée, Matignon et à l’Assemblée Nationale (et je ne parle pas des Ministères dont certains sont déjà à la dérive).

« Stop ou encore ? » C’est peut être, sinon sans doute, la question légitime aussi que se sont posés beaucoup de citoyens qui sont venus m’écouter ce dimanche de 11h15 à 12h à l’Hôtel de Ville à l’occasion de la Cérémonie traditionnelle de mes vœux à mes concitoyens.

On pourra lire mon discours dans son intégralité par ailleurs, (y compris sur mon blog), un discours que j’avais beaucoup « travaillé » pour être le plus complet possible et qu’il n’est donc pas ce matin nécessaire que je résume, d’autant plus, on s’en doute, … « que chaque mot compte ».

Pour certain(e)s, j’aurais mis fin au suspense de ma candidature éventuelle en mars 2020.

Ce n’est pas aussi sûr et les doutes qui me « taraudent » depuis des mois sur la légitimité de ma candidature et son opportunité n’ont pas disparu.

Il est vrai que la situation politique aujourd’hui rend plus légitime qu’hier une candidature éventuelle de « l’homme d’expérience » que je suis.

Il est vrai aussi que le calendrier des travaux et des lourds projets qui concernent Villeneuve d’Ascq pour son maintien « en tête de peloton » à la MEL et au-delà est incontournable.

Il est vrai enfin que j’ai la forme, de l’énergie « à revendre » et de l’enthousiasme, des conditions plus que nécessaires.

Reste que pour réussir dans le contexte actuel il me faudrait pouvoir compter sur un très large rassemblement de ce que j’appelle « le Camp du Progrès » qui dépasse tous les cadres partisans pour privilégier la représentation nécessaire (et plus que légitime) sur une même liste que je conduirais alors, d’une très large partie des citoyen(ne)s villeneuvois…

Et cela, même à l’heure où les partis politiques sont tous à la dérive… c’est loin d’être gagné… et, honnêtement, je ne me sens pas en capacité de manœuvrer avec « une règle à calcul » sur des rapports de forces « pré-supposés » entre des forces et partis politiques.

Quand je regarde tous les groupes politiques de notre Conseil Municipal actuel, je peux démontrer que ce ne sont pas, ni dans la majorité ni dans les oppositions, automatiquement les étiquettes qui font le travail citoyen réalisé, la tenue des engagements pris et même l’attachement à Villeneuve d’Ascq.

On n’a donc pas fini, ni d’y réfléchir ni d’en parler… même si la base aujourd’hui nécessaire pour que je continue à avoir « Villeneuve d’Ascq au cœur », existe plus que jamais.

 

Comme l’a écrit Alphonse de Lamartine au milieu du 19ème siècle :

 

« Je lis dans l’avenir la raison du présent »

(à méditer sans modération)