Carnet n° 550 du 15 avril 2019

« Le Chêne et le Roseau »

A l’heure d’écrire mon 550ème carnet, un carnet, après 549 autres rédigés chaque lundi de chaque semaine, des carnets qui comptabilisent sur mon blog 3 355 000 connexions et sans doute trois autres millions sur les deux autres sites qui les publient,

j’ai repris, pour l’ouvrir, avec « Le Chêne et le Roseau », le titre de la première fable de Jean de La Fontaine du « Livre 1 » publié en 1668 avant, nous dit-on, 242 autres qui sortiront de 1668 à 1694, une fable qui trouve, comme bien d’autres, son origine chez Ésope sous le titre « Le Roseau et l’Olivier ».

Une fable, parmi beaucoup d’autres, que Jean de La Fontaine utilisait au XVIIème siècle pour dénoncer les abus et les « états » de la société.

Trois cent cinquante ans plus tard, elles sont toujours d’actualité et j’ai souvent eu l’occasion de le montrer avec, entre autres, « le Corbeau et le Renard », « le Loup et l’Agneau », « la Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le Bœuf » etc… etc…

Car il est vrai, qu’arrivé à ce stade de ma longue vie publique, une vie publique sans aucune tâche, je sens tourner autour de moi des « ombres noires » du type de celles qui angoissaient Harry Potter… de « l’École des Sorciers » aux « Reliques de la Mort ».

Le monde en général et le monde politique en particulier est devenu tel que tout est devenu possible pour décourager un homme public comme moi qui, pour les tenants de tous bords du « monde d’aujourd’hui », n’a sans doute que trop duré et qui a donc eu le tort de dire qu’il était prêt à continuer encore un peu… au service de ses concitoyen(ne)s villeneuvois(es) et métropolitains, et ce, après avoir durant plus de 4 décennies lutté contre de multiples pouvoirs politiques et économiques qui ne le lui ont jamais pardonné sans oublier aujourd’hui les tenants de communautarismes.

Et dans cette fable qui titre mon 550ème carnet après que le roseau ait dit au chêne :

« Vous avez réussi (à propos des grands vents)

Contre leurs coups épouvantables

Résister sans courber le dos ; (en ajoutant)

Mais attendons la fin,

Comme il disait ces mots,

Du bout de l’horizon, accourt avec furie (le pire des vents forts).

L’Arbre tient bon ; le Roseau plie,

Le vent redouble ses efforts,

Et fait si bien qu’il déracine… »

(je m’arrête là)

Si j’ajoute à cela « la raison du plus fort » qui ouvre la fable du « Loup et  l’Agneau »,

on comprendra certaines de mes angoisses… d’autant que si j’ai encore à mes côtés et derrière moi des citoyens qui sont là, des élus villeneuvois de toutes sensibilités qui me font confiance, ce n’est, bien sûr pas le cas de tous et surtout le cercle est bien étroit et fragile au-delà du « noyau dur » de Villeneuve d’Ascq.

Les commémorations du 75ème anniversaire du Massacre d’Ascq que je présidais ce week-end aux côtés des familles ascquoises me l’ont, à nouveau, illustré avec des citoyens émus et présents, certes en grand nombre samedi soir encadrés par 86 enfants porteurs de flambeaux, une église d’Ascq pleine à craquer dimanche matin, un long cortège ensuite depuis la Maison de Quartier Denis-Blanchatte jusqu’à la salle Pierre et Marie Curie en passant par le Tertre des Massacrés, le cimetière d’Ascq et le monument aux fusillés du Fort de Seclin,

mais aucune « personnalité nationale gouvernementale, peu ou pas de responsables régionaux, départementaux ou métropolitains, si ce n’est le Directeur de Cabinet du Préfet (un Préfet dont je mesure cependant la charge de travail ce week-end entre Gilets jaunes à Lille, Paris-Roubaix et le LOSC/PSG à VA mais que j’ai néanmoins pu joindre au téléphone 3 fois durant le week-end), Monseigneur l’Évêque Ulricht, le Général commandant de la gendarmerie et quelques autres élus communaux, départementaux (dont Didier Manier), régionaux (dont Florence Bariseau et Véronique Descamps) sans oublier notre député Ugo Bernalicis, Bernard Derosier et Audrey Linkenheld.

Certes, on était, ce week-end là, au milieu des vacances scolaires.

Certes, il y avait présents un bon nombre d’adjoints(e)… (mais pas tous), de conseillers(e) MEL et de conseillers(e) municipaux… (mais pas tous).

Pour autant, quelles que soient les raisons de ces absences, mêmes compréhensibles il en fut, à tous les niveaux, qui faisaient « un peu tache » pour une telle manifestation de la Mémoire Ascquoise et de la transmission du relais aux générations futures.

Quant à moi, dans ce contexte, mon émotion fut telle lors de mon discours, (peut-être le dernier prononcé en de telles circonstances), que, pour la première fois de ma vie, « je me suis pris les pieds dans le tapis » avec la perte de certaines de ces feuilles écrites à cet effet que le vent avait fait s’envoler…

Heureusement que « l’organisatrice en chef », Isabelle Ducrocq, sut, en moins d’une minute, me remettre un exemplaire, cette fois-ci complet, de mon intervention (qu’on pourra lire par ailleurs) et que j’ai donc pu prononcer dans sa totalité.

Tout cela pour peut-être mieux comprendre mon état d’esprit en ce lundi 15 avril après une semaine que je ne souhaiterais à personne (y compris parmi mes pires ennemis).

Tout cela qui me fait m’interroger sur cet état d’esprit :

Soit j’exagère et je « surdimensionne »… et donc je ne suis plus à la hauteur,

Soit j’ai raison… et c’est encore plus grave que ce que je crains pour l’avenir…

Les prochaines semaines m’apporteront sans doute les réponses, bonnes ou mauvaises, à ces interrogations

Reste que la semaine qui s’ouvre, « Semaine Pascale et sainte » pour les catholiques avec en finale « crucifixion, mise au tombeau et résurrection », sera aussi pour le Président Macron et ses « amis », une semaine de tous les périls qui commencera ce lundi à la télévision par un « One man show » qui peut déboucher sur tout, voire sur le pire (ce que, je le répète une fois encore, je ne souhaite pas).

Mais à trop naviguer à l’aveuglette contre vents, marées et courants, sans les boussoles de l’expérience et du bon sens, voilà ce qui arrive … et ce, quand ce n’est pas pire, comme quand les officiers du Titanic le précipitèrent sur un iceberg pour gagner un peu de temps et remporter un prix de vitesse et un label de « nouveauté »…

« L’Histoire est plein de temps » où ces mêmes causes, dans tous les domaines, ont produit ces mêmes effets… 

Je voudrais me tromper, mais à quelques heures du « show » présidentiel, je peine à croire que ce sera le cas…

« En attendant, attendons »…

J’ai commencé ce carnet avec la fable de Jean de La Fontaine « Le Chêne et le Roseau ».

Je le terminerai au son de la Symphonie n°8 « Inachevée » de Franz Schubert suivie de « Somebody to love » du groupe Queen écrit par Freddie Mercury,

et peut être avec un titre de chanson connu des plus anciens (dont je suis) : « Ma Vie » d’Alain Barrière,

avec en bonus une citation de François Mitterrand :

« L’action politique, à certaines heures, est comme le scalpel du chirurgien, elle ne laisse pas de place à l’incertitude ».

Je la dédie à notre Président pour ce soir et je me la dédie pour les prochains jours et prochaines semaines.