Carnet n° 552 du 29 avril 2019



«  Tout ça pour ça ? »

C’est, comme sans doute beaucoup de téléspectateurs et de commentateurs politiques, la remarque en forme de question que je me suis faite après avoir suivi, dans sa totalité, les 2H25 de conférence de presse du Président Macron.

La formule est connue et souvent utilisée à tout propos. Elle a même été retenue comme titre d’un film de Claude Lelouch en 1993, sans d’ailleurs vraiment de rapport avec son sens d’aujourd’hui.

Le fait est (et même si certain(e)s plus conciliant(e)s avec le Président avaient pu craindre que cela aurait pu être pire), que, comme d’habitude, il a plutôt été bon sur la forme, y compris face à deux questions de journalistes moins complaisantes que les autres, sur le fond, il n’y a rien eu (ou presque) de nature à satisfaire l’ensemble des Françaises et des Français.

Si certaines annonces catégorielles, déjà connues et pas vraiment financées, ont pu, à juste titre, être bien reçues par leurs bénéficiaires potentiels, le cadre, la philosophie, les axes et la politique mis en œuvre depuis près de 2 ans restent inchangés…voire fortement « réaffirmés » !

Pas étonnant que 70% des Françaises et Français aient pu, nous indiquent les sondages effectués, se dire insatisfaits et seuls 5% se dire « très satisfaits »…

Une fois de plus, en ce lundi 29 avril, je le redis : cela ne me réjouit pas ! Non seulement parce que cela ne correspond ni à mes idées ni à mes valeurs que d’aimer critiquer mais parce que je suis persuadé (et je souhaite me tromper) que cela nous mènera à l’échec et surtout que ce sont encore les plus fragiles et les moins riches de nos concitoyen(ne)s qui en paieront le prix fort.

Pouvait-il faire autrement ? ce n’est pas sûr…  « n’est ni De Gaulle, ni Mitterrand, ni Chirac…qui veut ! »

Et de repenser, hier dimanche 28 avril, que tout juste 50 ans avant, le 28 avril 1969, le Général De Gaulle s’en allait après avoir démissionné la veille, 11 mois après avoir s’être sorti plutôt brillamment de la crise de mai 68… , une démission pour partie consécutive à l’émergence pour l’électorat de droite d’une « alternative » qui convenait mieux à cet électorat…en la personne de Georges Pompidou.

Comme quoi l’Histoire est, comme on dit, « un éternel recommencement »… Quand certains grandissent dans l’ombre d’un père géniteur avant, le moment venu, de le dévorer ou, plus simplement, d’appliquer ce que j’appelle « la loi des prédateurs », ces prédateurs qui ne s’attaquent qu’aux animaux trop vieux, malades ou blessés… François Hollande est le dernier a connaître ce sort en 2017.

Il ne restera pas le dernier à en faire l’expérience.

C’est vrai dans la nature.

C’est vrai, au sens figuré, au niveau de la Présidence de la République.

Mais c’est aussi à tous les autres niveaux, y compris au niveau municipal.

Et oui… « tout ça, pour ça »…

Mais comme l’a dit Francis Blanche :

A trop vouloir « prendre des vessies pour des lanternes » (vieille expression qui trouve son origine au 13ème siècle)…on se brûle… !

  • Promettre « des choses » qui existent déjà ou qui ont déjà été promises
  • Promettre « des choses » non financées
  • Promettre « des choses » et les faire faire par d’autres.

(ex : l’engagement à ne pas fermer d’écoles tout en fermant des classes ce qui conduit un jour à laisser au Maire la responsabilité de fermer une école dont l’Etat a fermé toutes les classes…)

Et ce n’est donc pas étonnant que lorsqu’on veut faire « prendre (aux citoyen(ne)s) des vessies pour des lanternes », après 24 semaines et manifestations et 3 mois de soi-disant « grand débat »,

on en arrive  à ce que les citoyen(ne)s se disent : « tout ça, pour ça ? »

Au demeurant l’expression peut servir, à d’autres niveaux, depuis l’agitation « médiatico-politico-financière » autour et après l’incendie de Notre Dame de Paris jusqu’aux questions et angoisses légitimes que l’on peut avoir 75 ans après le Massacre d’Ascq, 75 ans après l’ouverture des camps de la mort nazis et bientôt 75 ans après le débarquement en Normandie de nos alliés venus libérer la France avec l’aide de la Résistance et des Français libres du Général De Gaulle.

Quand on constate à travers tout le continent européen la résurgence, sous des formes multiples, des idées et propos qui nous ont conduits aux pires malheurs au 20ème siècle,

oui, on peut s’interroger : « tout ça, pour ça ? » :

75 ans de commémorations, 75 ans d’hommages, 75 ans de mises en garde…et « tout ça » pour que les héritiers de ceux qui nous ont conduits aux pires malheurs s’épanouissent sur des estrades politiques et engrangent des voix… oui, « tout ça pour ça ? ».

Mussolini est honoré ici. Hitler voit son anniversaire fêté là. Les camps de la mort sont niés par certains. Les victimes sont même parfois accusés d’être responsables de leurs malheurs…

 et tout cela sans provoquer de réactions indignées massives !

Oui « tout ça pour ça » !

Des millions de Françaises et de Français vivent dans la misère, qu’ils soient jeunes, moins jeunes ou vieux tandis que des milliers sont milliardaires et archi-milliardaires… dirigeants du CAC 40, gros actionnaires, joueurs de football financés par le Qatar ou d’autres…etc…, pendant que des associations, leurs militants et leurs dirigeants crient (souvent dans le désert) et agissent (à l’image du « tonneau des Danaïdes ») pour lutter contre toutes les misères dans un monde où les richesses ne manquent pourtant pas, en ce début du 21ème siècle, on est en droit de se le dire : « tout ça, pour ça ? »

Et malgré tout, il faut se battre car même si les chances de changer les choses et de « changer la vie », sont bien minces, en ne faisant rien, il est sûr qu’elles ne changeront pas !…

C’est la leçon de l’Abbé Pierre. C’est celle que nous ont rappelée des membres du clergé après l’incendie de Notre-Dame. C’est celle de tous les militants sociaux que je rencontre au quotidien dans les quartiers de ma ville.

« Tout ça, pour ça » enfin… puis-je oser me permettre de dire, après 56 ans de vie d’activités professionnelles ou électives et sans prendre le risque de me voir à juste titre reprocher de comparer des choses qui ne sont absolument pas comparables en termes d’importance et de gravité (et que j’ai rappelé plus haut), ?

puis-je me permettre, disais-je, de me poser cette question pour moi-même quand j’entends, quand je lis certaines choses ou quand je sens, à tort ou à raison, certaines menaces…. :

« Tout ça pour ça ? »

Quand après avoir contribué à construire « une ville à taille humaine », aux services publics nombreux où l’humain prime dans toutes les décisions, où l’écoute est de mise et où la meilleure gestion possible des fonds publics est la règle, à la fin d’une réunion je me fais vigoureusement interpellé par une citoyenne parce que les propriétaires d’une propriété voisine à la sienne ont décidé de vendre leur propriété à un promoteur pour y construire des maisons…,

oui, je suis en droit de m’interroger concernant ce que je vais faire de mes dernières années de vie, et tel « l’homme qui se penche sur son passé », me dire :

« Tout ça pour ça ? »

Et je n’évoque là qu’un exemple parmi bien d’autres passés, présents et peut être à venir…

Pas étonnant quand, pour défendre mes idées, mes valeurs, ma ville, son environnement, j’ai  multiplié des adversaires, économiques, politiques, communautaristes… (j’en passe et des meilleurs)… je me dise qu’il me faudra attendre le jour de mes obsèques pour me voir paré de toutes les vertus y compris par les mêmes déjà cités… qui auront pourtant souhaité me voir disparaître.

On me dira que ce n’est pas nouveau et que je ne serai pas le premier… sans doute…mais ça ne me console pas… d’autant que non seulement cela ne s’améliore pas mais cela s’aggrave…avec ce soi-disant « nouveau monde » cher au cœur de certain(e)s.

Alors, tout simplement, vivons…

Vivons, au plus et au mieux « les choses simples de la vie »

Et disons-nous que l’expression qui forme le titre du 552ème carnet, s’il y a « tout ça », il y a aussi surtout « pour ça » et dans le « pour ça » des choses positives quand on fait objectivement, loyalement et honnêtement l’examen et le bilan de sa vie…,

Je le dis pour moi, mais surtout je le dis à tous les gens que j’aime et à tous mes vrais amis.

Et pour terminer sur des notes beaucoup plus gaies et qui font aussi « la vie » et la vie Villeneuvoise :

Le LOSC a battu Nîmes ce dimanche par 5/0 dans la dernière ligne droite d’une saison époustouflante,

et nos guerrières de l’ESBVA samedi ont sauvé leur saison en battant Nantes par 57/51

Sans oublier la victoire du VAM, celle du FOS football, l’US Ascq, le triathlon et ses 700 participants, la compétition de natation au Triolo et ses 300 nageurs…

Oui, c’est aussi cela la vie, c’est cela aussi « Villeneuve d’Ascq, une Ville en mouvement »,

Une ville belle et festive comme à Asnapio ce dimanche malgré le temps pluvieux.