Carnet n° 556 du 27 mai 2019

« Le bon et le mauvais côté des choses »

L’expression est bien connue que l’on retrouve sous diverses formes pour finalement exprimer un même constat, « en toute chose il existe de bons et de mauvais côtés », une expression et un constat qui nous amènent aussi à parler de « miroir à deux faces » et de « verre à moitié vide ou à moitié plein ».

Elle est utilisable dans tous les domaines, qu’ils soient publics ou privés, à dimension locale, nationale, européenne ou mondiale et bien sûr politique et électorale, car dans tous les cas se conjuguent et se combinent des chiffres et des données objectives avec des regards portés sur eux, optimistes ou négatifs…

Les élections européennes de ce dimanche 26 mai nous en ont fourni un nouvel et bel exemple :

« Le bon côté des choses » est évident :

Au niveau européen, avec un taux de participation plus important que d’habitude, ce sont plus de ¾ de députés élus que l’on peut qualifier de « pro-européens ».

C’est un message de politique extérieure important en direction de la Russie, des États-Unis, de la Chine et de quelques autres.

Oui, en effet, l’esprit européen et la volonté d’Union de ses peuples restent forts.

Et non, l’Europe, même malade, n’est pas agonisante.

Les autres bonnes nouvelles portent sur la santé de certains partis socialistes et partis écologistes comme aux Pays-Bas, en Espagne, en Italie même et en Belgique côté Wallons et Bruxellois.

Les mauvais côtés sont là aussi avec la montée continue de populistes et d’extrémistes à l’Est, en Flandres, en Italie et ailleurs à moindre dose…

Pour autant l’édifice européen reste solide.

En France aussi, « les bons et les mauvais côtés » sont évidents avec le Rassemblement National en tête devant le Président Macron et ses troupes, mais avec 1% de moins qu’en 2014 malgré l’effondrement des LR de M. Wauquiez.

Les Verts font un bon score avec 12,5% mais c’est quand même moins bien que les 16,28% de Cohn-Bendit… et ce, malgré l’urgence climatique et la belle mobilisation de notre jeunesse durant ces dernières semaines.

« Les vraies défaites » qui ne sont, pour autant, pas automatiquement de « mauvais côtés » sont à voir du côté de JL Mélenchon et de L. Wauquiez qui s’effondrent tandis que « le PS se sauve de justesse »…

Sans doute l’idée d’une nouvelle FGDSE que je défends depuis 10 ans (Fédération de la gauche démocrate, socialiste et écologique) devrait être « revisitée » par certains des derniers leaders du Camp du Progrès comme Bernard Cazeneuve quand les Verts en seront revenus d’une euphorie, certes légitime, mais sans davantage d’issue que celle de JL. Mélenchon il y a 2 ans.

Du côté de la droite et du centre droit, nul doute que la stratégie « canada dry » qui a consisté à siphonner les idées de l’extrême droite et qui a conduit certains de leurs électeurs « à choisir l’original plutôt que la copie » devrait remettre en selle des leaders plus démocrates et plus républicains.

Pour ce qui est de M. Macron, notre nouvel « homme orchestre », ce sont près de 70% de Français(es) qui jugent que les résultats sont un échec pour lui…

Mais là, je doute que son ego démesuré lui permette d’en prendre conscience… et je le regrette vraiment !

L’avenir nous dira ce qu’il en est…

Au demeurant, et d’une manière plus générale, s’il est vrai que les démocraties et l’espèce humaine ont davantage en commun des pulsions « d’autodestruction » que des réflexes de survie…, on a, ce dimanche, au niveau européen comme au niveau français, « échappé au pire » et « les bons côtés l’ont emporté sur les mauvais ».

A chacun(e) maintenant, « dans son camp », de faire le nécessaire pour transformer l’essai à droite comme à gauche.

A Villeneuve d’Ascq enfin, Villeneuve d’Ascq ville européenne et ville nature, les bons côtés l’emportent largement avec une très large majorité « pro-européenne », une baisse importante des populistes de tous poils et un écart électoral toujours conséquent (à la baisse) de Madame Le Pen par rapport à son score national (avec près de 9 points de moins).

LRM garde son socle avec 24,71%, contre 25,94% pour M. Macron en mai 2017, sachant que ses « leaders locaux » sont, pour au moins deux d’entre eux, membres de notre majorité municipale avec même des postes d’adjoints.

La « France Insoumise » connaît une chute comparable à Villeneuve d’Ascq à celle nationale ; idem pour le PS, avec une poussée forte des écologistes dont les Verts qui gagnent 5 points par rapport à 2014 (pas étonnant, ni bien sûr négatif, dans « une ville nature »).

Somme toute, je suis, une fois encore, fier de ma Ville même si « la complexité politique » de ces chiffres (dont je redis qu’ils sont bons), ne fera sans doute pas de moi le mieux placé pour en gérer les conséquences en terme d’équipe de large rassemblement qui a toujours été le mien, un esprit qui conjugue « rassemblement », « esprit villeneuvois » et loyauté…

Je me laisse donc un mois pour prendre en l’occurrence ma et mes décisions définitives.

Il faudra en effet pour réussir cet exercice une réelle capacité manœuvrière (au bon sens du terme), ce qui n’est pas ma première compétence.

Au niveau de Villeneuve d’Ascq, comme au niveau de la France, de l’Europe et donc du monde, les résultats de dimanche ouvrent donc quelques perspectives nouvelles.

Y ai-je encore un rôle à jouer compte-tenu de la situation, de mon âge et du désir manifeste de beaucoup de me voir disparaître ? … Rien n’est moins sûr.

Pour autant comme le chantait Édith Piaf :

« Non, rien de rien,

Non, je ne regrette rien,

Ni le bien qu’on m’a fait, ni le mal….

(même si moi, cela ne m’est pas « bien égal) »

J’ai des valeurs et des idées que je conserverai toujours pour ma ville, mon pays et pour l’Europe où que je sois et quoi que je fasse…

Reste que dans le monde politique d’aujourd’hui où il faut souvent choisir entre « se laisser acheter » ou « se faire tuer »… il n’est pas humainement facile de subsister quand on n’est pas achetable et quand on n’a pas derrière soi de réseaux et de « machinerie politicienne »… et cela même si on a quelques vrais amis.

J’ai, depuis toujours, fait ces choix qui ont toujours fait mes fragilités… et on connaît ce que j’appelle « la loi des prédateurs » qui ne fait pas de cadeaux aux animaux vieillissants, malades ou blessés.

Je l’ai toujours su mais j’assume « ces bons côtés de ma personnalité » sans pour autant ignorer les autres…

« Résister se conjugue au Présent » a dit Lucie Aubrac comme je l’ai rappelé place Jean Moulin pour « la Journée de la Résistance » et l’hommage qui sera rendu mercredi à Simone Veil, dont une rue du Centre Ville portera le nom, me permettra sans doute de le redire.

Il est, en toute chose, des bons et des mauvais côtés. Ce n’est pas une question de quantité mais de qualité et d’intensité…

Et là, je ne regretterai jamais les choix de vie publique que j’ai fait tout au long de ma vie.