Carnet n° 564 du 22 juillet 2019



« Socrate le disait déjà il y a 2500 ans »

« Les grands esprits discutent des idées.

   Les esprits moyens discutent des événements.

   Les petits esprits discutent des gens ».

Cette citation de Socrate m’inspire au moins trois réflexions :

1 – En 2500 ans, rien n’a vraiment changé au niveau de l’esprit, de la pensée et de la philosophie.

2 – Les philosophes de l’Antiquité n’ont pas à avoir de complexes, « là où ils sont aujourd’hui », vis-à-vis des philosophes contemporains…(s’il en existe encore en dehors des plateaux de télévisions et des réseaux internet).

3 – S’il appartient à chacun, quand il écrit ou quand il s’exprime, de savoir dans laquelle de ces trois catégories il pense se situer, pour ce qui me concerne, je pense qu’on s’y déplace de haut en bas, tout en espérant personnellement rester le plus souvent plus près du haut que du bas.

Je commencerai mon carnet d’aujourd’hui par une information et un constat qui s’inscrivent dans les idées et l’événementiel :

Dans 8 mois très exactement aujourd’hui 22 juillet 2019 et donc le 22 mars 2020, le deuxième tour des élections municipales ayant eu lieu, on saura vers 20h quel(le)s élu(e)s auront été choisi(e)s par les citoyen(ne)s, et avec quel(le)s maires pour gérer avec eux leur commune durant 6 ans.

Elles et ils, ces élu(e)s, étaient plus de 500 000 pour 36 681 communes, précisément au 1er janvier 2018, 503 305 conseillers municipaux (dont certain(e)s sont adjoint(e)s ou Maires) pour 36 681 communes.

À l’heure où tout se centralise et tout se « technocratise », où, de plus en plus, « big is beautiful », on oublie trop souvent, et en particulier au sommet de l’État, la richesse humaine extraordinaire que ces plus de 500 000 élu(e)s municipaux, (dont l’immense majorité est quasiment bénévole), représentent pour notre pays.

Car c’est un fait que dans une majorité de cas le Maire, ses adjoint(e)s et ses conseiller(e)s sont les derniers interlocuteurs visibles et accessibles pour nos concitoyens.

C’est vrai dans les petites communes pour ce qui est de beaucoup de services. C’est vrai pour les petites et moyennes communes pour tout ce qui touche à la fonction d’élu(e), les autres élu(e)s apparaissant plus souvent dans les médias que dans la vie quotidienne citoyenne de chacune et de chacun.

Il n’est pas une ou un Maire qui, après avoir exercé cette fonction de manière durable, ne vous dira pas qu’il et elle a vécu, durant ses mandats, ses plus grands bonheurs et plaisirs en même temps que ses plus grandes peines et chagrins, qu’il et elle aura partagés avec tous ses administrés.

Pour tout dire aujourd’hui, en ce qui me concerne, c’est mon cas, moi qui ai consacré l’essentiel de ma vie à cette noble fonction et j’aurai l’occasion un jour d’en donner de multiples exemples qui ont égrainé plus de 42 années de mandat local au service de Villeneuve d’Ascq et des Villeneuvois(e)s.

Alors me dira-t-on à ce stade, pourquoi donc tant de maires disent leurs troubles et leurs doutes et pourquoi, d’après l’AMF (Association des Maires de France) plus de 50% d’entre elles et eux n’ont pas l’intention de se représenter en 2020 ?

La réponse est simple :

Derniers remparts citoyens, derniers interlocuteurs, derniers « hussards de la République », les Maires et les élu(e)s communaux prennent de plein fouet les questions, les insatisfactions et les colères de leurs concitoyen(ne)s… sans, la plupart du temps, avoir, pour y répondre, ni les compétences légales, ni surtout les moyens financiers (et autres)…

Ils et elles sont, en même temps, « des cibles » médiatiques et des cibles pour celles et ceux qui dans « le nouveau monde  public » ne voient en ce mandat qu’une « marche » dans leur ascension politicienne.

Si on ajoute à cela le respect qui se perd à tous les niveaux, en tous lieux et à tous âges… on aura la réponse à la question posée.

Ce mouvement et cette situation sont-ils irréversibles ? J’espère que non mais j’en doute. Même si « le grand débat » de M. Macron l’a amené à reconnaître l’existence des Maires, même si aucun mouvement politique ne peut se passer d’élus locaux, voire même si derrière les élections municipales, il y aura la désignation des sénateurs…,je crois malheureusement que « le mal est fait » !

Pour autant et c’est tout ce que je dirai aujourd’hui : j’espère qu’en mars 2020 Villeneuve d’Ascq aura en son Conseil Municipal des élu(e)s largement représentatifs de l’ensemble de la population, des élu(e)s présent(e)s, actifs et actives, qui aiment leur ville et qui s’y consacrent, avec « comme chef(fe) d’orchestre », une ou un Maire capable de leur faire jouer une symphonie sans trop de fausses notes…

C’est ce que j’aurai, durant ma vie, toujours essayé de faire. Ce n’est pas simple. Il faut pour cela aimer et respecter les citoyen(ne)s dans leurs différences qu’elles et ils soient simples habitants consommateurs de services communaux, acteurs économiques, militants associatifs, fonctionnaires territoriaux ou élu(e)s de toutes sensibilités.

La règle, (ma règle), est simple :

Quand quelqu’un vous exprime une idée, une question, une proposition ou une contestation avec laquelle, a priori vous n’êtes pas d’accord, soit vous cherchez immédiatement l’argument en réponse pour dire votre désaccord, soit vous cherchez une ou des raisons de retenir des éléments d’accord et donc d’actions communes qui en découleront.

C’est vrai déjà dans la plupart des domaines relevant des compétences communales.

Non seulement cela évite des conflits inutiles mais cela enrichit toujours de savoir et de pouvoir additionner des différences.

Ce sera de plus en plus vrai dans le proche avenir quand il s’agira de mobiliser les citoyens pour sauver notre planète en changeant de comportements et de modes de vie (qui peut croire que ce sont les chefs d’États qui auront l’intelligence et le courage de le faire ?).

Ce sera bien sûr aussi le cas dans la défense de nos valeurs Républicaines contre les communautarismes locaux et les intégrismes de tous poils, (qui peut mieux le faire que les élus locaux si l’État, bien sûr, leur en donne les moyens).

Nous n’avons plus, dans ces deux domaines, de temps à perdre, et ce seront pour moi (et quel que soit mon rôle en mars 2020) les enjeux essentiels de ces Élections Municipales de mars 2020.

A chacun maintenant, s’il ou elle le souhaite, à l’issue de la lecture de ce 564ème carnet, « de qualifier mon esprit » à l’aune  de la citation vieille de 2500 ans de Socrate qui a titré ce carnet du 22 juillet 2019…