Carnet n° 566 du 5 Août 2019

« La vie est faite de choix »

J’ai failli, en ce début de mois d’août de l’année 2019, à l’heure de mes réflexions dont on imagine l’intensité à 7 mois des élections municipales et à moins de 4 semaines d’une rentrée de septembre qui s’annonce « active », pour ne pas dire plus, …ou pire,

j’ai failli, disais-je, ouvrir mon 566ème carnet avec une citation de Confucius, vieille donc de 2500 ans, «  la plus grande gloire n’est pas de ne jamais tomber mais de se relever à chaque chute », avant finalement de considérer, moi qui dans ma vie ai connu un certain nombre de « chutes » publiques et privées dont je me suis toujours relevé, qu’il n’y avait pas vraiment de « gloire » ni à « ne pas tomber » ni même à « se relever ».

J’ai donc préféré retenir une citation plus modeste d’un des personnages de la série « Grey’s Anatomy », Derek Shepherd :

« La vie est faite de choix : oui ou non ; continuer ou abandonner ; se relever ou rester à terre ; se battre ou se rendre ».

Cette citation me va bien car non seulement ce sont des choix auxquels j’ai été souvent confronté, face auxquels j’ai souvent pris le temps de la réflexion, sinon hésité quelquefois très longtemps, mais à l’issue desquels, jusqu’à présent, j’avais toujours fait le choix du « oui », de « continuer », de me « relever » et de « me battre ».

Certes, pensera-t-on, me dira-t-on ou me dirai-je, « il y a une fin à tout »…même à la vie, mais si c’est sûr, surtout pour la vie et donc pour quasiment tout le reste pour ce qui est de l’être humain, reste toujours la question de la date de cette fin qui ne dépend pas toujours de nous, d’où le temps que je me suis laissé encore pour prendre certaines décisions importantes.

La question n’étant pas encore d’actualité pour ce qui est de mes choix publics aujourd’hui 5 août 2019, j’en resterai donc à des réflexions, rappels, analyses et projections dans l’avenir, certes générales mais nécessaires pour préparer mes décisions futures.

Pour ce qui est de mes choix personnels, en référence à ces mots de Léonard de Vinci :

« Tant que dure ta jeunesse, acquiers des choses qui te consoleront du dommage de la vieillesse »,

je dirais que j’ai acquis « dans ma jeunesse », avec toutes les erreurs que j’ai pu commettre, le sens du temps, l’importance de la sérénité et des plaisirs simples à goûter, l’envie profonde de vivre au mieux le temps compté qui me reste avec mes proches et mes amis.

Je n’en dirai pas davantage à ce stade sinon qu’une chose est sûre :

Je ne sacrifierai plus jamais ma vie privée et mes proches à quelque vie publique que ce soit. Je l’ai fait trop souvent et je conseillerais d’ailleurs à « mes jeunes ami(e)s et collègues » qui s’engagent dans une vie publique de ne pas faire certains des mêmes choix en la matière que j’ai pu faire durant plus de 43 ans de vie publique.

Pour ce qui est de « la vie publique », à tous les niveaux, quand bien même ce ne sont pas les mêmes décideurs, « La vie est faite de choix :

oui ou non, continuer ou abandonner ; se battre ou se rendre ».

Au niveau de « notre planète terre », oui ou non va-t-on arrêter de la détruire ? Va-t-on prendre les décisions certes difficiles mais vitales pour arrêter de la polluer et de la piller, pour éviter de voir l’espèce humaine risquer de quasiment disparaître d’ici la fin du 21ème siècle ?

Cela dépend bien sûr des décisions des dirigeants des États dont on ne peut d’ailleurs pas dire « qu’ils s’améliorent avec le temps qui passe », avec une accélération des techniques de communication qui « les poussent » à dire et à décider n’importe quoi sans prendre le temps de réfléchir suffisamment à leurs conséquences…

Les exemples ne manquent pas…

Il n’empêche, qu’aussi médiocres soient-ils, ils sont sensibles à leurs opinions publiques et donc, finalement, à ce que pensent chacune et chacun d’entre-nous, qui que l’on soit et où que l’on soit…

Ce doit donc être notre premier engagement pour l’avenir de nos enfants, de tout faire et de tout dire pour arriver à une prise de conscience collective, «  dire « oui » et surtout « tout faire » pour changer de comportements, et de modes de vie d’autant qu’on le sait « les petits ruisseaux font les grandes rivières » avec surtout des conséquences et des résultats beaucoup plus immédiats que les résolutions prises lors des « Grandes Conférences Internationales sur le climat » dont la COP 21 et l’accord sur le climat adopté le 12 décembre 2015 à Paris.

On sait que tout ce qui ne sera pas fait dans la prochaine décennie sera à jamais irrémédiablement perdu.

D’où mon engagement sans faille pour « une Autre Europe » qui rompe avec « le tout marché », « le tout profit », « le tout libéralisme ».

Ce n’est pas gagné vu les rapports de forces actuels en son sein…mais c’est pour nous, Français, le bon niveau pour peser dans le Monde, d’autant plus qu’il est certain que si l’Union Européenne ne rompt pas avec son modèle actuel, elle éclatera et disparaîtra dans les deux décennies qui viennent…avec de terribles conséquences.

D’où mes angoisses en France quand je constate les écarts toujours grandissants entre les discours de nos dirigeants et les actions mises en œuvre par eux. Je ne suis pas le seul à le dire. Il suffit pour cela d’écouter un de nos Ministres de l’environnement Nicolas Hulot qui a, pour ces raisons, « claqué » la porte de son ministère…avant d’être remplacé par un autre ministre « éphémère »…

A ce niveau aussi, comme d’ailleurs au niveau européen, comme à celui des collectivités locales, Communes, Métropoles, Départements et Régions il faut, pour avancer vite, fort et durablement, sortir « l’urgence écologique » et les moyens à mettre en œuvre, sortir des débats politiciens classiques et des « jeux de rôles traditionnels » en la matière.

Là où je serai dans quelques mois et quelles que soient mes responsabilités, je me battrai sans relâche pour cela… c’est « une question de vie ou de mort » autrement plus importante que les scores électoraux de tel(le)s responsables politiques ou parti(s) politiques.

C’est un combat qu’il faut mener en parallèle d’un autre tout aussi vital, celui pour la défense de nos valeurs Républicaines de liberté, d’égalité – solidarité, de fraternité et de laïcité.

C’est Hubert Reeves qui a dit :

« L’homme est l’espèce la plus insensée, il vénère un Dieu invisible et massacre une nature visible ! Sans savoir que cette nature qu’il massacre est ce Dieu qu’il vénère».

A Villeneuve d’Ascq, nous avons agi dans ce domaine depuis plus de 40 ans, de « l’écologie au quotidien » de la fin des années 70 jusqu’au concept de « Ville nature et nourricière » d’aujourd’hui.

Les résultats sont là que je ne cesse de rappeler aux plus jeunes qui les ignorent et qui parfois proposent de faire ce qui se fait déjà :

  • Sur 2746 ha de superficie communale, il y a 1000 ha de parcs, de lacs, de terres agricoles, d’espaces verts, de jardins collectifs, de forêts…soit près de 160 m² en moyenne par habitant.
  • 30 kms de chemins piétonniers.
  • 6 lacs
  • 200 ha d’espaces naturels dont les 50 ha du parc urbain, la colline des Marchenelles, le parc Saint-Jean, les 120 ha de la zone du Héron et ses 200 espèces d’oiseaux.
  • Plus de 230 000 arbres en domaine public (un chiffre en constante augmentation), et presque autant en domaine privé.
  • Les 350 hectares de terres agricoles « sauvées de l’urbanisation » grâce à l’arrêt de la Ville Nouvelle que j’ai décidé en 1983, la plupart aujourd’hui en propriété publique MEL, ce qui « garantit » leur pérennité et nous permettra de concrétiser le concept de « Ville nourricière » dans les prochaines années.

Quel beau bilan, oserais-je dire !

Mais surtout quel bel exemple pour d’autres

et « quel beau socle » pour continuer à faire davantage encore !

Encore faut-il, pour cela, une et des équipes qui conjuguent « expérience » et « renouvellement » avec des élu(e)s qui ont de l’expérience et des nouveaux qui apportent des énergies et des idées nouvelles.

En 2014, il y a eu trop de communes où sont arrivées des équipes sans aucune expérience (dans des villes que je connais bien mais que ne citerai pas) pour ne pas craindre un tel sort à Villeneuve d’Ascq en mars 2020. C’est bien sûr, le jeu Républicain et ses conséquences démocratiques légitimes, mais si on peut l’éviter en assurant une transition qui associe les uns et les autres, je pense que ce ne serait pas plus mal.

Je m’y emploie. J’espère qu’on réussira.

Mais là encore, aux uns comme aux autres, les actuels et (ou) les futurs, je dis et je redis :

« La vie est faite de choix : oui ou non (et souvent savoir dire non à ceux qui se désintéressent de l’avenir au profit du présent et de la quantité au détriment de la qualité), continuer les combats les plus difficiles ou les abandonner (au profit de « facilités »), se battre (à tous les niveaux) ou se rendre…

Pas étonnant qu’en agissant ainsi, comme je l’ai toujours fait, on démultiplie le nombre de ses ennemis qui font tout, je dis bien tout, pour vous mettre à terre…en ne vous laissant que le choix entre « y rester » ou  « vous battre » pour vous relever…

Oui la vie est faite de choix, y compris celui parfois d’y mettre fin.

Mes choix seront donc ainsi guidés :

1) Ne plus sacrifier ma vie privée à ma vie publique.

2) Toujours dire « oui » à tout faire pour que Villeneuve d’Ascq et les Villeneuvois(es) conservent et développent tout ce à quoi ils sont attachés et ce à quoi ils ont contribué souvent à mes côtés ou au moins en parallèle de mon parcours.

Est-ce un rêve dans le monde d’aujourd’hui ? l’Avenir le dira…

Mais comme a écrit Guillaume d’Orange-Nassau il y a plus de 3 siècles :

« Il n’est pas besoin d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer »