Carnet n° 583 du 2 décembre 2019

Réforme…vous avez dit  réforme ? …

Il est, dans ce que certains aiment à appeler « le Nouveau Monde », un mot, un terme, une expression, qui « revient à l’envie », tout au long des discours et des écrits de ses acteurs depuis mai 2017, c’est le mot de « réforme ».

Oui, réforme de la sécurité sociale, réforme du statut des fonctionnaires, réforme des allocations chômage, réforme du statut des cheminots, réforme du droit du travail, et…, réforme des régimes de retraite…, pour ne citer que ses plus récentes utilisations… sans oublier les sacro-saintes « réformes fiscales » qui sont récurrentes à chaque changement de majorité politique nationale.

Si on en croit le dictionnaire Larousse, ce mot a, en effet, pour « sens premier » « un changement à caractère profond (visant, nous disent ses défenseurs, à améliorer les choses), mais le « Larousse » nous l’indique aussi que ce mot de « réforme », a des sens secondaires tels que « action de retirer du service », « déclaration d’inaptitude », « classement hors service » et même « retour d’un ordre (souvent religieux mais pas que…) à l’observation de ses règles primitives ».

Cette simple lecture du Larousse devrait, à elle seule, inciter ceux qui nous gouvernent à davantage de modestie et, surtout, leur faire comprendre pourquoi une immense majorité de nos concitoyen(ne)s ne voient pas en lui cette espèce de « baguette magique » ou de « potion magique » que lui prêtent des « Marcheurs »… aujourd’hui à l’arrêt.

Alors certes, « ces bébés requins », comme le chantait France Gall, qui nous disaient il y a 2 ans et demi « viens, suis moi, je connais une route d’émail », en se présentant presque ainsi : « je suis un bébé requin au ventre blanc, aux dents nacrées, (en nous promettant que) dans les eaux tendres (ils nous) entraîneraient… », certes disais-je, « ces bébés requins » qui, pour la plupart, n’avaient jamais vraiment affronté « la dureté des réalités », elles et eux qui avaient été portés sur les fonts baptismaux de Ministères, de cabinets ou d’entreprises… voire de couloirs de l’Élysée, s’ils ont quelques excuses à n’avoir pas consulté le Larousse, ils en ont déjà payé le prix avec les Gilets Jaunes et ils vont sans doute en payer un prix plus lourd encore à partir du 5 décembre.

La et les raisons en sont simples :

Non seulement « ils » n’ont pas imaginé, comme je le répète depuis des semaines, qu’à force d’allumer des micro-incendies un peu partout à coups de décisions impopulaires et de phrases assassines… il suffit d’un coup de vent pour tout embraser (et ce vent, cher à Jean de la Fontaine dans « le chêne et le roseau », est à l’horizon…),

mais si aujourd’hui chacun(ne) a bien compris que des réformes sont nécessaires pour rester en cohérence avec un monde qui change et un temps qui passe,

pourquoi, par exemple, quand ils disent vouloir supprimer les écarts entre des régimes spéciaux de retraite et le régime général actuel du plus grand nombre, ils proposent d’aligner tout le monde sur la « dent basse » de la fourchette et pas sur la « dent haute » ?,

pourquoi, quand on constate qu’avec l’allongement de la vie et la baisse du nombre d’emplois consécutive au machinisme, à la robotisation et à la productivité, n’affichent-ils « comme solutions » que d’allonger le temps de travail, augmenter les cotisations des salariés ou réduire le montant des retraites ?,

pourquoi ne proposent-ils pas de taxer les dividendes, les investissements qui suppriment des emplois, les bénéfices qui résultent du dumping social et de l’exploitation des enfants dans certains pays, des pays qui ensuite nous vendent des produits de luxe, voire des produits plus courants dont il est si simple de casser les prix les jours de « Black Friday », tout en détruisant des emplois chez nous ?,

pourquoi ne pas imaginer et mettre en œuvre des modalités nouvelles de fins d’activité salariale en termes de temps de travail, de profils et de fonctions… en évolutions et en atténuations et non en forme de couperets ?

Et c’est pourquoi je le dis et je le redis, je condamne avec fermeté celles et ceux qui qualifient « d’adversaires des réformes », de « ringards », de « dinosaures de l’ancien monde », celles et ceux qui, non seulement, s’opposent à des réformes qui nous font reculer d’un siècle ou deux mais qui exigent surtout des réformes qui réduisent les inégalités, la misère et les désespoirs, au lieu de nous conduire directement à un monde ou les très riches se barricaderont dans des formes modernes de forteresses tandis que les autres, à des degrés divers, mais de manière croissante, connaîtront ou « voisineront » avec « le monde » que décrit le film « Les Misérables » actuellement sur nos écrans.

Non, vraiment, nous n’avons pas et je n’ai pas localement à recevoir de leçons de ces « bébés requins » qui, à Villeneuve d’Ascq, peinent d’ailleurs à exister et à s’organiser sinon à coups de basses manœuvres, de calculs politiciens, de contre-vérités et de « parachutages » d’un autre temps.

Mais ce qui est dramatique c’est qu’ils envoient la France et les Français « droit dans le mur ! ».

Et quand on voit l’état de la France dans un monde à l’image de « la photo-montage de lui en Rocky » diffusé par Donald Trump ou des déclarations d’Erdogan qui « juge M. Macron en mort cérébrale »… ce qui est plus que scandaleux, odieux et innommable,

j’espère que l’Europe en tirera les conséquences quant à nos relations avec la Turquie.

J’espère aussi que l’Union Européenne ne nous laissera enfin plus seuls (ou presque) dans nos combats en Afrique pour nous protéger et protéger tous les européens du terrorisme islamiste (les 13 soldats français morts cette semaine au Mali nous crient leur douleur d’outre-tombe).

J’espère enfin que notre Président, Monsieur Emmanuel Macron, en tirera aussi les conséquences nécessaires quant à son désir d’être toujours le meilleur élève de la classe d’un capitalisme libéral mondialisé.

Il est notre Président, le Président de la République Française, et la question n’est donc pas d’en changer avant les échéances démocratiques prévues, mais c’est à lui de « changer » en tenant compte de ses erreurs et de ses échecs plutôt qu’en essayant de « jouer sur des chiffres » pour les camoufler…

Oui, s’il est « une Réforme » à faire dans ce monde de plus en plus dangereux (Londres vient à nouveau d’en payer le prix), c’est de retrouver le sens de l’État dans nos pays européens tout en donnant à l’Union Européenne les moyens de se défendre sur tous les plans quitte, pour cela, à se séparer de ceux de ses membres qui le refusent.

Enfin, s’il est des réformes à ne pas oublier, ce sont celles qui touchent à l’environnement et à l’urgence climatique, non pas pour punir les moins riches mais pour leur redonner les moyens en termes de modes de vie vivables et agréables pour tous !

C’est un niveau où nos communes ont toutes un rôle à jouer et, personnellement, je m’y engage plus que jamais !

Réformer oui, mais pas pour « toujours plus » de capitalisme libéral, d’inégalités, d’intégrismes, de démissions devant des communautarismes qui ruinent nos valeurs Républicaines.

Réformer, en retrouvant le sens de l’État et au quotidien, le sens du respect, en s’appuyant sur la Démocratie locale et ses élus, en rassemblant pour cela et à tous les niveaux toutes les bonnes volontés.

« Les bébés requins », certes, deviendront grands… oui mais pourquoi faire ?

Au demeurant, si certaines et certains peuvent, au fond d’eux et elles mêmes, se reprocher d’en avoir fait naître… ce n’est pas mon cas…

Et même si, à certains moments, cela m’aura fait apparaître plus faible que d’autres…,

aujourd’hui cela reste ma force !

une force qui me donne d’ici le 15 mars (et avant  mon discours de vœux 2020 le 12 janvier) une grande liberté pour savoir et construire ce que sera ma vie jusqu’au jour du « grand départ ».

En attendant, la semaine aura une fois de plus été riche en événements dans le Monde, en Europe, en France et à Villeneuve d’Ascq.

Commencée avec la perte pour la France de 13 de ses fils au Mali qui, avant leur mise en terre, auraient mérité mieux que des commentaires sur le sens de notre engagement au Mali… payé de leur sang,

elle a vu aussi commettre un peu partout des attentats islamistes dont celui de Londres vendredi, revendiqué depuis par l’État Islamique.

En France, à l’Élysée, à Matignon et dans les ministères, ce fut jour après jour et de plus en plus… « panique à bord » à quelques jours du 5 décembre.

A Lille, Martine Aubry a annoncé sa candidature à un quatrième mandat de Maire et c’est pour moi une très bonne chose.

A Villeneuve d’Ascq, nous avons posé la première pierre du nouveau Centre Social du Centre Ville, deuxième étape symbolique du projet Grand Angle pour « un Centre Ville du 21ème siècle » à l’image de Villeneuve d’Ascq, qui ne sera jamais un Centre Ville comme dans beaucoup de Villes nées au moyen âge ni un Centre Ville se confondant avec un centre commercial des années 70 du 20ème siècle,

mais un Centre Ville nouveau, multiple, vivant avec toutes les activités, commerces, loisirs, logements, transports en commun, équipements culturels et sportifs…

La toute première étape fut, il y a quelques mois, le baptême de la rue Simone Veil (tout un symbole) après la rénovation de la rue des Victoires, suivie des travaux de finition de la Chaussée de l’Hôtel de Ville.

La seconde aujourd’hui est symbolique de notre conception de la citoyenneté.

C’est la construction en entrée ouest de la ville, d’un magnifique Centre Social ouvert aux habitants.

Suivront d’autres « étapes » dans les 3 prochaines années avec « les coureurs » qui sortiront des urnes les 15 et 22 mars prochain…

Oui Villeneuve d’Ascq est bien « une ville en mouvement » (et pas simplement « en marche »… arrière ou à l’arrêt).

Après Open’R et Orange la semaine d’avant, qui peut encore le nier ?

Mais c’est vrai, il y a aussi la vie quotidienne dont les éléments les plus difficiles dépendent de l’État : sécurité, trafics divers, … sans oublier certains citoyens eux-mêmes en termes d’incivilités ou de conflits de voisinages, des bailleurs sociaux pour ce qui est des attributions de logements.

C’est pourquoi, j’ai interpellé vigoureusement cette semaine Monsieur le Préfet pour lui rappeler ses obligations en termes de sécurité, de trafics, de Roms et de gens du voyage.

C’est pourquoi je redis quotidiennement aux citoyens qui m’interpellent pour un logement que ce sont les bailleurs qui décident au sein des commissions d’attributions et pas le Maire.

C’est pourquoi, dans tous les cas, nous sommes aussi les relais des citoyens en difficultés auprès de ces institutions et autorités sans pour autant être les décideurs.

Enfin, et une fois de plus…, et cela me fait du bien en m’aidant « à tenir bon la barre », il y a eu, en cette fin de semaine, de multiples fêtes et manifestations avec l’allumage des illuminations, les actions du téléthon, le concert de Noël à Concorde, des AG d’associations, le marché de Noël au Château de Flers etc etc sans oublier les victoires du LOSC et de nos guerrières de l’ESBVA.

Villeneuve d’Ascq, c’est cela « aussi et toujours »… (ici et maintenant).

Ah oui j’oubliais… on me dit que pour les Municipales prochaines nos concurrents-adversaires s’organisent et la presse nous a appris que Madame Bariseau avait eu l’investiture LR alors qu’elle ne l’avait pas sollicitée et qu’elle attendait encore celle des LREM que, par contre, elle aurait sollicité…

C’est tout du moins ce que la Voix du Nord nous a dit …

Sans oublier non plus, les élu(e)s sortant(e)s qu’on n’a jamais vu nulle part tout au long du mandat et ces « nouveaux » candidat(e)s (voire, têtes de listes) qui s’inscrivent en ce moment sur les listes électorales villeneuvoises juste après avoir loué à Villeneuve « un point d’attache » … (je ne les oublie pas, ni les un(e)s ni les autres… et je saurai le leur rappeler).

Pour terminer sur une note positive, j’ai présidé samedi une cérémonie pour les retraités municipaux, occasion pour moi de rappeler que sans la ville, ses élus, ses services et tous les agents de tous grades qui y travaillent, la vie serait encore plus difficile pour beaucoup de nos concitoyens.

Puissent chacune et chacun ne pas l’oublier en cette période pré-électorale !

Puissent la France et les Français(es) méditer en cet instant de fin de lecture de mon 583ème carnet,

ce texte de Charles de Gaulle dont on commémorera en 2020 le 50ème anniversaire de sa mort :

« Vieille France, accablée d’Histoire, meurtrie de guerres et de révolutions, allant et venant sans relâche de la grandeur au déclin, mais redressée de siècle en siècle par le génie du renouveau ! ».

Et à l’intention de celles et de ceux qui en doutent…, je dirais avec Mark Twain :

« Ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait »…