Carnet n° 592 du 3 février 2020

« Vous avez dit  Nouveau Monde ? »

Nombreux, ne l’oublions pas, sont les Françaises et les Français qui, en 2017, ont voté pour Emmanuel Macron pour battre Madame Le Pen, sans doute pas vraiment pour son programme, mais aussi parce qu’après les Présidences Sarkozy et Hollande, elles et ils ont cru aux paroles « nouvelles » du candidat Macron qui, avec une grande habilité, ayant su gommer son héritage PS puis Hollandiste, comme conseiller avant 2012, à l’Élysée de 2012 à 2014 et  Ministre à Bercy de 2014 au 30 août 2016,

leur est apparu comme porteur « d’une Nouveau Monde » en politique

L’élection passée et les promesses lénifiantes oubliées, le Président Macron n’a pas tardé à montrer sur le fond comme sur la forme qui il était réellement… avec ses rapides décisions de « Président des très riches », certaines pratiques élyséennes de certain(s) conseiller(s), sans oublier les modes de fonctionnement de son mouvement LREM composé, on le sait, à côté de député(e)s aux comportements de novices, de vieux routards de la politique venus en grand nombre de chez les LR et du PS voire, pour quelques uns, des Verts.

Pour autant, certain(e)s de nos compatriotes ont continué à y croire, faute d’alternatives visibles et crédibles à droite comme à gauche d’autant que l’habilité du Président restait bien là, malgré ses dérives de langage, ses formules brutales, ses plaisanteries douteuses, ses stratégies aléatoires pour gérer les conflits et la crise des gilets jaunes, sans oublier les problèmes en termes d’éthique de certain(e)s de ses amis, partisans, députés ou ministres.

Aujourd’hui c’est heureusement de moins en moins vrai, ce qui affole « la macronie » à un mois et demi du premier tour des Élections Municipales malgré des manœuvres de tous ordres où on est passé du « mode commando » de 2017 à « la stratégie du coucou » en 2019, et même en essayant, via « la circulaire Castaner » aux Préfets, de brouiller suffisamment les cartes pour empêcher toute analyse politique des résultats futurs et tenter de masquer la défaite annoncée de leur camp.

[Rappelons, pour être bien clair, que le coucou pour « ses experts (et connaisseurs) » est un « oiseau opportuniste qui abuse les autres oiseaux en pondant dans leur nid pour les faire couver ses propres œufs puis nourrir ses propres oisillons »… suivez mon et mes regards].

Somme toute, « le Nouveau Monde » promis avait gardé ce qu’il y avait de moins bon (sinon de pire) dans l’ancien monde politique, sans pour autant lui conserver un certain nombre de valeurs de solidarité, de respect, d’humanité, de recherche de cohérence entre les idées et les actions, que les générations politiques plus anciennes revendiquaient en essayant au moins de les appliquer.

La manière de « gérer » le dossier des retraites a dépassé toutes les bornes en la matière. Du jamais-vu pour moi depuis que je me suis engagé d’abord comme militant socialiste puis comme élu socialiste et enfin comme homme de Rassemblement du Camp du Progrès !

Certain(e)s pouvaient néanmoins encore penser qu’il n’y avait pas que du mauvais dans ce « Nouveau Monde » et qu’en matière de transparence ou de comportements des élus face à leurs électeurs il y avait quand même « un zeste de modernité ».

Concernant la transparence… je n’en dirai pas davantage aujourd’hui, certaines « affaires » étant en cours.

Quant « aux élus face à leurs électeurs »…, quand on entend un Ministre dire qu’il va postuler pour être Maire mais qu’après…  « tout dépendra »… et surtout un Premier ministre partir en campagne pour être Maire… sauf dit-il s’il reste Premier ministre…, un Premier ministre qui, lui aussi, a été socialiste rocardien avant d’être UMP, puis LR, Juppéiste jusqu’à ce qu’il « bascule » chez les LREM… Cela fait beaucoup pour un homme de 50 ans (dans « l’ancien monde », il fallait au moins davantage de temps).

Là encore, il n’est pas le seul en macronie.

Que celles et ceux que cela intéresse, « aient la curiosité » de « visiter » les parcours politiques de tous nos ministres actuels…

Ils auront la preuve, comme disait Edgard Faure, que « ce ne sont pas les girouettes qui tournent mais le vent », un vent qui, avec le dérèglement climatique, soufflant de plus en plus fort, les fait tourner de plus en plus vite. 

Exit donc « ce mythe macronien » de son soi-disant « Nouveau Monde » et de repenser plus sérieusement en cet instant à un discours du 1er novembre 1919 d’Henri Briffaut, Maire de Wattrelos de 1912 à 1938 :

« Nous avons le devoir de travailler à l’avènement d’un Monde Nouveau, d’une société pleine de justice, de liberté et de fraternité ».

Que penserait-t-il de certains de sa descendance politique Wattrelosienne ?… et qu’en pense aujourd’hui, cette même descendance ?…

On ne le saura jamais et finalement, quelle importance ?

Quand, comme a dit Ayrton Senna :

« Idéalement nous sommes ce que nous pensons.

Dans la réalité, nous sommes ce que nous accomplissons ».

Alors c’est sûr qu’ils peuvent essayer, sur tous les tons, de nous convaincre que « tout va pour le mieux dans le meilleur des monde » (« tout va très bien madame la marquise ») à coup de chiffres et d’indices flatteurs concernant la croissance, le pouvoir d’achat et le chômage, mais ces chiffres soigneusement « sélectionnés » non seulement ne changent rien aux réalités que vivent les Français(es), mais ils en ignorent d’autres.

Pire…, non seulement nos compatriotes n’y croient pas mais, vu les autres chiffres qui prouvent des hausses de charges qui réduisent « leur reste à vivre », (comme disent avec condescendance nos technocrates), ils sont en colère… avec parfois des manifestations de haine dont personne (ou presque) ne peut se réjouir même si on peut les comprendre.

Oui c’est probable, les élections municipales, malgré leurs manœuvres, seront désastreuses pour les tenants du parti au pouvoir et on peut d’ores et déjà imaginer qu’on pourrait assister en 2022 à un scénario à « la Hollande 2017 » pour celui qui lui avait alors « savonné la planche ».

Bien sûr, on pourra se dire qu’ « ils ne l’auront pas volé »… mais cela ne m’empêchera pas « d’avoir mal à la France » et donc, nostalgique, de fredonner « Ma France » de Jean Ferrat avec tout au fond du cœur l’hymne du PS de François Mitterrand de 1977, « Changeons la vie, ici et maintenant » dont les paroles, 43 ans plus tard, « n’ont pas pris une ride »…

Cette situation, à un mois et demi des Municipales, se retrouve plus ou moins dans beaucoup de villes et de villages avec des LR plus ou moins alliés à LREM pour faire gagner les droites, des verts et des insoumis qui se cherchent souvent encore, un RN en mal de candidat(e)s « un peu crédibles », face à des Maires sortants de gauche ou de droite qui présentent des listes de larges rassemblements à l’image de leur corps électoral.

C’est d’ailleurs le cas à Villeneuve d’Ascq où face à ma liste « Ensemble pour Villeneuve d’Ascq 2020 – Villeneuve en tête » que je viens de « boucler » (quelquefois dans la tristesse vu le nombre de candidatures parmi lesquelles j’ai dû arbitrer), une liste donc avec des élus sortants et de nouveaux candidat(e)s allant de la gauche au centre, représentants la diversité villeneuvoise, la liste composée d’une partie des macronistes, menée par une ancienne LR et comprenant même quelques anciens socialistes fait campagne, tandis que le nouveau venu RN se démène pour découvrir une ville qu’il ne connaissait pas il y a quelques mois encore,

tandis qu’enfin chez les insoumis et les verts, il semble que « les négociations continuent »…

Pour ce qui me concerne, je l’ai dit et je le répète j’ai fait le choix de postuler pour un 7ème mandat pour Villeneuve et les Villeneuvois.

Si ce choix n’est pas validé le 15 mars, j’en tirerai toutes les conséquences, n’ayant plus rien à gagner si je n’ai pas le soutien clair de mes concitoyen(ne)s.

Au demeurant même si certaines réactions de citoyen(ne)s déboussolés voire désespérés, sont parfois difficiles à entendre par un homme qui leur aura consacré sa vie, je les comprends, venant d’un milieu où dans mon enfance et ma jeunesse, j’ai vécu cela.

C’est pourquoi au niveau de ce qui dépend de la municipalité, j’aurai fait en sorte qu’à Villeneuve d’Ascq on ne soit pas exclu pour des raisons de « milieu d’origine ». Personne ne pourra le nier.

Et si je devais « jeter l’éponge » le 15 mars, je partirais sans rancœur aucune… simplement avec tristesse.

Mais si, les 15 et 22 mars, les Villeneuvoises et les Villeneuvois décident de me faire encore confiance, je serai digne de leur confiance durant 6 ans encore pour conforter notre ville dans toutes ses forces, différences et richesses humaines, pour continuer à innover dans l’avenir pour assurer sa dimension nature et nourricière, son statut de ville universitaire où la diversité est source de richesse…, et pour contribuer au mieux à la grandeur et au rayonnement de la métropole.

La décennie qui s’ouvre sera vitale pour l’avenir de l’espèce humaine à tous les niveaux :

Les périls environnementaux, les crises sanitaires comme le coronavirus, les montées de violences communautaristes et religieuses, les conséquences du Brexit, l’absence de dirigeants mondiaux de grande dimension, les inquiétudes alimentaires, nous le prouvent et illustrent cette dimension vitale de la prochaine décennie,

c’est pourquoi j’ai fait le choix de continuer les combats de ma vie.

Quelles qu’en soient les échéances et donc les moyens, jamais « je ne me retirerai sur l’Aventin » autrement dit,… jamais je ne renoncerai ni à un débat, ni à un combat, ni à un engagement, convaincu que :

« nos plus grandes craintes, comme nos plus grandes espérances, ne sont pas au dessus de nos forces, et nous pouvons finir par dominer les unes et réaliser les autres » (Marcel Proust).

Car finalement peut être …, comme l’a dit Emile Chartier, dit Alain :

« Le bonheur est une récompense à ceux qui ne l’ont pas cherché ».