Carnet n° 595 du 24 février 2020

« David, tu as bien dit baobab ? »

Si, dans 3 semaines le 16 mars 2020, au lendemain du 1er tour des élections municipales, les candidats et leurs « états majors » sans oublier tous les « observateurs » en seront sans doute à l’examen des résultats obtenus et pour beaucoup aux négociations d’avant le 2ème tour,

si donc chez ces « acteurs » l’excitation va croissante en ce 24 février, une excitation teintée d’espoirs et de doutes,

je pense qu’il n’en est pas de même pour une majorité de nos concitoyen(ne)s qui regardent tout cela de loin et qui, pour beaucoup, se lassent de lire et d’entendre des « phrases toutes faites » du côté des équipes sortantes comme du côté de leurs oppositions… et ce, quelles que soient leurs couleurs politiques…

Il suffit pour cela de parcourir les « locales » des journaux régionaux, communes après communes, oppositions après majorités, de droite, du centre et de gauche.

C’est vrai dans notre métropole lilloise, peut-être un peu moins vrai à Villeneuve d’Ascq, vrai aussi ailleurs et je m’en suis rendu compte au Tréport lors des 2 jours que je viens d’y passer pour souffler un peu … en lisant le « Courrier Picard ».

C’est d’ailleurs toujours comme cela.

L’homme d’expérience que je suis peut en témoigner même si on constatera que « la tête de liste » que je suis aussi d’une équipe sortante, renouvelée et élargie, n’aura pas, à ce jour, pris trop de place dans notre quotidien régional pas plus que la liste EPVA 2020 dans son ensemble que l’on peut heureusement visualiser sur internet.

Après de nombreux collages d’affiches, résultats de l’énergie militante de celles et ceux qui me soutiennent,

la distribution de deux circulaires « Villeneuve en tête », … avant celle de notre « Projet pour Villeneuve d’Ascq 2020/2026 » début mars,

des porte-à-porte dans tous les quartiers et des « réunions chez l’habitant » un peu partout,

c’est, ce mardi 18 février, dans le patio de l’Espace Concorde, au cours de notre cinquième réunion publique (excusez du peu), devant plus d’une centaine de citoyen(ne)s, alors qu’une quarantaine de candidat(e)s se présentaient en quelques minutes chacun(e), que David Diarra, conseiller municipal sortant et à nouveau candidat en 2020, a bien fait rire tout le public présent en me comparant à un baobab africain.

Du fait de ma culture qui m’a fait m’identifier plus d’une fois au chêne de la fable de Jean de la Fontaine « Le chêne et le roseau », et même si, comme tout le monde, je connais le baobab de nom, j’ai quand même voulu en savoir davantage y compris en termes de symboles dans les cultures africaines.

Cette rapide recherche m’a confirmé que le baobab africain, une des 8 espèces de baobabs connues dans le monde, était « un arbre qui émerge de la savane, qui résiste à la chaleur, qui peut vivre très vieux et atteindre 40 mètres de hauteur » (la comparaison avec moi a donc ses limites …).

Si un proverbe congolais nous dit que : « La force du baobab est dans ses racines », je m’y reconnais davantage.

Si, pour Ahmadou Kourouma, « un petit arbre sorti de terre sous un baobab meurt arbrisseau », je souhaite qu’il n’en soit pas ainsi pour un grand nombre de celles et de ceux que « j’ai contribué à être » sur le plan public et citoyen durant ma longue vie publique .

Quant à Massa Makan Diabate pour qui « si le baobab s’écroule, tout herbivore peut y monter pour y brouter quelques feuilles », je n’en dirai rien aujourd’hui même si, en politique et en matière d’héritage, les exemples n’ont et ne manqueront jamais dans « l’Ancien Monde » comme dans « le Nouveau Monde »…

Somme toute et même si je suis sûr que mon ami Diarra voulait ainsi m’être agréable et je l’en remercie, je crois quand même que ma vie publique aura été et se terminera davantage comme celle du chêne de la fable.

Il n’en reste pas moins vrai que non seulement David aura donné à notre réunion, avec humour, en 2 phrases, une dimension qui nous confirme que la richesse de la Nation Française tient beaucoup à la diversité et à la profondeur de ses racines et ce, d’ailleurs, à l’image du baobab africain.

Je pourrais m’en arrêter là mais je ne peux m’empêcher de penser au baobab que fut François Mitterrand et au sort des arbrisseaux qui ont poussé sous lui, de m’interroger sur le sort de l’arbrisseau qui a poussé sous François Hollande qui, lui, n’eut rien d’un baobab, sur les successions aujourd’hui ouvertes ou à ouvrir demain dans les quelques grandes et moyennes villes qui ont connu ou connaissent encore des Maires à l’allure de baobab

Le fait est que, dans les temps d’incertitudes et de crises que nous vivons, la traditionnelle sagesse africaine pourrait être de mise qui avait su, en d’autres temps, doter les États africains de dirigeants solides et la France d’un De Gaulle dont on peut rappeler qu’il décéda à l’âge de 80 ans, il y aura 50 ans le 9 novembre prochain,

d’un Mitterrand qui restera le seul vrai Président socialiste durant 2 mandats de 7 ans, peut-être même aussi d’un Chirac qui su s’en donner l’allure à la fin de sa carrière.

Somme toute, à ce jour, tous les autres ont plutôt eu des allures d’arbrisseaux … sinon connu leurs sorts…

Pour le Président Macron, l’Histoire n’est pas encore écrite mais vu le « grand bazar » qu’il a organisé sur les retraites (du jamais vu sous la Vème République, une Vème République qu’il contribue ainsi à enterrer), quand on voit que 72% des Français(es) se déclarent contre l’usage du 49.3, vu l’ampleur des revendications sociales non satisfaites,

et vu le sort déjà fait à de multiples de ses arbrisseaux qui ont « percé » sous lui  (est-il utile de les citer vu leur nombre sur une liste qui n’a pas fini de s’allonger ?),

si l’Histoire n’est donc pas encore écrite, son écriture est déjà bien engagée qui n’a rien pour nous rendre optimistes…

Sur un autre plan, le plan Européen, après un Brexit qui n’en finit pas de finir, ce sont les 27 États européens restant qui n’arrivent même pas à ce mettre d’accord sur un budget pour l’Union Européenne … (no comment comme on dit dans les couloirs de Bruxelles et de Strasbourg… depuis qu’on n’y parle plus que très peu le français).

Et pour reprendre l’image du baobab et de ses arbrisseaux, disons que sous « le baobab » constitué de ses pères fondateurs, de Robert Schuman, Jean Monet, Alcide de Gasperi, Paul-Henri Spaak à Jacques Delors,

les arbrisseaux ont bien de la peine à survivre… et avec eux « un rêve européen » qui, en se brisant, risque de nous ramener aux pires moments de la première moitié du 20ème siècle (le film « 1917 » nous en rappelle un des visages finalement encore trop méconnu dans sa cruauté).

Au niveau de la planète, sous le baobab d’une mondialisation créatrice de richesses éphémères et injustement réparties au prix de la survie même de notre espèce, les arbrisseaux que nous sommes et que sont devenus nos États périclitent à vue d’œil.

Le coronavirus continue à s’étendre en affolant même ceux qui, il y a quelques semaines, n’y croyaient paset de se rappeler en cet instant que c’est en Chine en 1347 que commença une épidémie de peste noire qui, avec 25 millions de morts, tua un tiers de la population européenne de l’époque,

sans oublier « les violences épidémiques » dans nos villes trop bien décrites par le film « les misérables » et que les discours de M. Macron ne suffiront pas à maîtriser si les moyens budgétaires et surtout les volontés ne sont pas insufflés à tous les niveaux de l’État.

Je ne cesse de le rappeler « respectueusement » à Monsieur le Préfet à propos des bidonvilles de Roms et des dégradations commises par certains « gens du voyage ».

Non seulement le droit à la sécurité très justement revendiqué par nos concitoyens et d’abord par les moins riches d’entre eux n’est pas reconnu par l’État et ses représentants, mais les désordres non régulés de celles et ceux qui méprisent nos lois créent chez ces mêmes concitoyens dans nos villes des colères légitimes et croissantes.

Alors oui, je le sais aussi, ces colères se retournent souvent contre les maires qui pourtant n’y peuvent presque rien, ce qui peut faire espérer « au parti au pouvoir » qui n’en a que très peu, de gagner quelques villes, … mais « c’est jouer avec le feu »… et comme disait Francis Blanche « à force de prendre des vessies pour des lanternes, on se brûle…. ».

Après « la stratégie du coucou » chère à LREM déjà décrite dans mes carnets précédents, il leur faut appuyer là où ça fait mal… et les candidat(e)s LREM allié(e)s à des LR et ex LR ne s’en privent pas.

Regardez les par exemple à Paris où les LR et les LREM déclarent vouloir faciliter la vie des piétons et des cyclistes sans toucher à aucune place de stationnement ni à aucune voirie et ce, pour en faire le procès à Anne Hidalgo.

A Villeneuve d’Ascq, je le rappelle très clairement, tout en dénonçant les désengagements de l’État en la matière, nous avons développé notre Police Municipale que nous avons armée, nos agents de sécurité voirie, et mis en place de la vidéo protection. Si nous sommes réélus, nous continuerons tout en investissant « dans l’humain » avec nos politiques de prévention et d’éducation en étroit partenariat avec tous les secteurs de la vie associative.

Il en est de même sur l’Urgence climatique où nos contributions passent par le développement de tous les modes doux de déplacement et bien sûr par tous les aspects et politiques d’une ville verte, nature et nourricière… par un meilleur usage de nos 1000 hectares d’espaces verts, de nature, agricoles, maraîchers et jardiniers, bois, forêts et lacs.

De l’écologie au quotidien des années 80 du 20ème siècle à la ville nourricière du début du 21ème, en passant par la ville verte, nature et nourricière, je n’ai pas attendu heureusement le parti politique des Verts pour agir en ces domaines dont les résultats ne peuvent pas honnêtement être niés ni leurs auteurs ignorés.

Nous ne cessons de le répéter durant et avec toutes nos actions de campagne, les 5 réunions publiques de secteurs déjà organisées, les 3 qui nous restent et avec lesquelles nous atteindrons les 1000 participants, (tout comme un comité de soutien qui dépassera ce chiffre), et avant un meeting de clôture à Concorde, un Espace que nous espérons remplir le 12 mars prochain.

C’est cela une campagne citoyenne et c’est cela notre fierté, c’est cela ma fierté, d’avoir su, une fois encore, réunir une belle équipe pour l’animer et la réaliser… sachant que le 15 mars ce sont les Villeneuvoises et les Villeneuvois qui choisiront celles et ceux qui les représenteront durant 6 ans ainsi que le ou la maire avec qui elles et ils géreront notre ville.

En même temps, ne l’oublions pas non plus, c’est aussi le sort de Villeneuve d’Ascq dans la MEL qui se décidera par le choix entre une femme ou un homme d’appareil politique pour les y représenter (avec le peu de poids que cela suppose) et l’élu que je suis avec mon expérience assortie d’un sens incontestable du consensus par le rassemblement.

Là, sans doute, l’image du baobab me convient bien… car c’est un fait qu’aujourd’hui toutes les décisions communales, que cela « plaise ou non », passent par la MEL, sont impactées par la MEL, ne peuvent se mettre correctement en œuvre sans la MEL.

Oui David, tu as bien dit « baobab » ? finalement, à certains égards, pourquoi pas… même si je continue à me sentir mieux dans l’écorce d’un chêne… sans petits herbivores broutant mon feuillage au milieu d’une savane aride,

préférant, et de loin, les forêts où, abattus, les chênes contribuent à faire de l’humus, source de vie nouvelle….