Carnet n° 606 du 11 mai 2020

« Comme un tourbillon… »

Si ce titre de mon 606ème carnet de ce lundi 11 mai 2020 fait écho dans le cœur de certain(e)s à une chanson des années 80, « Nuit de folie » par « Début de soirée », c’est « pur hasard » vu l’atmosphère enchanteresse pour celles et ceux qui ont alors connue ces années par comparaison à celle, lourde et douloureuse d’aujourd’hui, une atmosphère en ce mois de mai 2020 qui répond sans doute mieux à cette citation de Joseph Joubert :

« Ce monde me paraît comme un tourbillon habité par un peuple qui a la tête qui tourne ».

Mais avant de revenir sur ce tourbillon de la crise sanitaire épidémique du COVID-19, sa gestion par nos dirigeants et sur ses conséquences à tous les niveaux, à court, moyen et long termes,

je voudrais évoquer, en ce jour de 11 mai 2020, un autre « tourbillon » assez rare dans notre histoire, un « tourbillon » de dates et d’anniversaires.

Si en effet l’année 2020 s’était ouverte à Villeneuve d’Ascq avec le Cinquantenaire de sa création, le 29 février 1970, par la fusion de 3 communes, et si l’année devait voir se succéder de multiples manifestations « labélisées à ce titre »,

si cette année 2020, en février toujours, marquait pour moi une étape symbolique de ma vie privée et de ma vie publique,

peu nombreux(ses) étaient celles et ceux qui, en son début, imaginaient que le monde, l’Europe, la France, entreraient dans une période sans précédent mais déjà décrite dans de multiples films dits « post-apocalyptiques » que l’on retrouve sur les chaînes télé en « replay » et « commandes à la demande »…

Si donc, en ce lundi 11 mai, « on nous fait sortir sur la pointe des pieds » de près de 2 mois de confinement… sans certitude de non-retour, il est un autre tourbillon de dates et d’anniversaires qui s’alignent « tels des planètes » ces 8 mai, 9 mai, 10 mai et aujourd’hui 11 mai, un 11 mai qui ouvre une nouvelle période dont on ne connaît pas l’échéance.

Même si, comme l’a écrit Michèle GUÉRIN : « Il faut mieux voir les choses de loin car au cœur du tourbillon, on ne peut mesurer l’étendue de la tempête », (et c’est particulièrement vrai pour ce qui est de la crise épidémique), je veux, en ce matin, malgré tout, m’y essayer :

8 mai 2020, il y a 75 ans, le 8 mai 1945, l’Allemagne nazie capitulait mettant ainsi fin à la deuxième guerre mondiale en Europe.

9 mai 2020, il y a 70 ans, le 9 mai 1950, Robert Schuman prononçait une déclaration fondatrice de l’Union de l’Europe, avant que le 9 mai ne devienne en 1985, il y a 35 ans, « la Journée de l’Europe ».

10 mai 2020, il y a 80 ans, le 10 mai 1940, commençait l’invasion nazie des Pays-Bas, de la Belgique, du Luxembourg puis de la France qui mettait fin alors à ce qu’on avait appelé «la drôle de guerre » entre le 3 septembre 1939 et le 10 mai 1940.

11 mai 2020, Premier jour d’un début de déconfinement commencé le 17 mars et donc, en quelque sorte, pour reprendre les termes du Président Macron qui avait parlé de « guerre contre le coronavirus », premier jour d’un armistice qui ouvre une période chargée de doutes, de difficultés et d’incertitudes… dont je veux néanmoins espérer qu’elle débouchera sur « un Traité de Paix » (pour rester dans ce même langage guerrier… présidentiel)

Et là, en ce 11 mai 2020, on peut dire que depuis au moins 2 mois… on est entré dans un « tourbillon de folie »… depuis le moment où beaucoup se sont « gaussés » des confinements en Chine avant de regarder avec « condescendance » ce qui se passait en Italie, jusqu’au moment où plus de la moitié de la population mondiale s’est retrouvée confinée avec des millions de contaminés et des centaines de milliers de morts.

 « Tourbillon de folie » avec des masques d’abord déclarés depuis l’Élysée comme inutiles, (on sait maintenant pourquoi : parce qu’on n’en avait pas), avant de les déclarer indispensables, voire vitaux, avant sans doute d’être partout obligatoires, en en promettant « au plus haut niveau de nos autorités d’État » tout en laissant aux Maires la responsabilité devant les citoyen(ne)s de gérer la pénurie et l’impossibilité d’en acheter suffisamment pour répondre aux demandes des citoyens.

« Tourbillon de folie », et je suis modéré pour ce qui est de la réouverture des écoles à propos desquelles tout le poids pèse sur les Maires qui ne peuvent répondre correctement aux exigences multiples sanitaires, à celles des enseignants, celles des personnels communaux et celles des parents d’élèves…, pour accueillir des groupes de 10 enfants de parents « volontaires pour y renvoyer leurs enfants », des parents qui souvent n’ont pas d’autres solutions pour pouvoir reprendre leur activité professionnelle.

« Tourbillon de folie », à coup de cartes rouges et vertes, des interdits de se déplacer de plus de 100 kms (?) sauf si c’est à l’intérieur d’un même département (?).

« Tourbillon de folie » s’agissant des déclarations ministérielles, des débats à jets continus sur les plateaux de télés du même nom.

« Tourbillon de folie » dans les débats entre spécialistes et « professionnels » sur le présent et sur l’avenir, entre une fin possible de l’épidémie et le scénario catastrophe d’une deuxième vague en France avec plus de 200 000 morts…

« Tourbillon de folie » quand j’entends et je lis des nouveaux politiciens et politiciennes de droite comme de gauche qui ne pensent qu’à leur campagne électorale présente ou future avec « une mémoire courte » aux contours allant jusqu’à l’indécence…

« Tourbillon de folie », quand j’entends que des Maires pourraient être poursuivis pénalement par des victimes du coronavirus… parce que, tout simplement, rendus responsables de tout, dans leur commune, de ce que leur aura imposé l’État.

J’arrête là ma litanie, convaincu que je suis que, quoiqu’on dise et quoiqu’on fasse, « on ne fera pas boire un âne qui n’a pas soif » et « on ne fera jamais d’un âne un cheval de course » pour reprendre deux vieilles expressions populaires…

Alors oui, on le sait pour l’avoir entendu de la bouche des « Princes qui nous gouvernent » : « Maires, on vous aime », sans doute à la manière du grand méchant loup avec le Petit chaperon Rouge » de Charles Perrault en 1697,

et même si ce n’est pas cela qui m’a, à ce jour, empêché de « jeter l’éponge », seule compte encore mon envie d’aider mes concitoyens,

alors à partir de ce lundi 11 mai… « on va se déconfiner »… en espérant nous en sortir…, tout simplement, chacun à sa place dans l’exercice de ses responsabilités.

Puissent certain(ne)s ne pas l’oublier !… même si pour certaines et certains…. J’en doute.

Et pour en terminer de ce 606ème carnet en référence avec mon âge que certain(ne)s me reprochent plus ou moins « proprement », je citerai Patrick Modiano né lui-même en 1945 :

« D’être né en 1945, après que les villes furent détruites et que des populations entières eurent disparu m’a sans doute rendu plus sensible aux thèmes de la mémoire et de l’oubli » (et j’ajouterai)…

tout en me donnant la force de caractère et l’expérience nécessaires pour faire face, au mieux aux périls de la vie.